Avrelle à la Porte de Baldur 13 : Le Prix du Danger

Intro : j’ai fait une looongue pause dans ce Let’s Play, m’en fait, j’ai fait une longue pause dans Internet tout court Avrelle n’est pas morte, elle était juste dans une école d’été pour les enfants spéciaux, voilà.

Les épisodes précédents sont à retrouver ici.

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D’habitude, le Bois-Manteau est un passage qui m’en fait voir des vertes et des pas mures. C’est loin de tout, ardu, et ça se termine par une mine plus petite que celle de Nashkel, mais beaucoup plus intense. Mais ça, c’était avant que les Avrell rangers débarquent avec leurs rayons laser.

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Bien sur, il y a quelques trucs chelous qui traînent en plus grâce aux mods, comme cet Archi-druide et ses ours savants. Il est fort, mais c’est une bonne occasion de tester mon charme-animal que je sous-exploite un peu. Tel un Vitalis de gran-guignol mangé par ses singes, le druide se fait ouvrir la tronche par un ourson à la recherche de miel de cerveau. Rien à foutre de ta terre sacrée des ancêtres.

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Une fois arrivée au camp retranché des bandits, dont on se demande vraiment beaucoup comment les gens de Baldur arrivent pas à le trouver (on va dire que c’est parce que Sarevok enterre l’enquête…), y’a un de mes combats préférés de toute les Baldur : plein de gros malades qui te sautent dessus à l’entrée avec des objets magiques, des sorts puissants et des tas de red shirts en renfort.

Mais leur puissance n’ayant été augmentée par aucun mod, je rentre là-dedans comme une bombe humaine dans une maternelle. Je suis légèrement importuné par les "Black Talon Elite" dont je vous avais déjà parlé, mais c’est je gère quand même.

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Kagain finit par se foutre de ma gueule. Je sais que c’est un dialogue scripté de BJNPC project, mais le fait qu’il balance ça alors que je suis en train de tout défoncer à coup de nuages mortels et de boules de feu et que mon personnage soit lourdement handicapé mental ne manque pas de piquant.

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L’heure d’aller noyer cette foutue mine, donc. Comme beaucoup de donjons de BG1, celui-ci est à peu près similaire au jeu vanilla. Il y a un nombre anormalement élevé de gardes, et, j’avoue que je me perds toujours un peu dans les couloirs, alors ça me semble anormalement long. Et macabre ; beaucoup d’ennemis = beaucoup de cadavres. Mes personnages crient intérieurement, en repensant aux fantômes de Xvarts qui les hantent chaque nuit en braillant "à l’attaaaaaaëëqqqque".

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Vers la fin, il y a quelques bagarres un peu plus stylées : des horreurs guerrières qui attaquent dans des salles remplies de pièges mortels. Brièvemet, je dois reculer et attaquer ces saletés dans des couloirs étroits pour ne pas avoir à tout gérer en même temps. J’ai appris ça dans Kenshin le Vagabond.

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Même si ma progression se ralentit un peu, je finis par parvenir au big boss local, Davaëorn. Avec un nom pareil, c’est pas étonnant qu’il soit devenu méchant. Je me suis toujours demandé si les gens étaient baptisés Tralaggorf par leurs parents et que ça les rendait méchant, ou si c’était une fois devenu méchants qu’ils changeaient leur "Adalbert" en "Morzug’h" sur leur carte d’identité. Bref : premier combat avec un peu de challenge depuis des lustres : Davaëorn en lui même est assez bidon, mais il est entouré de six Black Talon Elite et d’elfes noirs un peu boostés. Ça court dans tous les sens, et ça passe de justesse. Je dois utiliser des techniques oubliées, comme boire des potions ou lancer des sorts de soutien. En tout cas, c’est extrêmement payant, à 6000xp le garde tué, je pense que chaque perso a du ressortir de la mine avec un niveau en plus sur sa fiche de perso.

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A la sortie : surprise. Je ne m’étais pas spécialement soigné, pensant que je pourrais rentrer à l’auberge les doigts dans le zen. Et voilà une bande de marlous qui me tombe sur le coin du rable. Not cool. Le combat est violent, avec des archers embusqués et des personnages à la vitesse améliorée. Comme je n’ai pas soigné mes gugusses, j’en chie, et, là, il n’y a pas grand-chose à faire pour se planquer. Enfin, vous connaissez le topo, je suis quand même une guerrière très puissante. Je peux survivre même dans Hunger Games Battle Royale Running Man Le Prix du Danger.

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Très puissante, mais très conne. Alors à chaque fois, je pique un sacré fou-rire quand j’imagine Avrelle prononcer toutes ses phrases avec une voix de débile profonde. En plus ça peut servir au combat d’avoir une voix de triso, j’ai lu ça dans une BD de Joe Daly, vous aurez remarqué qu’aujourd’hui, c’est un véritable florilège de littérature.

 

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DUH

Bon, après ces fâcheux événements, il est temps de rentrer au Brasamical pour se laver un peu, je pue le sang d’elfe noir. La sieste la plus proche étant le Bras Amical, je m’y rends en sifflotant… Pour être pris à froid à l’entrée par une furie qui m’attaque sans trop me demander mon avis en m’accusant de je ne sais quoi. C’est pas très sympa, mais c’est un peu kamikaze de sa part.

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La, j’aurais vraiment eu besoin de dormir, quand même. Une guerrière à besoin d’un bain et d’un canard en plastique, de temps en temps. Je peux quand même pas passer ma vie à OH PUTAIN cinq mètres plus loin y’a une meuf qui m’aborde encore. Quel succès, c’est comme si j’étais vraiment la version craignos de Shane dans The L Word. Celle-ci ne veut pas me tuer, d’ailleurs, et c’est tant mieux : elle préfère me demander de l’accompagner parce que sa soeur a disparu et tu comprends vous êtes les premiers aventuriers qui passent et bla et bla et bla.

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Mais, soyons sérieux, est-ce que j’ai vraiment le goût de dire non à une demande d’assistance si aimablement formulée ? Dans la vraie vie, probable que oui. Mais ne sais-tu pas où nous sommes ? Nous sommes dans un RPG, chienne ! C’est pas comme si ça allait lancer une meta-quête de mod de vingt-cinq heures qui… Oh shi-

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Ne manquez pas : Avrelle Dragon-Lich Killer, quatorzième épisode d’Avrelle à la Porte de Baldur.

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Dictatpopship : Pour chanter la dictature à la plage.

Alors ce qui est bien quand t’es un dictateur, c’est que y’a des gens qui vont être payés (ou pas, si tu te sens de les menacer), pour écrire des chansons à ta gloire. Si t’es un Gars Bon, par exemple, il se trouvera bien un chanteur de Biguine en panne de succès pour te lâcher un p’tit 45t très premier degré.

Le risque, c’est que t’aies des mecs du fin fond de la Belgique qui, en réponse, te lâchent une petite perlouze pour te rappeler, avec tes propres mots, que t’es une belle enflure.

Heureusement qu’en plus de tes mercenaires antillais, tu peux te payer des super spot TV qui martèlent toute la journée que, sans toi, le pays sombrerait dans le chaos, le communisme ou je ne sais quel autre truc qui fait peur comme Anonymousse sous Stéroïdes

Hésite pas à envoyer l’artillerie lourde. Pense à High School Musical et Glee : plus c’est improbable, plus ça passe.

Si t’arrives à t’élever dans la hiérarchie des dictateurs et des autocrates de tout poil, y’a même des chances que des gens CONNUS chantent des trucs pour ou contre toi (même si c’est contre, tu prends, y’a pas de mauvaise com, tant qu’on cause de ta bobine)

Mais faut bien admettre que plus t’es craignos, plus t’as de chances que les histrions qui chantent tes louanges soient de parfaits inconnus. Ça peut un peu puer la défaite.

Et si en plus tu es le dictateur d’un pays dont absolument personne a rien à foutre, ça peut même virer au marron-caca sur fond d’insulte bontempi.

