De Jeunes Auteurs Mödernes 2/5 : L’art l’argent les gens Jean-Jean

La question de l’argent en littérature, elle est jamais simple. Déjà parce qu’il y n’y en a pas beaucoup en jeu dans 95% des cas, ensuite parce que c’est souvent un milieu ou on a une idée si haute de ce que l’on fait qu’il est malvenu de compter les piécettes sur le comptoir. No offense.
Or, dans pas mal d’esprits, écrire, c’est un biz qui rapporte. Évacuons la question en deux mots : sauf si votre nom est Dukan, Trierweiller, Zemmour ou Musso, la littérature ne peut pas vous rendre riche. Il y a, en France, quelques centaines d’auteurs de fiction qui vivent de leur plume (un peu plus si on ajoute ceux qui vivent -souvent mal- de la BD). Sur 60 000 ouvrages qui sortent chaque année, très peu vont rapporter ne serait-ce qu’un treizième mois à leur auteur.
Il y a plein de raisons qui expliquent que les auteurs ne vivent très majoritairement pas de leur activité.
Par exemple, le fait qu’il y ait une offre monumentale pour une demande relativement stagnante et des prix qui évoluent plutôt vers le bas. Les gens achètent en France 410 à 450 millions de livres par an (le chiffre ne bouge pas trop depuis la crise), mais ils les achètent de plus en plus souvent en poche. Donc les auteurs sont “pauvres” parce qu’il n’y a pas assez de lecteurs prêts à leur donner beaucoup d’argent. Capitalisme 101.
Les auteurs sont pauvres, également parce que quand vous achetez un livre, beaucoup de gens sont déjà passés prendre une commission dessus. Quand tout se passe bien, si vous achetez un livre 10€ tout rond, il y a entre 0,5 et 1,5€ qui va finir dans la poche de celui qui a produit la matière première. Parce qu’entre temps, l’éditeur s’est payé/remboursé de ses frais d’impressions, le distributeur aussi, le détaillant enfin. Et même en rationalisant un max (fait faire le travail par des stagiaires et imprimer en Azerbaïdjan). Les auteurs sont pauvres parce que le livre n’a pas une haute valeur ajoutée, et que plusieurs intermédiaires travaillent dessus. Captialisme 102. (j’ajoute qu’on ne vit pas dans un monde ou, généralement, c’est le producteur de la matière première qui devient riche ;))
Les auteurs sont pauvres, ensuite, parce le marché est structuré de manière à ce qu’un petit nombre de produits/auteurs prenne beaucoup de place. Le tirage moyen d’un ouvrage est situé autour de 7000. Le tirage médian, c’est vraisemblablement dix fois moins (si vous ne comprenez pas, je reformule : quelques livres se vendent énormément et l’essentiel des livres se vendent très peu). Il y a de nombreuses raisons à ce constat. Citons-en deux au hasard : le manque de curiosité des consommateurs (pensez ce que vous voulez : la curiosité est tout sauf une qualité du point de vue des marketteux des grosses sociétés), des stratégies de groupes (et les groupes d’édition en France, c’est des GROS groupes) qui estiment plus facile de vendre un produit en gros que plein de produits au détail (ils ont raison, financièrement parlant). Capitalisme 103.
Les auteurs sont pauvres, toujours, parce que c’est un métier “sans filets”. Les auteurs qui ne font que ça de leur vie (et souvent pas pour travailler beaucoup et gagner peu) n’ont pour ainsi dire ni chômage, ni filet de sécurité, ni rien qui ressemble à une garantie que leur prochain livre va se vendre assez pour payer les traites du mois suivant. Contrairement à la vente de matériel non spéculatif (par exemple, le seul boulanger d’un village), la vente de produits culturels dépend de tout un tas de facteurs qui induisent de l’instabilité, et rarement des bonnes surprises.
Les auteurs sont pauvres, enfin, parce que quoi qu’on en pense, leur travail intéresse beaucoup moins que Ribery et Zahia qui font zizi panpan. A d’infimes exceptions près, les auteurs ne sont pas des people (mais il arrive que les people deviennent auteur), ne sont pas invités à la télévision, ne sont pas un sujet de société et ne font pas le buzz. Ils ne vivent pas nus et mogoloïdes dans des villas de télé-réalités, ils ne leakent pas de sextapes. Le livre a une exposition sociale moindre que beaucoup d’autres domaines. Capitalisme 104, c’est bien vous passez en deuxième année.

Mettons que pour vivre sans être trop à la rue, il faille 12 000€ qui tombent par an (c’est la somme pour être au-dessus du seuil de pauvreté, et vous voyez bien que ça fait pas lourd et qu’à ce compte là on est forcément tributaires d’autres sources instables comme les allocs, un hiver froid, le prix de l’essence…).
Pour faire simple, ça implique d’être certain de vendre 10 000 exemplaires à l’année, tous les ans. Alors bien sûr, même chez les gens qui sont officiellement auteurs à plein temps, il y a souvent d’autres sources de revenus. Untel anime des ateliers d’écriture, untel se fait payer pour des interventions ici où là, tel autre fais des petits-boulots à côté. D’autres occupent parfois des emplois rémunérés au sein de leur maison d’édition. Mais tout ça c’est quand même un cache sexe : retenez que sauf coup de bol (un coup de bol ça peut par exemple être une adaptation au cinéma, ou un éditeur étranger qui tombe amoureux de vous), les auteurs sont pauvres et ont presque tous un “vrai métier” à côté.
Il faut retenir une donnée essentielle en parlant de cette notion de “vrai métier” qu’on sert à absolument tous les gens qui ont une source de revenu artistique ou créative : même chez les auteurs qui “marchent”, écrire est probablement une des activités les moins rétributive à l’heure qu’on puisse imaginer. Un livre demande parfois des milliers d’heures de travail, d’écriture, de réécriture, de recherches, de corrections, de démarchage, de promotions (parce qu’il suffit pas de le foutre sur un étal pour que ça se vende. Vous vous souvenez ? 60 000 livres à l’année en France. C’est plus compétitif que les deux stands de poulet du marché du samedi.) Des milliers d’heures pour quoi, au juste ? Entre quelques centaines et quelques milliers d’euros. Ainsi mes cousins les auteurs de BD pointaient récemment la généralisation du forfait “7500€/album”, montant qui n’a quasiment jamais été aussi bas et a conduit certains auteurs en vue à simplement changer de métier.
Pour la plupart des romanciers, 7500€ ça semble encore un graal mythique tellement nous sommes pour la plupart dans des sommes bien plus petites (à l’image de nos tirages).
Et ça c’est sans compter que, inchallah haldoulilah ça m’est jamais arrivé, certains éditeurs sont parfois pas ultra réglo sur les contrats (pas toujours par malhonnêteté : le métier d’éditeur, surtout indépendant, impliquant vraiment beaucoup beaucoup de travail pour très très peu de retour sur investissement, donc parfois des problèmes de surmenage, d’organisation… Ou d’amateurisme, ça existe aussi).

La meilleure façon d’aborder concrètement cette question sale et putride de l’économie des auteurs (c’est la France on parle tout le temps d’économie mais jamais d’argent, comme si c’était impudique et secret), c’est de partir de mon propre cas.
2014 a été une année fort riche de ce point de vue : elle se commence et elle se termine par un livre, avec en plus la présence dans un recueil de nouvelles au milieu. Même si ça s’est étalé sur 2013, respectons la règle du théâtre classique : disons que tous les sous ont été brassés en 2014. (je ne désespère pas que d’ici décembre, le comité Pullitzer me donne un million de dollars pour mes fanfics d’adolescents, mais disons que je ne vais pas retoucher de sous cette année).
Sur mon premier livre, j’ai un contrat très généreux, parce que mon éditeur est formidable (c’est pas du bullshit semi-ironico-internet, je pense vraiment qu’il est formidable). Je touche, en moyenne, 10% par exemplaire vendu. Plus le livre se vend, plus je touche (entre 8 et 12% selon le nombre d’exemplaire écoulés). Comme il était vendu à tout petit prix, ça reste des sommes modestes : j’ai récolté 300 et quelques euros d’avance sur droits.
L’avance sur droits, c’est ce qui permet aux auteurs professionnels de ne pas mourir tout à fait de faim : l’éditeur considère qu’il y aura au moins N livres vendus, et verse l’équivalent de ces droits à l’auteur. Si le livre est un énorme four, le risque est assumé par l’éditeur. Si c’est un gros succès et que le nombre de livres vendus dépasse les espérances, l’éditeur versera de nouveau des droits à l’auteur (dans une période valable, mais ça peut être jusqu’à 18 mois après la mise en vente).
Si mon Toto n’a pas été trop mauvais en terme de ventes (je ne sais pas combien il s’en est vendu à ce jour, mais c’était plutôt bien parti aux dernières nouvelles), je devrais retoucher quelques piécettes quand le Tripode fera son bilan comptable 2014. (hum, vous avez des LIENS dans ma Bibliographie si vous voulez me rendre RICHE)
Bien sûr, plus l’éditeur est petit (et moins il appartient à une multinationale tentaculaire dirigée par des vampires illuminatis), et plus il est compliqué pour lui de verser une avance conséquente. Alors tous les éditeurs ne peuvent pas se le permettre. Mon second projet de l’année est la parution d’une nouvelle dans un recueil des éditions Lilo (Si vous ne l’avez pas encore acheté, je crains pour le salut de votre âme :( ). C’est un cas assez différent. Qui dit recueil de nouvelles dit ventes modestes. La nouvelle c’est pas franchement porteur en France, même si les choses bougent lentement. Par le biais du numérique et d’acteurs papiers très motivés, c’est un domaine où il se passe beaucoup de choses. Mais bon, vous imaginez bien diviser une avance sur droits d’un tirage de 500 exemplaires entre 15 auteurs : ça n’a pas de sens. (on touche environ 10 centimes chacun par exemplaire vendu). La encore, contrat nickel, rien à dire.
C’est typique du genre de projets qui à mon avis aide à comprendre ce que c’est que l’économie de l’écrivain. Quand on publie une nouvelle chez un éditeur comme Lilo et qu’on partage le gâteau avec 14 autres, les motivations ne sont bien entendu pas à chercher dans le porte-monnaie. J’y reviendrai en guise de conclusion.
C’est encore un peu différent pour le troisième projet annuel, l’épatant roman Eldorado ↓ (dans ta tablette dans les jours qui viennent).

Eldorado ↓ sort en version numérique, chez l’Ivre-Book, un éditeur qui s’est spécialisé dans ce domaine. Ca semble atypique en France, mais ça ne l’est pas dans les pays anglo-saxons, où la lecture numérique s’est coulée dans les moeurs avec beaucoup moins de résistance, pour des raisons qui me semblent évidentes (liées au fait qu’en France le caractère imprimé est une sorte de dogme religieux un peu faux-cul dans la mesure ou les prêtres sont souvent aussi les marchands du temple).
Le numérique est un domaine en plein boom. Avec une nuance près : passer de 20 à 60 exemplaires, c’est une croissance de 300%. Mais mettons la quantité brute de côté pour rester concentrer sur la courbe elle-même : la lecture numérique progresse, avec un boom particulièrement fort dans la nouvelle, la novella, l’érotique, le feuilleton, l’imaginaire… Tous les domaines boudés, marginalisés, voire ignorés ou méprisés par le gros de l’édition papier.
L’Ivre-Book est une structure en forte croissance (parce que là encore mon boss est formidable), mais jeune et fragile. J’ai un contrat forcément plus avantageux que pour un livre papier (je touche environ la moitié du prix de vente d’un livre), sur le modèle de ce qui se fait chez les angliches.
Comment on passe de 10 à 50% en changeant de support ? En supprimant le stockage, la distribution et le détaillant, où si l’on préfère en diminuant le nombre de gens qui se partagent le gâteau. Ça pose des tas de questions, bien sûr, mais si j’en crois ce que je lis habituellement, le papier et le numérique semblent coexister plutôt pas trop mal dans d’autres pays.
Concrètement, je n’ai pas la moindre idée de ce que pourrait me rapporter Eldorado ↓, mais je sais que la différence majeure, c’est que Toto 30 ans et le recueil des Rossignols se vendront probablement plus vite (c’est comme ça que marche le papier, une parution chasse l’autre, il faut vendre vite), mais moins longtemps. Eldorado ↓, sauf faillite de l’éditeur, ne sera jamais en rupture de stock. Si tout va bien, on pourra toujours le trouver dans 5 ou 10 ans  sans avoir à coucher avec moi pour me dérober au petit matin mon dernier exemplaire dans ma bibliothèque personnel pour s’enfuir dans le lointain le vendre à vil prix à un collectionneur fou sur Ebay (scène non contractuelle). Au pire si ça s’écroule et que le fonds n’est racheté par personne, je peux toujours le vendre en autoédition et là ça ouvre un autre débat qu’on va aborder une autre fois parce que là j’ai piscine.

Ce sont trois projets éditoriaux très différents que je vous ai présenté. Aucun des trois ne va foncièrement me rendre riche, ou me dispenser d’aller faire un « vrai travail » 1607H par an en attendant l’été ou une zombie outbreak quelconque.
L’art ne rapporte vraiment des sous qu’à une pointe de l’Iceberg très très petite et très très voyante, et c’est peut-être bien dans le monde des livres que la situation est la plus parlante (mais ne vous inquiétez pas, la société actuelle prêtant assez peu de valeur à l’artiste en général, tous les créateurs de contenus peu importe le format sont les bienvenus dans l’ère du bricolage et de la paye à coup de lance-pierre -voire de lance-flamme-).

Alors pourquoi écrire quand même ?
Il y a un tas de raisons.
Des mauvaises (à mon humble avis) : Devenir un gros poisson dans une petite mare, tant il est vrai que le statut « d’auteur publié » confère une forme de prestige bizarre aux yeux de certains (alors que, comme je vais l’évoquer dans un autre papier, c’est tout sauf impossible, de publier un livre). Espérer quand même devenir riche. Rencontrer des huiles. S’insérer dans une forme de mondanité bizarre. Espérer décrocher un boulot par piston. Utiliser son nom dans Amazon pour coucher. Se faire insulter par des lecteurs de rue89. Pour la Gloire.
Des moyennement bonnes raisons : Penser qu’on a quelque chose à dire, vouloir laisser une trace par peur de la mort, mener un projet du début à la fin, avoir un retour sur son travail qui ne soit pas celui de son hamster, avoir la preuve que ce qu’on fait n’est pas tout à fait nul (aka combattre son anxiété et sa phobie sociale naturelle). Pour faire sa propre thérapie.
De meilleures raisons : rencontrer des lecteurs et échanger avec eux, vivre des aventures comme Luffy, ne pas passer ses journées au bistro, se faire plaisir à soi-même, se relire et rigoler quelques années après, ne pas laisser s’échapper une bonne idée. Pour le lulz.
Et la seule qui me semble vraiment importante : écrire parce que c’est comme ça. J’ai toujours écrit. Bien avant que l’argent, les éditeurs ou les .epub ne soient une préoccupation pour moi. Des gens se réveillent un jour et décident qu’ils vont faire de l’accordéon, que c’est comme ça, que ça fait partie d’eux. J’écris depuis tellement longtemps que je saurais même pas dire pourquoi j’ai commencé, mais c’est comme ça. C’est une pulsion, un besoin, quelque chose qui fait que je suis équilibré, un moyen de mettre par écrit ce que je pense. On ne demande jamais à un musicien « bah alors pourquoi t’es musicien ». Moi c’est pareil. Vos gueules hein. Bizzou.

Mais faut pas être faux non plus. Si demain un riche mécène fou me commandait 20 romans en me payant de quoi vivre pour les écrire, je ne prendrais pas mes grands airs en déclamant que je ne mange pas de ce pain là. Bien entendu que je VEUX en vivre. C’est le but ultime. Tout simplement parce que quand tu sais qu’écrire, c’est ce que tu as besoin de faire pour ne pas exploser, tu aimerais pouvoir ne faire que ça (et dédicacer, et aller en parler, et vendre tes droits à HBO pour qu’ils en fassent un porno, etc.). Or, ça ne m’arrivera peut-être jamais (cf les 250 paragraphes précédents).
Mais je sais depuis longtemps que ça n’a factuellement pas une grande importance. Si tu te focalises là-dessus, sur la question du fric, tu rentres dans un mauvais délire qui te t’amène simplement nulle part si ce n’est à frustration-ville.
Il faut écrire parce que t’estimes que t’as un truc qui doit être écrit dans la tête. Et bien sûr que t’as envie que ça soit lu par le plus de monde possible. Ou alors t’as pas d’ego particulier, et le simple fat de l’avoir écrit te convient. Plein de gens s’en contentent ! Alors tu le fais lire à un éditeur et parfois ça marche. Mais à mon avis, il faut pas le faire pour ça. Avant tout, il faut le faire pour être content de soi.
Je ne parle que depuis mon propre perchoir, et chacun a sans doute d’autres buts et d’autres agendas. Rien de plus ou de moins respectable.