Avoue que t’es jaloux de ceux qui peuvent se payer des babes, et tout.

Haha, je le savais. Tu serais presque tenté de former un régime démocratique pour redorer ton blason ? Mais crois-moi, mon gars, tu serais obligé de libéraliser la culture, et tout, et si tu te mettais à roupiller au travail, t’aurais tous les saltimbanques sur le dos.

Le mieux c’est encore d’oublier tout ça et de confier les rennes du pouvoir à un Vrai Bonhomme.

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Admirab’Lectures #7

Hey c’est l’été, y’a plus rien à la télé, c’est l’heure de passer à l’assaut de la pile des bouquins entassés en attendant des jours plus cléments. Voici quelques avis épars, pas trop, parce que sinon c’est indigeste et bla bla bla.

Le Dernier Bastion – 1 : Rempart, de Adam Baker, chez Eclipse-aka-Panini-lol

Eclipse, une boîte morte dans de tragique circonstance, revenue d’entre les morts sous la houlette hasardeuse de Panini Books et sa collection de zombies moches que t’as même pas envie de l’ouvrir tellement c’est moche mais en fait si ça se trouve, c’est vachement bien.
J’ai entendu parler de Rempart un peu par hasard, et certainement pas grâce à son éditeur : le site est en bordel, le livre y est à peine référencé, et j’ai vu assez peu de promo autour. Par bonheur, je traîne sur quelques sites de zomblards et sur quelques blogs qui m’ont vendu le pitch : une prêtresse obèse et suicidaire, une plateforme pétrolière congelée, des zombies infectés surhumains monstres trucs chelous qui te mordent et après tu deviens eux.

Bon gros pavé à dévorer comme du popcorn, premier volet d’une trilogie, Rempart nous plonge dans l’environnement gris, froid et stérile d’un groupe de survivants coincés sur une usine offshore dans l’Antarctique pendant la fin du monde, avec pour personnage centrale une femme pasteur athée boulimique et névrosée. Au programme : froid, dépression, famine, marins russes fou, hallucinations, et nuit éternelle. Autant dire que c’est probablement dans mon top ten des livres les plus déprimants jamais lus. Néanmoins, on tient là un sacré bon page turner. C’est fluide, haletant, et quasiment jamais cheesy. Il y a quelques personnages complètement clichés (ne vous fiez jamais à un gros bras au crâne rasé : il est aussi méchant qu’il en a l’air). Hélas, la fin se vautre un peu dans un n’importe quoi qu’il serait criminel de dévoiler, mais qui ne brille pas par sa sobriété. Ceci dit, ça finit par retomber sur ses pattes.
En espérant que le parcours de publication chaotique de la maison n’ait pas raison de la traduction du tome 2.

Clipart-san : "A lile d'ulgence"

Clipart-san : "A lile d’ulgence"

Les jours de l’arc-en-ciel, Atonio Skarmeta, Points

Vous avez peut-être vu le film "No" (moi pas), tiré d’une pièce de théâtre de Skarmeta ici réadaptée en roman (il ne manque plus que le jeu vidéo et l’eau-forte…). En gros, comment une campagne publicitaire a réussi à renverser une dictature surpuissante. C’est un peu romancé, mais le livre s’inspire d’une véritable campagne de l’opposition chilienne à la toute fin du régime Pinochet, quand celui-ci fut obligé de leur laisser un tout petit espace d’expression. Ce fut un triomphe, entres autres parce que face à la modernité des méthodes marketing utilisées, Pinochet opposa une communication conformiste et ringarde qui ne mobilisèrent pas l’immense marée des attentistes et des abstentionnistes de tout poil.

Sinon, c’est très bien écrit. Skameta a l’air d’être un genre d’écrivain national super connu, mais j’ai pas creusé plus loin parce que je suis con. Bon ben vous auriez bien tort de vous en priver si vous le croisez.

Miss Clipart : "oui !"

Miss Clipart : "oui !"

 

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Haiktualité #10

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Alas, Poor Sykes-Picot

Gaza, Israël,

Un bon vieux Bol de Caca

Pour Vous, Président

Ça a l’air nul #8 : Les 8 bouteilles de vin les moins chères du Supermarché

(article écrit dans les conditions du direct, je ne garantis pas une qualité ascendante. Consommez avec modération et ne faites pas la drogue, les jeunes)

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Ça a l’air nul.

C’est quoi ?

Je n’ai rien contre le vin. Mais, en gros, j’en bois jamais, et je n’y connais mie. Si je devais avoir un avis définitif, c’est que le vin, c’est bon, mais ça ne devrait pas faire l’objet d’un tel culte snobinard, c’est jamais que du raisin pourri. La société qui se greffe autour du vin m’est donc assez étrangère. J’ai lu les Gouttes de Dieu, mais c’était quasiment de la SF pour moi.

Il y a peu, je me suis retrouvé à la Fête du Vin de Bordeaux, sorte de grand-messe bien agréable où la bourgeoisie locale et les touristes viennent se battre pour goûter à des grands crus avec des petits tickets de couleur. C’était d’autant plus chouette que j’y étais avec des connaisseurs. Lesdits vino-esthètes ont éclaté de rire en constatant que je ne sais quel producteur de piquette avait obtenu, en payant très cher, un stand "millésime". Et il s’est avéré que le vin en question était en effet très mauvais "et vendu 3€ en grande surface", me dirent les spécialistes.

Une ampoule s’est donc allumée. Au lieu de dépenser beaucoup d’argent pour tester une bonne bouteille, pourquoi ne pas dépenser très peu d’argent pour en tester plein de mauvaises ? Ni une ni deux, je me suis rendu au marchand de bouffe le plus proche avec un billet de 15€ en main, et, suivant les traces d’April Ludgate, j’entre, accompagné du fromage le moins cher et du saucisson le moins cher et de pain au froment marque repère, dans le vaste dommaine de la piquette dégueulasse. Avec un vieux gobelet des Solidays, et 8 bouteilles dont le prix était compris entre 1,17 et 2,35.

De quoi ça parle ?

Disons juste un mot des conditions de test : pour éviter de vomir sur mon clavier au bout de trois verres et de finir en m’enregistrant en train de rapper en slip debout sur mon canapé, j’ai laissé passer dix minutes à une demi-heure entre chaque vin, et accompagné ça d’un peu de mauvaise saucisse au mauvais fromage, pour éponger. A un moment donné, j’ai fait un vrai repas, aussi.
Je vous laisse aussi la bande son, à titre d’indication. L’expérience a commencé vers 18h00 et s’est achevée vers Minuit.

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Bouteille #1 : Fraçois d’Aubigné, Vin Rouge, en Ecoutant le Diablo Swing Orchestra.

Etiquette portant la mention "Vin de la Communauté Européenne". A l’arrière, il est noté que ce vin fruité accompagne bien les repas de tous les jours. Je suis immédiatement assailli par une violente odeur de jus de raisin concentré. Le vin a globalement un goût assez doux de flotte au sirop de grenadine. Pas franchement mauvais, ça oscille entre l’âcre et le doucereux. A l’air beaucoup plus alcoolisé que ce que n’indique la bouteille, mais c’est sans doute parce que ça me prend à froid. J’en reboirais peut-être dans le week-end si jamais j’ai envie d’être pendant qurelques heures la version Loir-et-Cherienne de Charles Bukowski. Je suis incapable de discerner un vin a 250€ d’un vin à 10€, mais je crois qu’en dessous de 1€50, j’arrive à repérer.
Sinon, tout indique que ce vin est un gros mélange de plein de fond de cuve vendus par un type à Blanquefort qui a choisi de miser sur la quantité plutôt que sur la qualité, mais comment lui en vouloir ? Après tout, c’est ce qui lui vaut sa présence ici.

Entre la Bouteille 1 et la suivante, j’ai décidé de commencer le chapitre 2 de Kentucky Route Zero.