Enfin tout ça pour dire que si je vends 3,5 millions de Toto 30 ans, 10 millions de Rossignols ou 500 000 Eldorado ↓, je peux arrêter de bosser et rien foutre sur Steam jusqu’à la fin de ma vie, en me bourrant de chips et en tournant de temps en temps dans mon pâté de maison à bord d’un gros hummer en faisant des signes de gangster avec les doigts pendant que mon booster de basse crachera du Morsay tellement fort que les ondes sonores provoqueront un tsunami sur la Loire.

Haiktualité #14

 

Chaque semaine (sauf quand non), un Haïku sur l’actualité.

procesdandoisbourrat

Irian Jaya
Le Pays Papou Perdu
Libérez Bourrat

(alors juste pour faire un post-mortem de celui-là : il y a deux journalistes qui sont retenus en Indonésie pour avoir fait un reportage chez les rebelles Papous de l’Irian Jaya. Sans raconter ma life, il se trouve que ma belle-famille connaît bien celle de Valentine Bourrat, du coup ce truc me touche un peu, ça fait bizarre. Sinon, tout le monde s’en fout total, mais l’Indonésie a annexé l’Irian Jaya dans les années 60 par le hasard d’un jeu de chaise musical de la décolonisation alors que les autochtones sont aussi liés au reste de l’Indonésie que moi à un Chypriote moyen. Ca fait une cinquantaine d’année que les différents gouvernements Indonésiens exploitent les ressources locales avec plus ou moins de brutalité. Avec le Bandah Aceh, l’Irian Jaya est la province la plus pauvre d’un pays de plus en plus riche, d’où tensions, d’où rébellions. La ou c’est marrant c’est que traditionnellement, les Papous sont plutôt de tranquilles éleveurs de porcs que des sauvages rebelles terroristes. Or, vous savez, post-11/9, tout ce qui n’est pas avec vous est contre vous, etc etc. En Indonésie, quelques milliers de kilomètres à l’ouest de l’Irian Jaya -c’est très grand l’Indonésie-, il y a des bastions terroristes islamistes. Comme ces gens là sont les méchants du moment, on ne fait pas le tri : l’Indonésie lutte également contre tous ses mouvements séparaistes et personne n’ira lui chercher des (pa)pous dans la tête. C’était juste histoire de dire, hein. Il se passe des trucs en dehors de la Syrie, du plafonnement des allocs et des capitalistes qui percutent des déneigeuses pilotées par des vatniks éméchés. Valentine Bourrat et son collègue risquent 5 ans de taule, alors que l’usage das la plupart des pays du monde pour un cas comme celui-ci (y compris dans les pays chelous d’Asie Centrale genre Bidulistan) est l’expulsion et l’interdiction du territoire.

 

Tagué , , ,

De jeunes auteurs Mödernes 1/5 : Tout le monde saura qu’il est super con.

(Salut à tous, voilà une série de papiers que j’improvise un peu au fur et à mesure de réflexions sur mon propre travail d’auteur débutant dans un XXIè siècle bizarre et sur la condition du milieu vu de différentes perspectives. Ce n’est pas forcément très rangé ni organisé, désolé)

Il y a quelques temps, j’ai lu un livre qui m’a vraiment retourné. Probablement une de mes meilleurs lectures des années 2010. Je ne dirais pas de quel livre il est question, et vous allez comprendre pourquoi (et vous ne le saurez jamais, et c’est pas la peine de demander). J’ai déjà dit à tous les gens que j’aimais qu’il fallait l’acheter, de toutes façons. Comme le livre n’est pas très connu et que l’auteur est un tout jeune écrivain, comme moi (parce que dans le milieu des lettres, tu es jeune jusqu’à 60 ans à peu près), c’est normal, j’avais envie de diffuser l’info et d’en savoir plus sur l’auteur.
Il y a dix ou quinze ans, pour en savoir plus sur l’auteur, j’aurais du me fier à ce qu’il racontait sur sa page Myspace, ou Infonie ou Mygale, lui envoyer un mail, aller dans une convention où il aurait été invité pour l’écouter parler, où attendre patiemment une dédicace dans une zone accessible géographiquement. Autant dire que si l’auteur avait voulu que je ne sache jamais rien de lui, c’était facile. Encore avant, il y a mettons 20 ans, il ne serait probablement resté pour moi qu’un nom sur une couverture.

Ça a beaucoup changé.

Comme beaucoup (la plupart de ceux que je connais et même ceux qui n’aiment pas ça), l’auteur, mettons qu’il ou elle se nomme &!!!))* est d’un abord facile. Page FB d’auteur ouverte, accepte toutes les demandes d’amis, 15 tweets/jours, répond aux MP : &!!!)) joue le jeu du social obligatoire. A mon avis, le social ne génère pas tant de ventes que ça. Mais vous savez ce que c’est : difficile d’envoyer chier tel blogueur qui reçoit des SP et qui a 300 lecteurs/jour, difficile de snobber M.bidule des éditions trucs, etc etc. Le milieu est petit, et on passe vite pour un reclus asocial. Beaucoup jouent le jeu, et y passent beaucoup de temps.
C’est normal : il y a une offre pléthorique en littérature. Comment exister ? Soit on est backé par un moyen/gros éditeur qui va organiser une tournée média importante, soit on est dans les 98% d’autres cas, et bon gré mal gré, il faut bien faire ça tout seul. (moi j’ai eu du pot sur mon premier livre :p)
Certains aiment d’ailleurs peut-être juste les gens.
Je suis persuadé que mes super commentaires rigolos sur Facebook n’ont pas généré une vente de quoi que ce soit probablement même pas de téléchargements de fanzines gratuits et tout. C’est mon côté dubitatif face au marketting qui parle.

Bref : &!!!)), comme tout le monde, est « facile d’accès ».
Il est super con.

Son livre est parfaitement bien écrit, encore une fois, la claque, tant en terme de style que d’intrigue que de souffle.
Mais clairement, il est super con. Ça se voit un peu beaucoup quand il s’exprime. Ce n’est pas le seul auteur super con dont j’aime la prose. Ajoutez les musiciens, les acteurs, et les autres : j’aime une énorme galerie de triste sires.
J’imagine d’ailleurs que, dans mes 500 amis FB et les gens que je croise à droite à gauche, une vaste proportion de gens ME trouvent super con.

Clairement, avant, ils n’en auraient jamais rien su, et ça n’aurait eu aucune influence. Il y a encore quelques années, « ce que pense un auteur » ne concernait pas le lecteur. Bien sûr, les stars du livre, ceux qui sont écoutés, invités partout, etc, on savait déjà. On sait que Stephen King est un Eléphant et Glen Cook un âne, ils en ont jamais fait mystère. Frank Miller est proche de l’extrême droite, Norman Spinrad est proche de l’extrême-gauche : ils font partie des 2% que j’évoquais au début. Il n’y a, disons le tout net, aucun intérêt à savoir que &!!!)) pense que les bonnes femmes devraient retourner à la cuisine ou que les voleurs de pommes devraient être torturés à Abu Grahib et qu’il nous faudrait une bonne guerre et qu’on était pas si mal que ça en 40.
Ça n’a, littérairement, aucun intérêt, et son livre est très éloigné de toutes les conneries qu’il raconte par ailleurs.

Je suis intimement persuadé que toute oeuvre de fiction est personnelle mais que paradoxalement, il n’y a pas de mélange à faire entre un texte et son auteur. Un gros con a beau être un gros con, il n’y a aucune raison qu’il ne soit pas capable de sensibilité, de projection, de réflexion, de construction. Il n’y a aucune raison qu’il n’arrive pas à sortir de sa propre boîte mentale pour explorer celle des autres. La littérature est un muscle, dit un de mes éditeurs. Il n’y a pas de raison qu’un auteur super con ne soit pas capable de muscler son propre talent pour sortir des choses super cool.

Alors je fais ce que beaucoup font : je passe à autre chose, et j’essaye d’oublier. Mais une fois que tu sais, c’est pas simple de faire comme si ça existait pas, même si l’oeuvre est totalement détachée des convictions de &!!!)). Je ne vais pas faire la liste des artistes super cons, ou plus grave, des artistes criminels, vous les connaissez comme moi, vous avez peut-être eu les mêmes réticences à lire/écouter/voir leur nouveau projet. Le faire ou non, c’est une décision toute personnelle.
Mais là, il y a un truc vicieux derrière, quand même.