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Bouteille #2 : Côte du Roussillon, Rosé, en Ecoutant Jonathan Coulton

Bouteille signée "Bernard Cordelier", comme 3 des huit bouteilles de ce soir. J’ai vraiment fait en fonction du prix. Aucune indication particulière derrière, mais tout est écrit dans au moins 7 ou 8 langues. Probablement qu’on peut trouver ce vin dans un tas de pays. Une fois, j’ai trouvé du vin de table de Moselle (57 powa) au fin fond du Danemark. Mondialisation, tout ça. Là, c’est probablement un assemblage bien dégueu de fond d’évier.
L’odeur est très vinaigrée, et n’augure rien de bon. Ça pique la langue, ça brûle un peu la gorge, et ça n’a globalement aucun goût. On dirait du mauvais vinaigre balsamique. C’est marrant, on dirait que le vin s’inflitre sournoisement dans le palais pour y laisser une mauvaise impression, et n’a subitement plus aucun goût une fois dans le gosier. En tout cas, c’est certainement un des plus mauvais vin que j’ai jamais bu, y compris les trucs dégueux des bouilleurs de cru du coin.
Et c’est très pesant dans l’estomac.

Entre la bouteille 2 et la suivante, je décide d’aller lire un manga etchi. Qui me fait rire bien plus qu’il ne devrait.

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Bouteille #3 : Carte Noire de Cahors, Rouge, en écoutant Grandmaster Flash

L’étiquette signale "appelation Cahors contrôlée". Je ne suis même pas certain de savoir où est Cahors. Je situe ça vaguement dans le Sud-Ouest, voilà. Il y a une image de château crayonnée dessus, j’imagine que c’est pour faire chic. Derrière, on me ressort le truc du vin fruité et long en bouche, that’s what she said. On me signale aussi que ça accompagne bien les viandes grillées, mais c’est ballot, j’ai pas de viandes à faire griller, ça va donc devoir accompagner une salade catalane au thon. Le tout a été mis en bouteille dans un endroit nommé "Olt", ce qui est quand même un nom ridicule pour nommer un endroit.
A l’ouverture, c’est le premier des trois qui sent vraiment le vin. Le liquide est très noir, et a l’air un peu moins fake que les deux d’avant. Au goût, par contre, c’est plutôt dégueu. Ca pique, c’est aigre. Effectivement, ça reste longtemps en bouche, mais je sais pas si je foutrais ça à côté d’un T-Bone steak.
Mais au moins, il sent bon. Beurk, ça pique, c’est vraiment à chier. Mais ça n’a eu aucun impact, ni négatif ni positif, sur ma salade.
Je préfère le café, mais je suis pas sûr que ça soit la même boîte qui fasse le vrai Carte Noir.
Excusez moi si mon élocution faiblit un peu, ça fait déjà deux bonnes heures que je suis en train de faire ça. Mon vocabulaire et ma capacité d’analyse pourraient légèrement faiblir.

Entre la bouteille 3 et la suivante, je décide de regarder Arte Journal. Qui me fait rire bien plus qu’il ne devrait. Ensuite, je regarde des tumblr rigolos parce que j’arrive plus trop à jouer à Kentucky Route Zero : trop de mots. A un moment, je commence à regarder le premier épisode de Star Driver. Je comprends rien mais je trouve ça chouette.

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Je vous présente ma PAL, by the way.

Bouteille #4 : François d’Aubigné "Spécial Fruits de Mer", Blanc, en écoutant Thin Lizzy

Encore un "Vin de la Communauté Européenne" de l’ami d’Aubinié, mais cette fois-ci, pas question de donner de description particulière, si ce n’est l’indication "BLANCO SECO" en caps lock derrière. Mais quelque part, je trouve ça cool que le nom du vin indique son usage. C’est comme les baskets qui servent à faire du basket, bah là, pouf, tu fous le vin à côté de crustacés et la magie chimique opère dans ton palais. Sauf que là, je pense qu’on est plus chez Gérard Majax que chez Monsieur Merlin, et de toutes façons, j’ai pas de crustacés à manger.
Alors ça sera des Oreos chocolat blanc.
Après avoir eu du mal à ouvrir le bouchon, en plastique (parce que le liège devait faire trop snob), je me verse un peu de truc translucide évoquant de loin, en texture et en odeur, le pipi très clair produit par une sur-hydratation.
Au goût, c’est moins pire que prévu. On dirait un médicament pas très bon, mais c’est buvable. En fait, c’est très insipide. Comme les autres, il a un peu une tendance à piquer, mais là, je crois que je suis surtout en train de boire un verre de quasi-flotte.
Reste une odeur de pisse moite au fond de mon gobelet fétiche.

Entre la bouteille 4 et la suivante, je décide de lancer un jeu Steam au hasard, après avoir essayé de lire un peu, et m’être rendu compte que j’arrivais plus trop à me concentrer. Je regarderai bien la télé, mais y’a que de la merde. Finalement, je lis des articles sur des zizis archéologiques.

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Bouteille #5 : Cotes de Bourg, Rouge, en écoutant des playlist "pop culture" un peu nulles sur Spotify. Je finis par en trouver une "retro gaming" pas trop mal. Plus tard, je bifurque inexplicablement sur l’étonnant album "cloclo made in Japan".

Bernard Cordelier et son shaker de l’enfer, le retour. Vraisemblablement, il s’agit de mauvais Bordeaux. C’est produit à Beychac, si vous voulez allez vous moquer des responsables (ça serait méchant). Paradoxalement, je sens que mon indulgence et mon empathie grandissent avec la soirée, alors je décide de laisser une deuxième chance, sans a priori, à monsieur Cordelier.
Le vin, de manière très suspecte, ne dégage aucune forme d’odeur, à part celle de l’alcool. Même pas un semblant de raisin, rien. J’espère sincèrement que le mec ne s’est pas cntenté de foutre de l’éther dans une boutanche, parce que sinon, je quitterais cette terre sur un bien triste exploit.
En bouche, cependant, c’est bel et bien du vin. Très aigre, et bourré de saveurs contradictoires, comme des fruits oubliés au soleil ou de la cendre. En fait, c’est comme si on avait foutu plein d’ingrédients dans le même verre et attendu que ça devienne de la gnôle. Je ne suis pas spécialiste de la chose, mais il est probable que je ne sois pas trop loin de la vérité.
C’est assez difficile à boire (mais loin de la pas le pire de la soirée), et il faut bien admettre qu’après 4H à picoler, mon organisme commence à m’envoyer des signaux d’alerte. Mais je décide de ne pas en tenir vraiment compte, yolo, tout ça.

Entre la bouteille 5 et la suivante, je décide de suivre des tutos pour améliorer les performances de mon ordinateur. Même si je suis parfaitement capable d’écrire ça, je rigole très fort en les lisant alors que je me rends bien compre que c’est tout sauf drôle. On va pas chipoter, j’ai le vin gai. Huhuhu gai lol.

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Si c’est pas la preuve que c’est fait dans les conditions du direct, ça !

Bouteille #6 : Ventoux "Les Dentelles", Rouge, en écoutant la BO de K-On (FUWAFUWA TIME !), puis Didier Super (cf plus bas).

Ah enfin un vin à l’étiquette prétentieuse "à la française". Mon prof de géo à l’agreg, spécialiste de la question, disait que les étiquettes trop longues étaient assez dures à exporter, parce que les chinois s’en foutent de nos terroirs à la con et de nos appelations machinchouettes contrôlées. Après un bon litre de mélange, j’avoue que je m’en cogne aussi un peu.
Nous avons donc là un vin mis en bouteille par l’Union des Vignerons des Cotes du Rhône à Tulette – Drôme Provençale – France, Ventoux – Appelation Ventoux Contrôlée, blablabla, suivi d’un petit texte prétentieux pour signaler que les Dentelles (à 2€10 ou quelque chose comme ça) sont un vin ensoleillé et plein de fruit qui fait l’enchantement des amoureux de cette belle région de Vaison-la-Romaine (sic). Putain arrête de t’la péter. T’es du vin qui vaut moins cher qu’un capuccino au café de la gare. Après les autochtones s’étonnent que personne aime le sud-est.
On débouche, et encore un vin qui ne sent pas grand chose, à part peut-être un peu le beurre. Oh, j’imagine que les oenologues doivent avoir tout un vocabulaire subtil pour décrire cette sensation, mais moi, là, je sens du beurre. Et au goût, c’est un peu pareil.
Bon, j’aime bien le beurre. Mais pas au point d’en boire. Ce vin est épais et forme un genre de pellicule sur la langue, c’est comme si ça devenait un mauvais bonbon anglais à la jelly. De plus, il reste un arrière goût désagréable dans la bouche.
Soyons tout de même honnête : j’ai bu bien pire ce soir.

Entre la bouteille 6 et la suivante, je décide d’aller glander sur 4 chan.

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Bouteille #7 : Bordeaux, Blanc sec, en écoutant mon dossier "PLAYLIST ULTIME", 4Go de musique de ouf tu peux même pas test.

Disons au revoir à Bernard Cordelier avec ce blanc à la bouteille passe-partout, le tout étant fabriqué dans la meme propriété que le vin #5. Je me doute bien qu’il n’y aura pas de miracle.
Surprise : le liquide a une odeur de vieille pêche oubliée sur le bord de la route. Sucré, mais un peu écoeurant. Une odeur de truc qui demande à être distillé pour être potable.
En bouche, eh ben… On dirait du pulco. C’est sucré, aqueux, et frais. Dégueu, hein, mais pas exactement comme je m’attendais. C’est bien le premier vin de la soirée qui ne pique pas la bouche. Bien sûr, en tant que novice ultime en vinification, je ne m’explique pas cet aspect trop fruité. Est-ce que quelqu’un a laissé traîner des pêches dans le fût de maturation ?
Existe-t-il un monde parallèle où au lieu de foutre du vin partout, on a mis des myrtilles ou chais pas quoi ? Saviez-vous qu’au maximum climatique (IXè siècle), quand le Groenland était vert et les prairies grasses, on faisait du bon vin en Ecosse ?
Je suis désolé, tout ça sort un peu de guingois, mais je fais ça plus ou moins en temps réel, et je rappelle que je ne bois quasiment jamais.
Alors bon. Déjà j’arrive encore à tenir mon clavier donc bon.

Entre la Bouteille 7 et la dernière, j’écoute le concert sur la place en bas de chez moi. Merci les animations d’été en centre-ville. Mon balcon donne juste derrière la scène alors le son est un peu étouffé, mais ça passe quand même. C’est du blues rock un peu psychédélique et whatever.

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Bouteille#8 : J’avais gardé la masterpiece pour la fin : un truc à base de pêche qui, techniquement, ne semble même pas avoir le droit de se donner le titre de vin. Il s’agit d’une bouteille de Pol Rémy à la Pêche "Cocktail à base de vin" emballé comme un mauvais mousseux. L’étiquette ne dit absolument rien d’autre. En écoutant tourner ma playlist.

Il me semble avoir vu u reportage là-dessus, une fois. Des marketteux qui foutaient du sirop dans du vin de table pour attirer les jeunes. Ca me semblait déjà être une assez mauvaise idée à l’époque, mais il est temps de confronter mes préjugés à la réalité.
Déjà, mauvauis départ : la colle utilisée pour le papier qui emballe le bouchon est trop forte, et il est extrêmement compliué de dégager le petit bidule qui permet de dessrer l’ensemble (insère du vocabulaire idoine ici). Ensuite, le bouchon explose littéralement sans prévenir, manquant de causer un incident domestique (et je me voyais mal expliquer ça à mon assurance), et rebondissant partout dans la pièce.
Je me verse avec prudence un peu de ce cocktail très mousseux, mais manifestement, ils ont eu la main lourde sur le gaz. Une odeur de vapeur de pêche se répend dans la cuisine.
Le vin est effroyablement sucré, au point qu’en n’en sente presque plus les bulles. Je crois qu’ils ont pris un blanc quelquonque et ont bourré du sucre dedans jusqu’à ce qu’on ne sente plus que ça, et ont rajouté l’arôme de pêche le plus bourrin qu’ils ont trouvé.
Le résultat est probablement correct si on cherche à se souler la gueule en devenant diabétique et qu’on est pas trop pressé (c’est de l’alcool à 6°…)
Le mélange me soulève assez vite le coeur, je ne finis pas mon verre de peur d’être malade.

Mais alors est-ce qu’il y a quelque chose à sauver ?

Déjà, j’ai passé une bonne soirée. J’ai live-facebooké ça et c’était rigolo. Ensuite, j’aurais appris beaucoup de choses. Par exemple, même si je le savais déjà plus ou moins empiriquement, je peux affirmer après cet échantillon représentatif scientifique qu’en dessous de 2€, le vin à une sacrée tendance à être plus proche du vinaigre que d’autre chose.

Ensuite, peutr-être qu’en étant vraiment, vraiment pas regardant, on peut se servir des bouteilles 1 et 6 comme vin de table, par exemple pour recevoir des gens qu’on aime pas ou pour faire une farce.

Sinon, non, pour le reste, c’était quand même assez dégueu, et ça m’a conduit à crier les chansons de K-on en slip à une heure du matin dans mon salon, ce qui ne devrait probablement pas être regardé comme un pinacle de dignité.

Ca me confirme aussi que ma carrière de Bukowski est morte-née : aucune envie d’écrire quoi que ce soit (à part cet article) dans cet état. Je ne suis pas cotre une soirée "on se bourre la gueule et on écrit des conneries" une fois par semestre, mais globalement, je crois que je vais retourner au bon vieux combo café/thé pour gravir un à un les échelons qui me mèneront dans quelques anées au Prix Nobel de Littérature.

 Alors, est-ce que c’est nul ?

BEN PUTAIN OUAIS MAIS VOUS VOUS ATTENDIEZ A QUOI C’EST DU VIN A 1€50 LE LITRE

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Des photos de mecs chelous avec des paroles de chansons traduites avec intensité.

Art contemporain. Fluxus. Ce que vous voulez.

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Sans titre

Si Vice veut m’engager, je prends environ 25k/an.
Vice ou la Corée du Nord comme poète officiel, je suis pas regardant.

 

 

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Le Falcam en Shorts #6 : 0 Brothers

Ce texte court a été écrit dans le cadre de la Confiture d’écriture des Soldes Steam de Merlanfrit.net

Car oui, c’est les soldes Steam, DUH.


0 Brothers

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Il se terrait dans l’angle mort de ma wishlist, aperçu un jour au sein d’un bundle caritatif : Two Brothers.
Quand Gaben demanda ses offrandes semestrielles, je cédai à ses sirènes pour le prix d’un café ou deux. Ma pièce dans l’écuelle d’Ackkstudios.
Des promesses, trop de promesses, par ailleurs kickstartées voici cinq ou six soldes calendaires. Substitution du rétro-classique nes-snes par une alléchante esthétique gameboy. Mystic Quest, mal nommé, mais les souvenirs sont là. Et puis une aventure non linéaire, un monde dans le monde.
La mort aurait fait partie du gameplay, disait-il, l’Au-delà étant un stage jouable, une possibilité de débattre avec les ennemis terrassés, et tout ça pour constituer une trame riche, sombre, mais poétique et fraternelle sur fond d’allusions obligatoires à la pop culture.
Un maître-étalon de l’audace dans le monde étriqué des Action-RPG Indé. Dans ta face, Anodyne. La réclame était belle, mais l’expérience apprend la prudence.