Quand une rockstar commet un crime, parce que c’est une star, tout le monde le sait. Se positionner, c’est facile.
Quand un jeune auteur est super con, bah, si on réfléchit un peu, personne ne devrait le savoir. Or, qui dit marché tel qu’il est actuellement dit besoin de proximité avec son lectorat potentiel. Et on ne va quand même pas demander à &!!!)) d’arrêter d’être super con pour lisser son personnage. Il est qui il est, et il joue selon les règles. Finalement, une donnée toute nouvelle apparaît dansa l’équation de l’auteur : son rapport direct à son public. Pas un rapport par rencontre littéraire, par convention, par salon ou par dédicace. Pas une rencontre de lettre à lettre ou de mail à mail : une confrontation directe entre la pseudo-intimité numérique et le côté voyeur des gens.

Je ne fais pas mon vieux connard, hein. Les réseaux sociaux, les forums, les sites, les communautés, c’est vraiment très bien, et ça serait complètement con de revenir là-dessus. Personne n’est obligé d’y être. Aucun éditeur ne vous dira jamais « quoi t’as pas de fanpage, hors de ma société malandrin ! ». Mais c’est quand même difficile, dans un milieu atrocement compétitif, à la production infinie et aux débouchés somme toutes limités, de ne pas communiquer. Et communiquer, soit on en fait son métier, soit on est obligé d’y mettre une grosse partie de ce qu’on est. Et si on est super con, on est un peu quand même obligé de le faire savoir.

La situation actuelle, elle n’est ni mieux ni moins bien que celle d’avant, c’est trop différent pour pouvoir comparer (c’est peut-être violent pour ceux qui ont connu cet avant en question, mais moi, j’ai connu quer la situation actuelle depuis que je suis édité « pour de vrai »).

En tout cas, &!!!)) fait bien ce qu’il veut comme il l’entend, chacun gère sa barque comme il a envie. Je connais d’autres auteurs qui ont des pages officielles, des forums etc. Et qui y sont totalement neutres et « aseptisés » (je ne dis pas ça dans un sens négatifs). Et d’autres qui trollent à mort, y compris leur public.

Qu’est-ce que JE fais, moi ?
En vrai, je ne suis pas un très bon élève. La com, j’aime bien ça tant que c’est rigolo mais je peux pas être assidu là-dedans. C’est pas mon travail, ni mon kif. Tant que ça reste un joyeux bordel fou-fou, je veux bien, mais aprè, il faudrait que je puisse ne faire que ça, et vous savez, les auteurs ne vivent pas de leur plume, ça fera l’objet de mon deuxième papier.
Mon profil FB personnel est fermé comme l’anus d’un mec qui aurait bouffé que du riz pendant 50 ans, j’ai pas de page auteur sur les réseaux sociaux, mon site est un fourre-tout où on trouve autant ce genre de texte que des reviews de nanars débiles. J’ai ma page Biblio qui est à peu près à jour, et je suis « facile d’accès » si on veut : je réponds à mes mails (avec en moyenne deux mois de retard), en général j’suis pas hostile aux demandes d’amis. Par contre j’ai pas twitter parce que j’ai rien à dire, mais je songe à y aller pour suivre des trucs (mais vraiment : j’ai rien à dire sur ce mode de conversation).

Et je me prête par contre très volontiers à toute la communication « traditionnelle » : interviews, rencontres pros, conférences, lectures, dédicaces, bar-mitzvah, couscous-party et réunions Tupperwares. Même si vous avez peut-être du mal à y croire, ça fait vendre (plus qu’une punchline sur Twitter), et en plus, la parole y est relativement plus lisse et plus contrôlée.
Certains de mes lecteurs sont mes potes ou mes amis, mais tous ne le sont pas. Je veux garder ce pouvoir de NE PAS parler à quelqu’un.
J’adore le milieu littéraire, mais c’est un (tout) petit milieu. J’ai un pied dedans, mais à ne parler qu’à des gens qui baignent dedans, on devient fou et complètement à l’ouest en terme de perception du public, de la société, etc. Si tu parles qu’à des centristes toute ta vie, t’as l’impression que le monde est dirigé par François Bayrou, alors que c’est sans doute pas tout à fait exact. Alors je garde mon profil semi-fermé, je filtre pas mal, je réponds pas aux casse-couilles.
Cette année, mon nom c’est retrouvé dans quelques articles en ligne : j’ai même pas lu les commentaires (surtout pas ceux de Rue89). Je me suis juste systématiquement signalé dans les articles pour signaler aux gens qu’ils pouvaient venir me parler en MP s’ils voulaient des précisions.

C’est que, moi aussi je suis super con, vous savez. Je n’ai pas forcément envie que vous en sachiez trop à ce sujet.

* C’est peut-être un homme, une femme, peu importe, j’emploie « il » par commodité.

Monsieur Falcam vous n’avez vraiment honte de rien.

J’espère que vous rigolerez au moins 1% autant que moi. J’espère vraiment recevoir plein de refus pour des appels à texte dans les jours à venir pour pouvoir faire plein d’insultes dans le N°2.

Plus sérieusement, la très bonne nouvelle c’est que j’ai des projets qui avancent bien à ne plus savoir où les mettre, et la mauvaise, c’est que j’ai passé vraiment trop de temps à faire cette vidéo pour en parler, surtout en cliquant plein de fois sur le bout mp3 ou le robot dit « môdit qu’c’est ben bon ».

 

Tagué , , ,

Avrelle à la Porte de Baldur #16 : J’ai 99 problèmes de nains

Résumé de épisodes précédents : dans cette Saga où je joue Baldur’s Gate avec trop de mods et un personnage handicapé mental, nous partîmes à 6 dans un donjon pour sauver un bébé et nous revîmes le même nombre pour se faire direct alpaguer par quelqu’un qui a encore des trucs à nous demander.

01

 

 

Oh mon dieu chers aventurier c’est affreux il faut impérativement que vous vous rendiez à Bérégost pour aller aider mon ami Mithril Forgefer ou chaispasquoi qui a un problème tellement important qu’il faut impérativement qu’il aille chercher de l’aide à perpette la galette.
Mais bon sang j’essaye d’y aller depuis des SIECLES à Bérégost, et je tombe sans arrêt sur des gens qui oh d’la marde j’y vais on verra bien.

Bien sûr, en quelques secondes, Drizzt me tombe encore et encore sur le coin du râble pour me filer des trucs. Je ne sais plus très bien pourquoi il m’a filé ce livre, mais je sais qu’il avait l’air content. Alors moi aussi je suis contente. Adada maman caca, je continue ma route vers Bérégost. Et cette fois-ci, j’y arrive.

1

Alors voilà, un nain avec une vaste barbe me saute dessus et commence à me raconter toute sa vie dans le détail, et gnagnagna son neveu Martel Forgefer ou un truc comme ça a exploré des ruines et après y’avait des méchants et blablabla faut m’aider parce que j’ai des rhumatismes. Oh, je ne mets pas de mauvaise volonté à vous raconter tout ça, c’est juste que certains moddeurs devraient prendre des cours de scénario dont la première leçon serait « il y a déjà probablement assez de quêtes de sauvetage dans des donjons ».

2

J’ai un peu fail le screenshot.

ET DEVINEZ OU IL FAUT QUE JE RETOURNE. Eh oui, c’est reparti sur la route de Nashkel, mais bon sang y’a COMBIEN de monstres et de donjons et de tueurs sur cette putain de piste à peine pavée et même pas balisée ? Moi je finis par être dans le camp de l’Amn, il faut qu’ils envahissent la région et ramènent un peu d’ordre là dedans.

3

Ma patience à des limites, mais il ne faut pas exagérer, disait un grand homme. J’ai un petit stock de baguette de nuages mortels, et je nettoie l’entrée de cette grotte pleine d’orques sans subtilité particulière. C’est bon quoi, je suis pas là pour faire de la dentelle, moi quand je libère des otages, je fais ça à la russe.

4

L’entrée du donjon est un vrai micmac : orcs, gobelins, etc. Perso j’ai toujours trouvé que certaines populations, certains groupes d’individus n’avaient pas vocation à s’intégrer dans la société de la Côte des Epées, il doivent retourner chez eux en Orquie ou en Gobelinie, c’est comme ça, chacun le sait. N’avons pas, plus les moyens de nous occuper de tous les peaux-vertes du monde, qui en sont réduits à s’entasser dans des grottes humides (désolé, il n’y a rien de particulier à dire alors je meuble un peu en surfant sur la vague Zemmour).