3

Sans doute aurait-il fallu que la présence d’une manette Xbox logiquement substituée à un Qwerty bien lourdaud ne me projette pas dans une map de test, immense, aux obstacles mous, à la transparence aléatoire et au chaos généralisé.
Y-étais-je déjà, dans cet Au-delà tant vanté ? Quelques minutes d’errance, pénible.
Injouable pour injouable, deuxième tentative, au clavier.
Mais malgré deux tours d’un tutoriel obscur, me voilà irrémédiablement bloqué par un premier obstacle : un petit caillou. Je suis en sécurité, oui, mais coincé pour toujours sur cet écran de démarrage, triste rappel de la condition du fonctionnaire, las sous le parapluie de la sécurité doublé au plomb du quotidien. C’est qu’on m’avait vendu, dans mon escapade hors des clous, des téléporteurs vers le paradis et des poissons géants.
La mort fait partie de la vie, mais ma partie ne me laissera pas profiter de la partie de la mort.
Il ne me reste plus qu’à rentrer dans mon propre sac à dos, étrange featurette à la Judo-Boy qui, soi-dit en passant, ne fonctionne pas passé le tuto.
Au revoir, Two Brothers, jeu d’aventure sans aventure.
Désinstallé, tu garderas ton mystère.

2.

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Haiktualité #9

Chaque semaine (enfin j’essaye), un Haïku sur l’actualité française. En anglais, tiens, pour une fois.

Une transition écologique si mignonne (mwoooo)

Our Itsy Bitsy

Weenie Yellow Polka Dot

Truckers Taxation

 

 

Des lecteurs de BD pris en otage aux intermittents du train : merci pour le Tao (non réflexion sur le Jihad en Irak)

Prenons un problème simple. L’Armée Magique d’Al Qaeda Islamique du Califat au Levant Ex Plus Alpha. C’est un problème, qui sommes toute, a l’air simple, et est présenté comme simple dans la plupart des médias "rapides" (hebdos, JT, bulletins radio, presse online…), et, du coup, dans le discours public.

C’est facile : il y a les gentils (Les civils et l’armée Irakienne), les méchants (Les islamistes, Nouri Al Maliki). Un tas de méchants qui vont de l’ouest vers l’est. C’est facile, c’est propre, on a plus qu’à se positionner sur la jauge de l’ingérence : oui, non merde, avec ou sans drone, avec ou sans les américains, avec ou sans patates, tout ça.

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Bon, bien sûr, le problème possède une dimension ethnico-religieuse.

2

Ah ouais et le truc, c’est que cette dimension ethnico religieuse est compliquée par des données géopolitiques complexes.

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Ah non mais là ou ça devient super drôle, c’est qu’en plus de ça, les gentils, en fait avant d’être les gentils, ils étaient quand même une sacré bande d’oppresseurs corrompus.

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C’est un joyeux bordel. Si on sort un peu le bec de la cuvette des toilettes, il n’est pas très difficile de se faire une vue à peu près claire de ce qui se passe en Irak. C’est effroyablement compliqué, m’enfin, on peut s’en sortir.

Bizarrement, ça semble plus flou sur la question des mouvements sociaux en France, question a priori moins inextricables. Je crois que de ma vie, je n’ai jamais vu des mouvements sociaux aussi mal relayés par les médias, et des avis aussi tranchés du café du commerce sur la question. C’est simple, tout le monde hurle et fait woot woot dans tous les sens, comme si ces différents problèmes étaient aussi simples à gérer qu’un conflit Rastapopoulos/Tintin.

Nous ne devrions pas, je pense, nous faire un avis à l’estomac, mais un avis qui prend en considération les différents aspects d’un problème (c’est exactement ce qu’on apprends à faire à la maternelle, normalement). Je sais que ce n’est pas possible, car pour une raison triste inhérente à la médiocrité qui nous tient lieu de non-culture nationale du débat, celui qui gagne est toujours celui qui chie le plus gros tas.

Qu’on soit en accord ou en accord avec ces luttes sociales, ce sont des problèmes dont les aspects sont multiples.

La Grève des Trains, c’est pas juste "Pour faire chier les gens salauds de cheminots preneurs d’otage" vs "le noble syndicaliste qui va se battre pour créer le paradis sur rails contre le méchant marché". En fait, c’est plus compliqué et au fond de vous, vous le savez très bien (et même si les représentants des deux camps vous semblent idiots, vous le savez très bien). A la base, il y a la préparation de la libéralisation du rail, qui nécessite fatalement d’avoir des structures aux reins solides. Une de solutions retenues et de faire fusionner les différentes entités liées aux trains (vous vous renseignerez vous même). Donc de fusionner des entités aux statuts différents dont les employés ont des statuts différents.
En fait, si vous ne comprenez pas la phrase suivante :  "Ce texte prévoit une organisation complexe avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF. Cet Epic de tête, dit encore Epic "mère", chapeautera deux Epic "filles": "SNCF Mobilités", soit l’actuelle SNCF, qui exploitera les trains et "SNCF Réseau", l’actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l’infrastructure avec SNCF Infra."* Alors vous ne devriez probablement pas avoir d’avis définitif sur la grève.
Ce qui est à peu près sûr, c’est que le train va être libéralisé. Vous avez le droit de trouver ça scandaleux, mais comme je disais, une médaille a toujours deux côtés. La libéralisation, elle émane d’un Parlement Européen élu par 30% des électeurs, et c’est pas les plus flower-power qui vont en masse aux urnes.
Ah ouais mais y’a qu’à se barrer de cette Europe de merde, me souffle-t-on. Oui, c’est sûr, et dévaluer la monnaie, et s’asseoir sur Erasmus, et sur le financement de ton autoroute, etc etc. Il n’y a que les enfants de trois ans qui devraient pouvoir penser que quelque chose d’aussi effroyablement complexe que l’UE n’a que des aspects négatifs. Quelqu’un qui essaye de vous faire gober ça est probablement ou fou, ou en train de vous prendre pour un con.
Une des raisons pour lesquelles j’aime bien les jeux de Paradox Interactive (mettons Crusader’s King II, tiens), c’est sur leur notion de conséquence des actes (les vrais jouent en Iron Man), et l’idée que la plupart des décisions sont, de toutes façons, porteuses de backlash plus ou moins violent.

D’ailleurs, c’est difficile de considérer que l’histoire de la Réforme des Retraites Complémentaires des Auteurs ne participe pas d’une même complexité. Pourtant, là aussi c’est facile : il y a encore une fois des gentils (qui font leurs petits mickeys dans leur coin en étant mal payés) et les méchants (ministres, éditeurs qui payent pas assez, vieux dessinateurs riches). Je suis moi-même auteur (mais je ne suis pas directement concerné, car ce n’est pas mon métier). L’amputation de 8% d’un coup des revenus d’un auteur, dans un contexte de précarité globale, est sans doute une violence terrible (quand la plupart des auteurs vivent sous le seuil de pauvreté).
Mais on interroge trop peu les conséquences de cette paupérisation. Le réflexe est de montrer les dents vis à vis de l’éditeur, ou des différents salauds qui prennent leur marge, ou des méchants lecteurs qui font que lire des scantrads, ou du méchant numérique.
Hm. Admettons. Mais on a trop peu pratiqué de la pratique du forfait dans le monde de la BD, qui est une des causes de la paupérisation/spéculation sur le travail des auteurs. On a trop peu parlé de la situation économique globale du marché, de la concentration éditoriale, des énormes disparités entre l’édition indépendante et l’édition de groupe, du fait que le nombre de parution a été multiplié par deux en vingt ans. Le lectorat n’a lui, pas été multiplié par deux. Pour la seule bande dessinée, on a un triplement de la production depuis quinze ans. Le reste, vous le connaissez : hausse de la TVA et des matières premières, paupérisation du client, manque de rentabilité de l’activité de libraire, et bla et bla.
Je vais jouer au mégatroll, mais il ne semble pas a priori fou de penser que dans un contexte aussi merdique, on veuille créer une sécurité pour la retraite des gens assez dingues pour avoir choisi pour activité principale : auteur.
On a beaucoup trop peu parlé, dans tous les récents débats sur les inégalités frappant les femmes, de la question de l’intersectionnalité (idée qui me plait énormément). Il me semble qu’un problème aussi complexe que la paupérisation des auteurs ne peut être pris que dans un ensemble plus vaste qui ne se résume pas au calcul de leur retraite mais à un ensemble dense de facteurs complexes.
L’auteur de Garulfo l’a très bien expliqué quand il a claqué la porte. Larcenet aussi, d’une certains façon, quand il arrête son blog à force de le voir déconsidéré par ses propres lecteurs. Ce billet, aussi, apporte un point de vue intéressant.