5

Le donjon est cependant plutôt intéressant. C’est un mélange de divers maps de BG1, en particulier la mine de Nashkel qui est rarement utilisée par les quêtes de mods. Il y a plein d’orques d’elfes noirs qui balancent des sorts et des flèches explosives, et des nains et des morts-vivants. Le Freak Show de tous les emmerdeurs de D&D. Les combats sont assez nerveux, c’est plutôt stimulant

6

Ça devient même complètement intéressant quand je tombe sur Enclumier Poildru (nom non contractuel), sorcier nain maléfique armé de ses basilics qui changent les gens en pierre pendant qu’il te spamme des sorts et que ses sbires te lancent des haches à toute vitesse. Woot, je commence à comprendre pourquoi ils avaient besoin de héros vraiment rudes pour s’occuper de tout ce bazar.

7

Le pinacle de ce donjon construit de manière aussi cohérente que le commissariat de Resident Evil 2, c’est une geôle (qui n’est totalement pas le siège du Poing Enflammé à Baldur) où un nain du nom de Ferthgil se joint à moi au beau milieu d’un combat impliquant UNE BONNE CENTAINE DE NAINS. Assez pour carrément foutre mon PC à genoux.  Mon ventilateur se met à hurler, tout lague, retour Windows e tout le toutim. Après avoir commandé un nouveau PC à la Nasa, je finis par venir à bout de tout ce beau monde (sérieusement, il a fallu que je me fasse les nains par petit paquets de cinq en les attirant dans l’entrée, ce qui tend à prouver que vivre entre hommes handicapés sous terre pendant des centaines d’années ne développe pas l’intelligence stratégique).

8

Comme d’habitude, la pièce offre un triste spectacle quand j’en ai fini. Des rivières de sang, de merde et de pixels. C’était pourtant pas ma guerre, et en plus j’ai peur d’avoir les associations naines sur le dos (mais j’ai un très bon ami nain, j’en ai même un dans mon équipe et il est plus petit qu’un nain normal !)

9

Le donjon est étonnamment long. Je pensais que ça s’arrêterait au génocide des minipouss, mais il y a encore des galeries à traverser, remplies d’elfes noirs et de véritable marées humaines de squelettes. Comme le poison ne marche pas et que c’est trop long à la boule de feu, je m’engage dans de longs et épiques corps à heu… corps à os. Je commence à comprendre que, ô surprise, c’est un gang d’elfes noirs qui est derrière tout ça. Eh les gars, je connais mal la mythologie de D&D, mais une fois de temps à autres, ils pourraient pas ne pas être dans le coup ? R.A Salvatore approuve ce message.

10

J’ai parlé trop vite ! Après un combat plutôt chiant et facile contre le QG des elfes (où on a totalement oublié d’enlever le cuisinier de la mine des voleurs), j’apprends que je dois m’enfoncer encore plus profondément dans les entrailles de la terre pour aller botter le cul à un démon interplanaire qui je sais pas quoi merde les gars ils sont commandés par un démon interplanaire et ils magouillent sur la route de Bérégost, quoi, mais je sais pas, faites un truc de votre vie.

11

Le combat contre le démon Flbleblefle’pouet n’est pas extrêmement difficile en soi, c’est juste qu’il est dans une salle ou tu es harcelé en permanence par des putain de dizaines d’araignées de toute sorte (dont des éclipsantes qui se téléportent, des mutantes qui tapent comme des brutes, etc.). Je finis le combat vivante, mais dans un état assez précaire, à court d’antidotes et de potions de soin, et sans possibilité de me reposer à cause de la densité d’araignées trop élevée.

12

Néanmoins, je finis de faire le ménage avant de partir pour de bon, parce que ça rapporte des blindes d’XP et j’en ai jamais assez comme Rick Ross avec la caillasse. (je dis juste ça parce que ça sonne bien, hein, en vrai j’ai déjà bien assez d’XP comme ça).

13

Ah oui au passage, j’vous avais pas dit, mais le mec qu’on m’a envoyer chercher est mort. C’est ballot, mais moi je m’en fous, Hercule Adamantior (ou un truc comme ça) me paye quand même après m’avoir encore une fois raconté sa vie. Je suis Avrelle, je l’écoute pas ta vie, j’y comprends rien, gné tapé les méchants, gné reçu expérience. Y’a des trucs qui s’écrivent automatiquement dans mon journal, mais je crois bien que c’est Dynaheir qui note tout ça pour faire croire à la postérité que je savais lire.

15

Ouais voilà j’aurais pas dit mieux.

Maintenant que le type me dit qu’il s’en retourne dans son bled de nains pour cuver sa tristesse, je fais le bilan de mes aventures. Et je réalise que j’ai totalement nettoyé la carte au sud de la porte de Baldur. Il ne me reste donc plus que deux trucs à faire : Les quêtes de la Barbe d’Ulgoth (et donc le proto-Dlc Tales of The Sword Coast), et la Porte de Baldur (gros morceaux).

14

Donc, la prochaine fois, on va aller en vacances dans une mignonne petite station balnéaire pleine de problèmes insondables, si vous voulez bien.

Ne manquez pas l’épisode 17 : C’est ta Mère la Barbe d’Ulgoth.

Tagué , , ,

Ça a l’air Nul #9 : Le magazine de propagande de L’Etat Islamique

Crotte dabiq lol

Toyota fueled jihad

Ça a l’air nul.

C’est quoi ?

Le magazine d’information de l’Etat Islamique. Format tabloïd, gratuit, entièrement en anglais (existe aussi dans plein d’autres langues). Très premier degré, le ton est quand même assez curieux, mélange de millénarisme catastrophistes (Dabiq fait référence à une prophétie apocalyptique imminente), de folie affleurante et d’explosions à la Michael Bay, avec moins de moyens mais plus d’originalités dans les cibles (tombes chiites, paquets de tabacs, bars). Le tout imite vraiment à la perfection les canons de la presse occidentale, même si le format assez court et le choix d’une maquette très fluo et aérée fait penser à ces brochures publi-informationnelle qu’on trouve chez le docteur, où dans les centrales syndicales.

Shining Happy People

Shining Happy People

De quoi ça parle ?

En gros, de leur point de vue, soit on devient tous illico un état islamique via la révolution armée, soit Dieu va déclencher le deuxième déluge comme ça, snap. Alors le magazine aborde, en gros, la guerre et la religion pré-apocalyptique en mêlangeant tout ça dans un shaker très « call of duty à l’école coranique » : des nouvelles de l’Etat Islamique – quelles mosquées impies on a détruit ce mois-ci, qui on a décapité, quelles sont les conneries que disent les occidentaux qui n’y connaissent rien, etc, le tout entrecoupé de jolies photos en HD (violence graphique au programme, attention, c’est globalement NSFW), de leçons d’histoire, de géo, toujours sous l’éclairage de la lecture la plus wacky possible de la parole du Prophète. Au sommaire du N°3 paru en septembre :
– Obama a du sang sur les mains
– L’EI existait danas nos coeurs et maintenant ça existe en vrai nyon uguu nyoro~
– Youpi l’EI a enfin résolu le problème tribal en Irak.
– Explications illuminées du Coran (nécessite un très haut niveau de charabia mystique)
– Pourquoi on a exécuté ces salauds de traîtres tribaux dans le désert (cf : on a enfin résolu le problème tribal)
– Comment on vous a sauvé de l’apocalypse et comment on a rendu les enfants heureux (en faisant exploser plein de bâtiments impies)
– Youpi ! Encore des destructions de trucs (bâtiments impies, tabac, écoles) !
– Images de batailles !
– Attention à l’hypocrisie, Dieu voit tout (avec des images d’avion explosé inside !)
– L’édito posthume d’Abu Dujaha Al-Kurasani
– L’esclavage moderne (aka travailler dans une société moderne pour un patron impie)
– Sans Jihad, la vie ne vaut pas le coup, compris le jeune ? Attention à tes fréquentations.
– Le Califat recherche des citoyens : quelques consignes pour préparer ton voyage.
– Shits my enemy says : Retranscription d’un discours d’Obama (avec une photo ou il a une KIPPA ! *wink wink*)
– Pourquoi on a tué James Fowley srsmnt Obama c’est ta faute, nous on voulait bien faire et tout et t’as tout gâché.
– Comment contacter la rédaction de Dabiq, nous envoyer vous retours, etc.
– Le mot de la fin (avec image de gros brohugs barbus comme dans un after arrosé au Joyeux Panda).