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir d’avis sur cette question. J’en ai un, d’ailleurs, et, en la matière, il penche plutôt très fort du côté des auteurs vivant de leur plume. Mais je crois qu’un avis doit toujours s’appuyer sur quelque chose de plus élaboré que des gens qui beuglent sur twitter ou sur des pétitions "SIGNEZ SINON TOUS LES AUTEURS VONT MOURIR (et ta mère avec)". Les mêmes qui ricanaient quand Sarkozy défendait Hadopi en disant que "sans Hadopi, il n’y aurait plus de cinéma".

Je vais volontairement être bref sur la question des intermittents, tiens. Fainéants de privilégiés ou Paladins de la culture ? On aura, en fait, jamais le débat sur la question, puisque personne ne veut l’avoir (et que la plupart des gens à qui j’en ai parlé n’ont, au fond, qu’une idée extrêmement floue de ce que recouvre ce régime d’indemnisation chômage**). J’entendais il y a peu Torreton s’exprimer sur la question. Quand on lui demandait si le vrai problème n’était pas non pas l’existence de son statut mais son détournement, on a quand même senti un moment de flottement. Quand à Handsome Jack qui a carrément balancé en direct, on a tout simplement fait comme s’il n’avait pas posé la question.
Si demain, le régime de l’intermittence tel qu’on le connaît disparaissait, ça serait un joyeux bordel, vu l’abus massif et ahurissant qui en est fait par les sociétés de production qui ont massivement transformé des emplois permanents en emplois temporaires semi-financés par le contribuable.
On commence à entendre parler d’une "remise à plat du régime". En terme politique, ça veut dire : "on va mettre ça dans un dossier, le dossier dans un tiroir, le tiroir dans une bétonnière, et le béton dans le 50è sous-sol d’un site non répertorié".
Pourtant, c’est probablement pas une idée idiote. J’imagine qu’on sait tous confusément qu’il faudrait repartir de 0 et essayer de comprendre comment on en est arrivé à un tel souk, dont l’intention initiale était assez différente (on était dans les années 40, et il fallait trouver un moyen de débaucher du personnel pour le cinéma sur des périodes de temps assez brèves).

Bon.
C’est de la méthodo à la con d’ex étudiant en info-com/partiel de notes de synthèses, mais on devrait toujours se poser trois question vis à vis de problèmes de cet ordre :

1) Quels sont les arguments des différents camps ?
2) D’où sortent les sources avancées (de mon cul et de MS Paint ne comptent pas), et, si possible, est-ce que les sources comprennent elles-mêmes de quoi elle parlent (en gros, est ce que ce micro-économiste n’est pas en train de me parler de macro-économie, enfin, vous voyez le trip) ?
3) Quel est mon propre biais (opinions personnelles, entourage, pression des pairs, fatigue, incompréhension, incompétence***) , et à quel point il déforme ma perception des faits ?

Il devrait être interdit d’énoncer des opinions sans être passé par les étapes 1, 2, 3 sous peine d’être abattu d’une balle dans la nuque. J’ai raison parce que vous êtes sur mon site et que les arguments d’autorité ont le mérite d’être littéralement irréfutables. En attendant, je vous offre ça :

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* Je ne la comprends pas.
** Et franchement je suis pas certain de tout bien saisir moi-même.
*** Qui n’est pas un gros mot. Je m’estime profondément incompétent sur la question de l’équilibre des régimes de retraite et le statut des agents de RFF, hein.

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Trente Trucs à Trente Ans #1 : Le Jeu Vidéo.

Salut les cop’s.

C’est officiel, je vais avoir trente ans sous peu. Je vais donc lancer une série d’articles destinés à faire le bilan de mes trente trucs préférés dans plein de domaines, si vous le voulez bien. C’est long à faire, alors je ne sais pas combien j’en ferai. Vu que ma plus vieille activité à part pipi/caca (et autres fonctions vitales) est le jeu vidéo, autant commencer par là. Pour être tout à fait précis, ça fait a peu près 27 ans que je joue, j’ai commencé deux ans avant de savoir écrire. Si ça peut rassurer les parents, ça ne m’a rendu ni fou, ni violent, ni épileptique, ni aveugle. Les Jeux-Vidéo furent un excellent coach de vie, sans doute plus pertinent que la Jupiler ou les Scouts d’Europe, si vous voulez mon avis. C’est donc parti (AVEC DES SPOILERS ) pour

TRENTE SCENES DE JEU VIDEO QUI MARQUANTE/TRAUMATISANTES (peut-être seulement pour moi) CES 30 DERNIÈRES ANNÉES

1) N’importe quelle scène Lee Everett/Clementine. (Walking Dead Saison 1, surtout dans "No Time Left")

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La dernière claque dans la gueule dont je me souvienne en jeu-vidéo, c’est la saison 1 de Morts-qui-se-meuvent. Et c’est un des seuls jeux qui m’ont vraiment, mais alors vraiment beaucoup fait pleurer. Les esprits chagrins disent que TWD n’est même pas un jeu mais un film interactif, mais ce sont juste de sombre brutes, je pisse sur leur tombe avec de l’acide.

2) WTF, il y a Sonic à la Plage dans Soleil ? (Soleil)

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Plus généralement, pas mal de scènes de ce petit zelda-like oublié de la Genesis, qui avait la particularité d’avoir un scénario bien, bien plus sombre que les standards de l’époque. Mais il y avait aussi Sonic qui faisait de la bronzette. Sérieusement, Soleil reste un excellent jeu vingt ans plus tard, avec une histoire pleine d’idées assez dingues et peu exploitées.

3) Bayonetta et Jeanne passant tranquillement le test de Bechdel (Bayonetta)

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Bayonetta n’est pas seulement un excellent jeu (je déteste les DMC-like, faut vraiment que ça soit bon pour que je m’accroche), c’est aussi un jeu très drôle, plein d’outrance et de dialogues improbables. Toutes les rencontres Jeanne/Bayonetta sont à la fois un délice de nonsense et une occasion rare dans un blockbuster de voir des personnages féminins faire autre chose que lancer des sorts de soin ou s’inquiéter du destin du héros.

4) Nyx (Persona 3)

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Après cent millions d’heures épique de donjon et de drague scolaire (quoi de meilleur dans la vie ?), Persona 3 s’achève par une rencontre absolument traumatisante, et un retournement de situation assez badass dans le conventionel habituel des RPG nippons. Nyx est un boss difficile, mais c’est aussi une ouverture sur une des fins les plus désespérée de l’Histoire du jeu vidéo. Brrr.

5) La Pologne de l’An 1000 à 1937 dans les jeux Paradox Interactive (CkII-EUII-V2-HoIIII)

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Ce qui est formidable avec les jeux Paradox Interactive, c’est que certaines parties sont exportables d’un jeu sur l’autre. En gros, vous pouvez tout à fait lancer une partie sur Crusader’s King II et la continuer sans trop de problèmes sous Europa Universalis, Victoria puis Hearts of Iron.
J’ai un jour fait une partie avec la Pologne. Une partie épique, monstrueuse, où ma petite Pologne, après avoir été absorbée par les Mongols et assisté à la non-naissance de la Russie, a fini par devenir la seule puissance d’Europe de l’Est, avec de nombreuses colonies en Indonésie et en Amérique. Le jeu, après des centaines d’heures de jeu, a crashé au passage de Victoria II à Hearts of Iron III, alors on aura jamais droit à l’ultime conflit entre l’immense Empire arabo-aztèque et les vaillants Polonais. M’enfin je suis incapable de jouer correctement à HoI III de toutes façons.

6) George Stobbart montrant un mouchoir dégueulasse à tous les habitant de Paris (Broken Sword 1 : Les Chevaliers de Baphomet)

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George Stobbart, Américain à Paris drôle et mordant, embarqué dans un complot mondial avec sa future-ex-future-on sait pas trop Nico Collard, le justicier le plus improbable, et celui qui m’a fait aimer les Point’n’Click. Charles Cecil a beau être très con et la franchise Broken Sword passer par pertes et profits, les deux premiers épisodes restent mémorables, avec leur humour complètement idiot qui consistait à montrer les objets les plus cons de l’inventaire à tous les personnages. Y compris un nez de clown, un mouchoir sale ou une barre pour ouvrir les égouts ("Vous savez ce que c’est ?" "Tout à fait monsieur, c’est une jauge !")

7) Alys Dies (Phantasy Star IV)

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Parce que je ne l’avais pas du out vu arriver. Phantasy Star IV n’est pas le premier jeu à tuer un de ses personnages principaux en route, mais c’est un des premiers à vraiment mettre une scénographie émouvante autour. Sombre, brutale, mais logique, la mort d’Alys est un de mes moments préférés ans les trop nombreux RPG que j’ai bouclés dans ma vie.

8) Fuck You, Dark Link. (Zelda II)

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J’avais quoi, cinq ou six ans ? Et malgré tout, et sans parler anglais (I AM ERROR : le jeu non plus), j’ai fini Zelda II. Sauf qu’après le boss de fin, il fallait encore massacrer Dark Link, et c’était putain de DUR. Je suis sûr que je m’en sortirai bien moins bien maintenant qu’à l’époque. Eh ouais les jeunes, pas de QTE à l’époque, pas de "je me cache pour regagner ma vie". Juste un putain de mimic violent qui te tape comme une brute.

9 La Pentalogie Blackwell (The Blackwell Legacy et ses suites)

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J’ai dit que Walking Dead était ma dernière claque dans la gueule… Eh ben c’est pas tout à fait vrai.

10) Garr est un tueur de Dragons depuis le début. (Breath of Fire 3)

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Une des meilleures idées de tous les scénars de jeu vidéo, bizarrement JAMAIS exploitée à part dans ce Breath of Fire III : le type qui rejoint votre équipe juste pour vous emmener à un endroit ou il pourra vous buter à l’abri des regards. Breath of Fire III est un jeu bizarre, un peu déséquilibré, mais qui avait pas mal d’idées dans le genre. La fin implique quand même trop de robots, mais c’est pas grave, j’aime bien le twist "c’était de la SF depuis le début" aussi.

11) Xeno"CD2"Gears (Xenogears "Episode V" huhuhu)

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Quand j’ai commencé à jouer à Xenogears, je me l’étais très peu fait spoiler. Je SAVAIS qu’il y avait eu un problème avec le CD2, mais je ne m’étais pas gâché le suspense. Et là, trauma : le CD2 est une sorte de diapositive non-interactive où on balance des révélations mystiques obscures à la pelle. Bon, le jeu reste pas mal, et tout, mais c’est bien que la longue thérapie mentale de Monolith commence à porter ses fruits. Vous avez tous vu le trailer de Xenoblade 2, hein.

12) DIABLO (Diablo II)

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Ah, Diablo, merci d’avoir absorbé cent milliards d’heures à l’arrivée de l’ADSL à la maison. Battle Net. Battle Net partout. J’ai tué Diablo dans tous les modes de difficulté, avec toutes les classes, plein de fois. Et curieusement, pas du tout joué à Diablo III. Si tu as entre 15 et 25 ans, camarade, profites-en, après, ton temps va disparaître sans te demander ton avis.

14) Le réveil de Laharl (Disgaea)

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En fait, si on fait le bilan des jeux NIS, y’en a pas tant que ça que j’aime bien. J’ai détesté Nomad Soul, je me suis fait chier sur Phantom Brave et suis resté indifférent devant Makai Kingdom. Mais Disgaea, c’est spécial. J’ai eu une sauvegarde a 600 HEURES sur Disgaea (j’y ai joué 4H/jour pendant des mois). Et j’ai su que ça serait comme ça dès la scène d’ouverture, où on t’explique que le roi des démons est mort en mangeant un bretzel et qu’Etna réveille Laharl de sa sieste de 200 ans à coup de missiles géants.

15) Old World Blues (Fallout New Vegas)

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Fallout New Vegas est un jeu tellement bon et complet qu’il rattrape amplement le péché Fallout 3. C’est tout simplement mon RPG occidental préféré. Malgré son moteur de jeu à la rue et ses persos moches, il est vaste, profond, intense, drôle, et surtout, arrive vraiment (et c’est franchement rare) à créer cette foutue "impression de liberté" recherchée par tous les open worlds.
Et soudain arrivent les 4 DLC, certes inégaux, mais tous indispensables et justifiant amplement l’achat de l’édition intégrale. Old World Blues, mon préféré, avec ses scorpions-robots, ses armes débiles, son recrutement de grille pains, son pitch improbable (DES ROBOTS VOUS ONT VOLE VOTRE CERVEAU !) et ses dialogues hilarants, à se pisser dessus, merveilleux.

16) Elvis le ministre de la culture et du luxe (Civilization II)

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Civ II est vraisemblablement le jeu qui m’a volé l’essentiel de mon temps libre de 1996 à 2000. J’ai joué des milliers d’heures à Civ II, comme un dingue, sans m’arrêter en cachette, des nuits entières. C’est difficile de dire pourquoi mon temps de jeu a été si intensément supérieur aux épisodes postérieurs, mais dans la foule immense de trucs qui apportaient la spécificité au jeu, il y avait ces acteurs en Full Motion Video qui conseillaient le joueur, dont cet improbable pseudo-Elvis qui gérait le ministère de la culture.

17) Le Cauchemar ultime : Indalecio (Star Ocean II)

Indalecio

Je ne suis pas un joueur très skillé. J’aime pouvoir faire pause, planifier, et tout, parce que sinon, je suis assez nul. Le genre à passer tout un Metal Gear Solid en tirant dans le tas en hurlant. Parfois, cependant, je m’accroche. Le boss final de Star Ocean II, Indalecio, est probablement le duel le plus long que j’ai livré contre un obstacle dans un jeu : au moins dix ou vingt heures à apprendre ses patterns par cœur, à perdre, à recommencer. Plus généralement, le donjon final de SO2 est une véritable merveille, avec son ambiance de fin des temps et ses Dix Sages qui attendent, arène par arène, de ridiculiser le joueur.

Ceci dit, j’me souviens pas bien POURQUOI il fallait dérouiller Indalecio.

18) Le Donion d’Irenicus (Baldur’s Gate II)

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Je n’ai plus, je pense, à détailler mon amour des Baldur’s Gate. Sans, cependant, avoir jamais ressenti le besoin de devenir une bombe humaine avec une barbe de cou pour réclamer un troisième épisode. Le début de Baldur’s Gate II, avec son ambiance sinistre, ses pièges, ses créatures improbables et cet affreux Irénicus, ses cobayes, Imoen qui pète un cable… Et finalement la troupe qui débouche sur le soleil et le bruit insouciant de la place du marché d’Atkhatla… C’est simplement la meilleure intro du monde.