Comme ils peuvent pas mettre de femmes nues, ils y vont à fond sur la violence graphique pour compenser.

Comme ils peuvent pas mettre de femmes nues, ils y vont à fond sur la violence graphique pour compenser.

Mais alors est-ce qu’il y a quelque chose à sauver ?

Sujet délicat. Honêtement, la propagande des sectes terroristes a fait de gigantesque progrès depuis quinze ans, au moins un point bonus en communication et en management, pour le coup. Vous vous souvenez, des vieilles vidéos pourraves de barbus sales dans des grottes de merde envoyées en lousedé à CNN ? Tout ça c’est super loin, les mecs jouent le jeu des communicants, maintenant, ils sont entrés de plein pied dans le 21è siècle au moins là-dessus (pour un peu tout le reste sauf la science des explosifs, ils végètent plutôt dans le 13è tendance Almohade consanguin).

3

Chère Ménie Grégoire, j’aimerais bien que tu ajoutes une rubrique cuisine car je ne sais pas cuisiner les kleicha est-ce que c’est possible ok bisoux signé Zali, du Loir-et-Cher. A noter qu’au moment ou j’écris cet article, la une du site-poubelle « India.com » est « ISIS terrorist having sex with a donkey » .

Maintenant, les types, ils te sortent des montages à la Luc Besson avec des images subliminale, des magazines chiadés comme tout, et ils ont une armée de VRP qui fait du racolage sur FB comme les scientologues dans les maisons de retraite. Techniquement parlant, ils ont réussi à produire un mensuel « à l’occidental » qui ne se distingue du nouvel obs que par son absence de dossier vin, sexe et patrimoine et par une ligne éditorial mettant nettement plus l’accent sur les explosions de bâtiments. Le numéro 2 insistait parfaitement sur la flotte de bulldozers dont s’était emparé l’Etat Islamique pour raser plein de bâtiments historiques (fuck yeah !).

Malheureusement, la quantité de charabia mystique et le côté très Vice de l’ensemble, associant phrases choc et violence graphique ne plaira pas à tout le monde et risque de ne convaincre qu’un public déjà converti (si j’ose dire).

C'est ce que je dirais à ma patronne pour justifier mes retards le matin, désormais.

C’est ce que je dirais à ma patronne pour justifier mes retards le matin, désormais.

Alors est-ce que c’est nul ?

Criminel, peut-être, mais nul, non. C’est plutôt bien vu, les mecs de l’EI ont de bonnes bouilles, alors que les impies ont des sales gueules et des kippas. Ils ont une super façon de photographier les trucs en train d’exploser, pour des gens qui, n’aiment pas trop l’art, il y a un sujet à creuser. Après, je pense que c’est un peu nul quand même dans la mesure ou je n’ai pas été brutalement saisi par un besoin irréfragable d’aller faire le jihad et d’aller faire caca devant les locaux de l’association kurde du coin. Je suis même intimement persuadé que la prose enflammée d’Abu Dujaha machin bidule laisserait froids 100% des gens que je connais, en même temps, quand je lis Tweets de Gogols ou des sites du genre, je me rends compte que les gens que je connais constituent pas forcément le bas du panier.

Mais je vous dis ça, et ça fait quand même plusieurs jours que je ne me suis pas rasé, pititr un signe inchallah hamdoulillah

insérez ici une saillie drolatique du genre "on voit toujours les même gueules aux concerts de Animal Collective".

insérez ici une saillie drolatique du genre « on voit toujours les même gueules aux concerts de Animal Collective ».

Tagué , , ,

Avrelle à la Porte de Baldur #15 : Le Légendaire Embouteillage de Bérégost

Salut les lecteurs, je vous dois d’abord des genre d’excuses pour ne pas avoir mis à jour cette superbe Websérie (pour les nouveaux : c’est par ici) depuis fin juillet. Mais il se trouve qu’en août, j’étais sur d’autres trucs que que j’ai passé septembre à enchaîner pas mal de travail alimentaire (et ce site -sans publicité ni emmerdements grâce à toi lecteur- ne me rapporte pas assez pour manger, où alors il faudrait que Fabius soit loin en dessous de la réalité concernant la déflation). Et puis j’ai été malade. Oh, rien de grave, mais ça a impliqué le traitement le plus lourd depuis longtemps, à base de trucs qui me faisaient dormir mélangés à d’autres trucs qui me filaient de la fièvre. J’aurais pu en tirer Las Zali Parano, mais j’ai préféré faire le zombie devant de mauvais films japonais.

Ordoncques nous en étions restés à Avrelle qui venait de tuer des dragons et qui devait revenir à Nashkel parce que [une raison].

01

 

En route vers la maison du maire, je me rends compte que j’ai complètement oublié de m’intéresser à la feature la plus conne de tout BG 1 : Daer Ragh, le gars que « si tu cliques deux fois sur sa tombe, il t’envoie des guerriers explosifs ». Normalement, c’est fait pour touer toute équipe de bas niveau en quelques secondes. Mais comme je ne suis pas une équipe de bas niveau, yaddi yadda.

1

En fait, voilà, j’envoie carrément Minsc les liquider tout seul. Il a un million de points de vie, il est quasiment immunisé au feu, et…. ET CES CONNARDS NE RAPPORTENT QUE 100 XP. C’est vraiment un des trucs les plus inutiles de tout Baldur’s Gate. Mais c’est pour ça qu’on l’aime, non ?

2

Dyna-chan attaque aussi, mais c’est normal, elle protège son husubando.

Après un bref passage chez le maire (vous vous souvenez ? On m’avait annoncé du grabuge que la police locale semblait impuissante à régler), on m’envoie dans un donjon dans le nord pour régler une sombre histoire d’assassinat et de bébé kidnappé par des sorciers ou des trucs comme ça. Honnêtement, c’est pas la quête la mieux écrite du jeu, tout ce que j’ai retenu, c’est que je devais repasser par Beregost pour aller buter des trucs. Et soudain, des importuns.

Je tombe d’abord sur Drizzt, qui me balance des tas de trucs dont j’ai rien à foutre. J’hésite à le tuer, je pense que j’ai largement le niveau, mais R.A Salvatore serait sans doute trop triste, et en plus je perdrais 10 points de réputations, et en plus je sais de source sûre que mon armement est bien plus puissant que le sien, et en plus je créerais un paradoxe temporel avec BG2 et… et…. Et j’ai la flemme.

3

A peine plus loin, je me retrouvez nez à nez avec un nain en train de se faire bouffer par des demi-ogres. Ben tiens, Drizzt aurait pu l’aider s’il est si sympa que ça. C’est pas grave, Avarelle est gentille, et elle punit le crime, même si elle ne saurait probablement pas le définir avec des mots articulés.4

… Et encore un peu plus loin, je me retrouve face à un imbroglio politique mêlant conflit entre sorcières, Anciens et gnolls. Il n’y a jamais eu autant une telle foule sur la route de Beregost, je ne comprend pas vraiment qu’on me parle encore de pénurie de fer alors que c’est autant le bordel partout. (la quête se résoud par l’action très surprenante de tuer plein de gnolls).

5

Et enfin, je finis par tomber sur le gars qui peut me rencarder sur le donjon caché où je dois aller retrouver le fils de machinchose, qui est retenu prisonnier par les « elfes » parce que comme d’habitude à chaque fois qu’il y a un coup fourré, vous savez, y’a pas de fumée sans feu, un papa une maman c’est important et toutes ces sortes de choses. #penséeunique

6

Le donjon en question est un peu décevant : c’est juste le donjon habituel de Durlag qui a été dupliqué pour plein de quêtes dans divers mods… Avec un peu les mêmes monstres au même endroit. Oh surprise, des horreurs guerrières. Alliées à des elfes. Pourquoi pas. #nébuleusedaech7

Alors du coup, je fais tout ça un peu en autopilot, vu que je sais dans ma mémoire profonde ou sont les pièges et ou sont les coffres qui en valent la peine. Il faut attendre un peu avant d’avoir de l’inédit. Je somnole un peu, à peine réveillé par quelques vampires placés en embuscade par l’auteur de la quête.

8

Le donjon débouche sur une grande crypte pleine de pièges. Je retrouve la coupable, qui m’explique en substance que je vais bien entendu devoir aller chercher le gamin au fin fond de la nécropole, parce que les donjons ne sont pas générés aléatoirement comme dans Daggerfall, mais attendez un peu que BG : Procedural edition sorte dans les bacs et on en reparle .