19) La Roue des Réponses dans un deuxième Run a Mass Effect (MASS EFFECT 1, 2, 3)

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Pourquoi je ne deviens pas une bombe humaine pour BG 3 ? Parce que BG3 existe, ça s’appelle "Mass Effect Trilogy". En effet, je n’ai pas à vous expliquer que les deux jeux se passent dans le même univers (si ? Bon, ok, le Hamster de Minsc est dans Mass Effect 3. La fin canon de ME3 est probablement la destruction de la civilisation par les moissonneurs. Ce qui en reste se réfugie sur une planète médiévale, Féérune, et sombre dans l’oubli. BG se passe quelques milliers d’années plus tard)

Hrm. Bref, Mass Effect, c’est le bien. Surtout dans un deuxième run avec toutes les options de dialogue déjà débloquées.

20) Millenia"Waïfu"/Elena"Not Waïfu"

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Ok, Grandia 2 était une vaste blague par rapport au premier (et quand je dis vaste, je veux dire une vaste toute petite blague de 20H). Mais c’était un des rares RPG de la Dreamcast, et il exploitait une très bonne idée : deux personnages dans le même corps, sans que les deux n’aient conscience du problème. Alors ouais, c’était pas très subtil (la Sainte Blonde guérisseuse habillée en blanc et la Succube Rousse magicienne habillée en rouge, WOW SUBTEXT), mais le dénouement était pas mal, et il y avait un côté vaudeville assez étrange avec des entrées et des sorties et des portes qui claquent. Et un héros qui avait la qualité rare de n’en avoir visiblement rien à foutre de l’intrigue. (oui, sinon, bien sûr que je fantasmais sur Millenia quand j’avais 17 ans. Maintenant un peu moins, je me demande surtout comment ses cheveux tiennent en place)

21) Chaos Path Ending (Der Langrisser)

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Der Langrisser est un des seuls RPG japonais qui permettent de vraiment choisir une bad ending intentionnellement (avec Chrono Trigger, si on veut). Ce jeu, je l’ai retourné dans tous les sens plusieurs fois, en me gardant le "Chaos Path" pour la fin… Et j’ai pas été déçu. L’équipe finale est une atroce collection de freaks, et le dénouement est ultra sinistre. Glaçant. Dommage que les épisodes suivants ne soient pas trop à la hauteur.

22) Max Président et Doomsday Lincoln

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Sam et Max, quand on y pense deux secondes, c’est une uchronie particulièrement sombre. Un Lapin fou devient Président des USA (après avoir terrassé une statue de Lincoln à peine moins folle) et détruit la moitié de la planète… Episode après épisode ! Sam & Max arrive à garder canon les faits les plus improbables épisodes après épisodes, même si ça implique un bordel planétaire généralisé. C’est comme si 50 blagues en même temps devaient cohabiter, j’adore ce joyeux bordel.

23) Demande c’qu’il en pense à Scias (Breath of Fire IV)

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Parce que vous connaissez beaucoup d’autre jeux où une équipe composée d’un demi-dragon, d’un robot nain, d’un samurai-chien, d’une pistoléro-chatte et d’un genre de tigre-boxeur parcourent une pseudo-Chine ancienne à la poursuite d’un empereur/Dieu/Dragon mort-vivant ?

24) Zed’s theme Oops (Wild Arms, Wild Arms Alter Code F, Wild Arms 5)

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Zed a inspiré énormément de mes personnages à travers les années. Et pour cause, il a tout de la figure du looser magnifique que j’affectionne particulièrement. Serviteur du Mal méprisé par ses propres chefs, mis à l’écart 95% du jeu, boss récurrent et malchanceux, Zed finit par s’avérer… Un des boss les plus redoutables, vachement plus difficile à étaler que ses employeurs.

Son thème musical est dantesque, et suffit presque à lui seul à redécouvrir Wild "on va faire FF VII avec pas d’argent" Arms premier du nom.

25) Le RPG Expérimental de la Saturn ou le mec a une mulette et où les combats ressemblent à Street Fighter (Dark Savior)

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La plupart des RPG Japs ont le défaut majeur de tirer à la ligne et de filler des intrigues écrites pour des enfants de treize ans (vérité générale contestable, m’enfin vous voyez ce que je Dragonne Queste). Les exceptions ne sont pas toutes à chercher dans la création postmoderne actuelle, puisqu’il y a déjà 18 ans, Dark Savior a proposé une expérience extrêmement différente, basée sur une intrigue ramassée au maximum (5 scénarii parallèles de quelques heures chacun), mais dont pas mal de traits confinaient à l’expérimentation géniale. Combats sous forme de versus fighting avec barre de vie, réalités alternatives, trip psychédélique, narration chiadée…

Quasiment injouable à cause d’une 3D isométrique foireuse, de phases de plates-formes embarrassantes et de "Je n’ai pas de Saturn et cette console et chiante à émuler", le jeu en vaut quand même la chandelle.

26) Fuck you, Mother Brain (Metroid)

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Encore une fois, comment ai-je pu finir ce jeu à quatre ou cinq ans ? Mon père ou mon beau-père m’avaient sans doute filé un coup de main, mais je me souviens d’avoir fini l’essentiel TOUT SEUL. J’étais incroyablement skillé. L’immense satisfaction en cassant finalement la gueule à la Mother Brain dans son bocal !

Récemment, il y a eu des soldes sur la virtual console. J’ai racheté Metroid. Je suis désormais bien incapable de le re-terminer sans devenir fou et y passer des dizaines d’heures. C’est très triste, ce n’est pas la vieillesse qui est un naufrage, c’est toute la vie à partir de l’adolescence.

27) Mon amant de Saint-Minitel (Digital : A Love Story)

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Abordé sans a priori particulier (suite à des conseils et avoir lu une interview sympa de Christine Love). J’ai adoré. C’est minimaliste, contemplatif et surtout très bien écrit. J’ai pleuré comme une vierge traînée sur le lit nuptial pendant des heures après la fin, et fait les autres jeux de Love dans la foulée (rien à jeter, tant qu’on est pas trop attaché au concept d’interactivité).

28) NESS… JE SUIS H E U R E U X (Mother 2)

Giygas

 

Je n’ai pas joué à Mother 2 enfant, l’ayant découvert quand j’étais à la Fac, il y a une dizaine d’années. Et c’est tant mieux, tant le combat final m’a servi de nightmare fuel pendant des semaines. Le jeu en lui-même est génial, drôle et arrivant à tirer ce qu’il y a de meilleur dans les années 90 (et y’avait du boulot). Mais ce combat final dégueulasse, avec sa musique déstructurée et ce fœtus mort-vivant hilare qui supplie le joueur… Franchement, Nintendo, il va en falloir des Capitain Toad pour rétablir ton karma de gentil neuneu.

29) Contrairement à ce que vous pensez, le Seme c’est Flik (La Saga Suikoden dans son ensemble)

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Suikoden a façonné ma vie, m’a donné envie d’apprendre l’anglais, puis d’écrire, puis m’a fait réfléchir sur le sens de la vie, cette saga a été mon coach, mon guide, j’aime Suikoden, même les épisodes pourris, même le 4, même le Tactics, même le Tierkreis, même les mangas, même la traduction débile du 2, Suikoden, c’est juste parfait, J’ai fini le 2 au moins 10 fois et si j’en vois un qui critique, je lui pète les genoux avec une batte en métal.

30) La scène du phosphore, ou comment j’ai appris à aimer au moins un Cover-Tps-militaire-moderne (Spec Ops : The Line)

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Spec Ops : The Line jouit d’une réputation mitigée. Tentative parfois décrite comme maladroite de faire un bon jeu militaire antimilitariste, on lui a souvent reproché d’avoir oublié d’être un bon jeu tout court. Mais fuck that, au moins lui a essayé. Avec ses maladresses, avec son gameplay à la rue, avec ses twists un peu facile, d’accord, mais peu importe, il a pris plus de risques que 90% de la production de TPS/FPS de ces dix dernières années.
C’est un des rares jeux -via, entres autres, LA scène du Phosphore Blanc- qui fait un poil réfléchir sur les actions d’un joueur simulant une guerre dans son fauteuil. Anti-ludique, glauque, glaçant, génial.

 

 

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