9

Brutalement, tout ceci devient assez intéressant : un paquet de bon gros vieux vampires me saute à la gorge, me pompe des niveaux, le tou dans une sale pleine de pièges à base d’éclairs et de boules de feu qui fusent de partout. Je dois même sortir quelques potions de protections et répliquer avec mes baguettes magiques, alors que d’habitude, je laisse juste mes grosses brutes écraser les crânes des récalcitrants.

10

Alors, le reste est un peu anticlimatique, parce que je me retrouve à buter des blèmes et à désamorcer des petits projectiles magiques. Et en plus, c’est très long, surtout que vous savez, le pathfinding dans BG, c’est bien la seule chose qui n’a jamais été moddée. Ou peut-être que si, en fait, mais c’est quand même pas une franche réussite.

11

Ce problème de Pathfinding estencore pire une fois qu’on arrive dans la partie la plus enterrée du labyrinthe, constituée de tout petits couloirs compliqués. C’est pas toujours facile de donner des ordres à de tels idiots. Super idée, si des game designers me lisent : lier la qualiter du pathfinding à l’intelligence sur la fiche de perso. J’adorerais ne pas jouer à un tel soft, je dois buter plusieurs fois Clairis et son maître Lord Deathshit, ça c’est plutôt marrant. Ca rappelle un eu les cryptes reloues dans BG II, parce que, vous savez, je choisis TOUJOURS le camp des voleurs.

12

Après moult péripéties, je finis par atomiser pour de bon Alucard et Petit Vampire, et je retrouve un horrible petit bébé mal dessiné…

13

Accompagné d’un bouquin qui DOUBLE LES POINTS D’EXPERIENCE D’UN MAGE. Ah, voilà, je retrouve vraiment mon mojo, c’est pour ça que j’ai installé toutes ces merdes. Je l’utilise sur Dynaheir… DONT LES POINTS D’EXPERIENCE DOUBLE. Me voilà donc avec un super saiyen de niveau 10 dans ma team.

14

15

Enfin bref. C’est armé de mon bébé moche et d’une Dynaheir badass que je débarque triomphalement dans la maison du maire comme les expandables. J’aimerais signaler à madame le maire (où sa femme, je ne sais pas) que non, son bébé n’est pas « alight ». Il est moche, et en plus il traînait avec une foule de vieux morts dans une crypte pleine de tas de monstres. J’aimerais mieux qu’elle aille illico chez le pédiatre, mais qui-suis-je pour donner des conseils ?

16

 

Allez, c’est fini cette histoire, on va dire que maintenant, c’est le moment de reprendre la quête principa….17

Oh, shit.

Prochain épisode : J’ai 99 problèmes de nains.

 

Tagué , , , ,

Haiktualité #13

Chaque semaine, un Haïku d’actualité pour toi lecteur.

Cette semaine, abordons la douloureuse question de la sortie hivernale de la France qui n’a pas peur de se confronter aux nazisocialistes qui veulent remplacer Neuilly par un quartier de pedocommunistes irakiens qui injectent des vaccins qui donnent le SIDA et la GPA aux blancs. Au départ, je voulais faire un papier intitulé « le négationnisme de la complexité » qui est le fruit d’une longue réflexion sur le courant réactionnaire actuel, mais je crois que ça a encore besoin d’être mûrie, alors on va se contenter d’un haïku sur le comptage des manifestants.

Pour ceux que ça intéresse, comme je commence à ressortir la tête de l’eau d’un mois de septembre riche en « tout-sauf-le-temps-de-bloguer », sachez qu’Avrelle revient demain, plus stupide que jamais.

Collection d’automne dans le XIè (siècle)

Eux dirent un milliard

La Police en compta deux

Moi, ils m’emmerdent

Au Service de Satan (2004), où comment j’ai regardé un tueur en série marrant buter une bande de mongolitos.

Il aura fallu que je traîne sur Wikipedia à la recherche d’info sur ce film obscur pour me faire exploser à la gueule par une notion socioculturelle qui a chamboulé ma perception de l’art, voire de la vie en générale : la notion d’œuvre semi-culte (semi cult following). En gros, les œuvres qui deviennent une référence pour ceux qui les ont vus, mais qui sont paisiblement ignorés par le reste de la population. Pulp Fiction, c’est culte, Executive Koala, c’est semi-culte.

Poster_of_the_movie_Satan's_Little_Helper

Et bien que ça soit probablement la première et la dernière fois que je suis amené à débattre de cette notion, je dois dire que le qualificatif me paraît un peu foireux concernant Satan’s Little Helper. Je comprends assez bien qu’on ressente une forme d’attachement pour ce film, mais je ne suis pas absolument persuadé que plus de vingt personnes sur Terre l’aient véritablement regardé en entier, et qu’au moins dix d’entre elles en aient retenu quoi que ce soit.

Mais eh, vous me connaissez. Journalisme de l’extrême, insomnies, lancer un film complètement au hasard tiré des entrailles de mon backlog et écrire dessus. 30 ans, une vie, encore mieux résumée que dans ce sympathique bouquin toujours en vente dans toutes les bonnes charcuteries. Alors jouons le jeu, semi-culte, voyons-ça.

Même si j’admire le fait de faire tout un film sur un calembour idiot, nous nous référerons ici au titre français « Au service de Satan« , qui a le mérite de survendre le côté horreur, alors qu’on va surtout assister à une comédie stoner-gore pour enfants (ok, c’est horrible en soi). Perso, si j’avais du traduire le titre en gardant l’esprit original, j’aurais sans doute opté pour un truc du genre « Petit Concon Noël » -mais bon ça aurait aucun sens, ça se passe pas à Noël- ou « Satan Bête ». Ou alors « Halloween-win situation », je sais pas.

Bref.

Au Service de Satan est l’ultime film de Jeff Lieberman (il est pas mort, mais semble à la retraite depuis), cinéaste B/Z resté coincé à l’époque de l’âge d’or de la VHS et coupable entres autres du script de l’Histoire sans Fin 3 à la suite duquel la honte l’a précipité à se réfugier dans un ashram pendant 10 ans avant de sortir de sa retraite fou et malade pour réaliser Au Service de Satan (version romancée, la version plus probable étant qu’il était à court de coke ou qu’il a reçu des impôts un peu salés). Le film aligne une galerie d’inconnus, une jeune première de 26 ans supposée jouer une adolescente et qui aura une longue carrière de Viking devant elle, un Stephen Graham jeune et mal à l’aise avec ses cheveux qui n’est pas le Stephen Graham qu’on voit dans plein de films anglais , une actrice à la carrière déclinant telle une météorite, et des figurants énervants.

Goofs : Les familles incestueuses  produisent assez rarement ce genre de physique.

Incohérence majeure : Les familles de drogués incestueuses et isolées produisent assez rarement ce genre de physique.

Oh, et un gamin. Les gamins, au cinéma, a fortiori dans les films de genre. Je ne sais pas où ils vont les chercher, mais neuf fois sur dix, ils redéfinissent les bornes du concept de tête à gnon et ne font plus jamais de film après. Là, ça ne rate pas, on nous sert un héros (les films d’épouvante sont rarement gamin-centrics, d’ailleurs) laid comme un pou, qui joue avec la bouche ouverte, la lèvre molle, sorte de fusion dégoutante entre Harry Potter et Edouardo Pisani. Ce moutard est répugnant, et il sera à l’écran l’essentiel du film.

Empathie.

Empathie.

Je n’ai pas, vous l’aurez noté, pointé cet enfant-acteur tout nul comme un défaut. En effet, son côté horriblement agaçant et parfois dérangeant dans l’ampleur de sa connerie va contribuer à un procédé involontaire, mais rare : la transformation du tueur du film en créature éminemment sympathique dont on espère bien qu’il va réussir à liquider l’ensemble du casting en leur faisant le plus mal possible. Parce qu’ils sont super pénibles et que lui est plutôt chilly.

Je brûle un peu les étapes. Au Service de Satan, c’est avant tout une histoire pleine d’absence de rebondissements. C’est le jour d’Halloween sur la petite île de chaispasquoi (mais c’est une île voilà, on peut pas y aller sauf en hélico, d’où peur, bouh). Le petit Douglas -notre tête à claque- est un accro aux jeux vidéos (c’est mal), amoureux fou de sa grande sœur (cherchez pas, c’est le côté insulaire), qui passe ses journées à jouer à « Satan’s Little helper », un jeu vidéo réalisé avec des diapositives MS Paint où on doit faire de mauvaises actions pour aider le diable à triompher. Déguisé en diablotin, donc, il va passer la soirée avec sa sœur (qui pourrait presque être sa mère), son petit ami (pauvre Stephen « not the british actor » Graham), et sa maman (une vieille folle « tout le temps stone » comme si c’était une excuse pour jouer aussi mal).
Ah oui parce que sans explications particulière de la part du scénariste, il est établi que la plupart des adultes sont tout le temps « stone » sur cette île, du coup, ils remarquent pas les trucs bizarres autour d’eux.
Au bout de dix minutes, t’as déjà envie d’enterrer toute cette clique de mongoliens sous dix tonnes de déchets dangereux. Les personnages font et disent n’importe quoi, ne bitent pas une seconde ce qui leur arrive, sont lents et mous, et baignent dans une ambiance mi-incestueuse mi-plouc dans des décors qui évoquent assez farouchement le début des années 90, comme si le réalisateur avait remonté le temps pour filmer Miquelon-Langlade en train de fêter la réélection de Mitterand tout en essayant de nous vendre un truc se déroulant en 2004.

Avez vous liquidé votre backlog GBA ?

Avez vous liquidé votre backlog GBA ?

Le même jour, le psychopathe incendiaire local est bien entendu remis en liberté et commence, déguisé en Satan, à tuer des gens pour de vrai sur l’île.
Suite à un imbroglio complètement basé sur le fait que Douglas soit manifestement attardé, ce dernier va croire que le tueur est VRAIMENT le Diable, et à traîner joyeusement avec lui pendant qu’il commet des meurtres. A noter que selon les moments du film, le petit semble conscient que c’est un jeu, et à d’autres pas du tout. N’y voyez pas une analyse profonde de la psychologie infantile, mais plutôt d’énormes erreurs dans le ficelage du scénar.

Pendant une heure et quelques, le tueur va donc déambuler dans une ville de débiles légers incapables de différencier une vraie pendaison d’une mise en scène, et dézinguer la moitié du casting en se faisant passer pour diverses personnes pour brouiller les pistes de manière tout sauf subtile. Mais dès le troisième meurtre, une bande de maboules va commencer à piller et à brûler le bled en étant persuadés que c’est la fin du monde. La encore, les habitants semble coup à coup persuadés que les meurtres sont faux puis que les meurtres sont vrais, mais là encore, faut pas trop chercher de cohérence.

Les tronches des figurants ne sont pas franchement mémorables, malgré les efforts de costumes et de grimaces.

Les tronches des figurants ne sont pas franchement mémorables, malgré les efforts de costumes et de grimaces.

Tout ceci sera entrecoupé de quasi agressions sexuelles (à moitié consenties par la grande-sœur parce que persuadée que perpétrée par son copain -ah bah ça va alors- insulaire on vous dit), de gens étripés vifs, ou emballés dans du film alimentaire, ou découpés pour tracer des smileys de sang, ou juste tués à coup de pelle, notre tueur fou ayant un mal manifeste à fixer un mode opératoire. Peut-être parce qu’il est trop occupé à ne pas énucléer le petit crétin qui l’accompagne en hurlant « vas y, Satan, emmène-moi en enfer » !

Sexe oral habillé à travers un gros masque de latex. La pudibonderie américaine m'étonnera toujours

Sexe oral habillé à travers un gros masque de latex. La pudibonderie américaine m’étonnera toujours

Le film opère un renversement spectaculaire sur la fin : une scène de bal qui verse quasiment dans la comédie d’horreur, le tueur qui commence à faire des doigts aux passants, puis qui se déguise en Jésus pour mettre à bien un plan vraiment inutilement compliqué, puis divers retournement finaux qui virent à un home invasion façon Surprise-sur-prises, et une conclusion ouverte d’une connerie totale. On sent presque le réal balancer le scénar en l’air en hurlant qu’on a qu’a pas tourner les vingt dernières pages et que finir par un fondu au noir sur n’importe quoi suffira amplement, vu le destin auquel est promis le film -semi culte, on vous dit-

Sous le *pouet pouet* de Satan

Sous le *pouet pouet* de Satan

Est-ce que j’avais vraiment besoin de m’infliger ça pendant une heure trente de ma vie qui ne reviendra jamais ? J’aimerais vous répondre non, tellement les questions rhétorique me foutent la pression, mais je vais quand même braver la logique et répondre par une autre question comme un vieux rabbin jeanfoutre : est-ce que c’était si mauvais que ça ?

Si certains ont qualifié Au Service de Satan de semi cult, c’est parce qu’il est à certains égards assez unique. Difficile à situer dans le temps et dans l’espace, le film a l’air de se passer n’importe quand sauf au début des années 2000. Le grain de l’image, très DTVHS 80’s, les fringues, les coiffures et les costumes très 90’s, les décors moches et gris quand même bardés d’éléments naïfs et fluo, le faux sang et les faux boyaux qui évoquent du sirop de grenadine, les acteurs à côté de la plaque, les péripéties improbables étirées dans tous les sens, les personnages adultes qui évoluent défoncés et hagards… Le film a un côté bizarre, raté certes mais raté d’une manière insolite. Vous préparez une omelette, et c’est un mauvais gaspacho qui sort de la cocotte, avouez que c’est pas piqué des vers.

7

Des blagues de Drag-queen, comme si on était vraiment dans les Guignols de l’Info sous le premier mandat de Chirac.

Les personnages dans Au Service de Satan sont tellement cons qu’ils finissent par créer un atout inatendu à la péloche à mesure qu’elle commence à verser dans la pure comédie involontaire : le tueur en série masqué apparait progressivement comme un petit gars super sympa. Se foutant ouvertement de la gueule de cette bande de caves, multipliant les facéties et les pantalonnades, il traverse le film comme une sorte de commentateur muet de la vacuité des autres. On devient complice de sa cavale meurtrière en slow motion, en se demandant pourquoi, au fond, il faudrait vraiment être opposé à ses actions. Tuer des gens, c’est mal, ok, mais quand ils sont super énervants ?

Les tripes sont assez clairement des bouts de tuyaux en plastoc rempli de colorant rouge fluo (comme ceux d'une vraie personne, si j'en crois la plupart des films vus ces vingt dernières années)

Les tripes sont assez clairement des bouts de tuyaux en plastoc rempli de colorant rouge fluo (comme ceux d’une vraie personne, si j’en crois la plupart des films vus ces vingt dernières années)

Puisqu’ils sont sur cette île tous idiots, et trop bêtes pour arriver à l’arrêter alors qu’ils laisse 200 preuves par meurtre et se déplace à deux à l’heure, après tout, pourquoi le contrarier ? C’est le seul à faire ce que le spectateur agacé voudrait faire avec tous ces guignols geignards : libérer ses pulsions meurtrières, arracher les personnages ratés du scénario et les clouer sur la tête du réalisateur en lui demandant de s’expliquer. Plutôt qu’un slasher, nous voilà face à un insolite navet de clown tueur cabotin. L’Evil clown est un genre qui semble voué à être complètement raté et ringard en soi, sauf quand dans le cas qui nous occupe le réalisateur semble avoir fini par en arriver là un peu au pif, sans trop savoir où il allait.

La fin du film lâche la bride au nawak le plus complet.

La fin du film lâche la bride au nawak le plus complet.

A noter aussi la présence des habituels plans-nichons inutiles, un cunni pratiqué par un type masqué dont on se demande bien comment il a fait (ARE YOU A WIZARD SATAN), et diverses scènes du même ordre qui nous rappellent pourquoi la plupart du temps, les personnages principaux des films d’horreur ne sont pas des enfants de moins de douze ans.

Mwo tro mignon

Mwo tro mignon

Au Service de Satan est disponible un peu partout en DVD pour le prix de deux cafés et inédit en VOD. Je laisse la question de savoir si ça les vaut aux historiens du cinéma.

 

Tagué , , ,

Haiktualité #12

Bonjour à tous, je n’ai pas blogué ces temps-ci parce que j’étais un peu à plat et que j’ai commencé à jouer à Dark Souls, le jeu ou même les huîtres peuvent te tuer, c’est assez addictif. Récemment, des déplaisants ont lancé tout un tas d’attaques odieuses envers des personnalités féminines, féministes ou non, en menaçant d’aller leur faire des trucs très moches, à peu près pour le seul motif qu’elles sont sorties de leur cuisine.
Voici donc un Haïku absurde.

Sans compter Hollandine

Giscarde, Sarkotte
Mitterande, Pompidette
Chiraqueline

Fight the powa et tutti chianti, je reviendrai demain avec des choses beaucoup plus intéressantes.

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 548 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :