Liberté, Egalité, Choucroute (1984)

En général, quand on entend parler de l’Irak aux nouvelles, c’est pas pour annoncer une bonne nouvelle, et ces derniers mois ne font pas exception. Il faut au moins remonter à 1984 pour trouver une vision relativement glorieuse et opulente de Badgad, vision opulente et glorieuse qui constitue l’étonnante ouverture du film Liberté, Egalité, Choucroute un peu de la même manière que ce paragraphe constitue une introduction opulente et glorieuse au dernier film réalisé par Jean Yanne. (après il a rejoint les Grosses Têtes : le début de la fin)

CoverChoucroute

Printemps 1789, Bagdad. Le calife Shazaman al Rachid (Jean Poiret) s’ennuie et désespère de trouver une nouvelle machine de torture pour remplacer le pal vieillissant. Son vizir, Raymond Ben Mousmoul (Daniel Prévost en roue libre) lui propose un voyage à Paris au Salon du Bourreau où un certain M.Guillotin vient présenter sa nouvelle invention. Emmenant Shéhérazade (Catherine Alric) dans ses valises, il s’envole donc vers une France agitée par la fièvre révolutionnaire.

La partie arabe de pacotille est étrangement mieux faite que la partie Paris de pacotille.

La partie arabe de pacotille est étrangement mieux faite que la partie Paris de pacotille.

A Paris, le tyrannique patron de presse Marat (Jean Yanne lui-même) complote contre l’aristocratie tout en maltraitant ses employés, dont fait partie Charlotte Corday (Mimi Coutelier, épouse de Jean Yanne reconvertie dans l’immobilier pour stars). Alors que les "socialistes" Danton, Robespierre et compagnie (on reconnaîtra un jeune Gérard Darmon ou l’improbable Olivier de Kersauson dans le tas) sont partisans de réformes molles qu’ils se proposent aimablement de mener entre deux cocktails au night club "La Bastille", Marat est un partisan de la méthode dure et manipule les Sans-Culottes (dont un Paul Préboist qui cabotine tellement qu’ion dirait qu’il se fout ouvertement de la gueule du film) pour déclencher une révolution violente.

Des aristocrates qui font du rap lol ptdr

Des aristocrates qui font du rap lol ptdr

Le reste est une interprétation assez aléatoire des événements de la Révolution, prétexte à tout un tas de gags plus ou moins inspirés dont un nombre significatif implique de faire semblant de parler arabe et de dérouler des petits rôles distribués à des andouilles reconnaissables pour le spectateur moyen de l’époque : Darry Cowl, Ursula Andress, Gerard Hernandez… Bien entendu, film de Yanne oblige, on enquille les allusions à la politique de l’époque, en particulier les considérations sur la naissance de la gauche caviar, le tournant de la rigueur ou l’immigration. Avec moins d’inspiration, cependant, qu’à l’époque où la droite était au pouvoir.

Shéhérazade, Marat et un sans-culotte.

Shéhérazade, Marat et un sans-culotte.

J’aime bien Jean Yanne, même si sa carrière est pour le moins inégale. Capable d’être un bon gros bourrin beauf autant qu’un metteur en scène de génie, il n’y en avait pas 50 comme lui pour mener des projets aussi dingues que "Les Chinois à Paris" ou "Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ". Jamais au diapason de l’humour du moment, toujours frontal sur les sujets non consensuels, capable d’attaquer tout le monde avec la même férocité, tout en restant étrangement potache.

Ceci dit, on peut pas gagner à tous les coups. Liberté, Egalité, Choucroute n’est pas à proprement parler un mauvais film. Jean Yanne applique une recette qui marche, et qui a déjà marché dans pas mal de ses autres travaux : des anachronismes, des gags un peu cartoon, des personnages pleutres évoquant vaguement l’actualité, des accents bizarres, du cynisme et des chansons loufoques. Certaines séquences marchent parfaitement (Darry Cowl qui écrit la marseillaise, l’assassinat de Marat, le salon des bourreaux, la chanson de fin qui sample carrément ghostbusters), alors que d’autres n’en finissent plus de s’enfoncer dans l’approximation et le n’importe quoi. Pas mal de séquences semblent totalement improvisées, et pas dans le bon sens du terme. L’intrigue se traîne, la fin est interminable et assez convenue, et la plupart des acteurs sont mauvais comme des cochons, rendant le visionnage de certaines séquences plutôt poussives (Louis XVI bredouille son texte tel le collégien dans une pièce de fin d’année). Et certains gags sont d’une longueur et d’une lourdeur un peu awkward. ok c’est très amusant des aristocrate qui font du hip-hop, mais est-on obligé de le montrer pendant trois minutes non stop et sans commentaire ?

Gag littéral, probablement le moment le plus drôle du film.

Gag littéral, probablement le moment le plus drôle du film.

Liberté, Egalité, Choucroute donne l’impression tristounette d’une bande d’acteurs, un peu toujours les mêmes, qui font la même blague pour la cinquième ou sixième fois, sans y croire des masses. Ok, ça rappelle les fous-rires des films passés de Jean Yanne, mais c’est aussi une péloche crépusculaire : il n’a pas refait de films après celui-ci, et c’est probablement pour le mieux, il était sur le point de faire celui de trop.

Liberté, Egalité, Choucroute n’est disponible ni en DVD, ni en VOD : je ne l’ai donc pas vu.

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Faire les jeux Mario, Wario et Donkey Kong dans l’ordre chronologique du Scénario : AUCUN PROBLEME !

Nous avons vu hier à quel point jouer selon l’ordre du Canon était une chose merveilleuse. J’avais volontairement mis de côté le cas de Mario, Wario et Donkey, car ça mérite un article à part, tellement la question est une formidable patate chaude capable d’alimenter les débats pendant encore des années. Mais vous allez voir que si on commence à creuser avec une bonne pelle et un peuu de bonne volonté dans le DEEP LORE du Marioverse, on peut caser absolument TOUS les jeux dans une même chronologie ! Bien entendu, c’est sujet à débat, mais je suis persuadé d’avoir raison sur au moins 83% des faits que je vais avancer.

Beaucoup, beaucoup de thèses s’affrontent pour essayer de donner une cohérence à l’ensemble et prendre Nintendo à son absence de jeu (oui parce que Nintendo s’en fout, hein. Crétins.)

Voilà donc une théorie possible et quasiment sans failles : Dans le passé, Cranky Kong affronte Jumpman après l’enlèvement de Pauline. Capturé, il sera finalement libéré par Donkey Kong Junior, son fils. Devenu grand, Junior il ira se venger en détruisant la serre de Stanley, le père (adoptif, Super Mario Galaxy suggérant à demi mots que Mario est un Extraterrestre) : c’est la première trilogie Donkey Kong. Puis la famille Kong ira se retirer sur son île et la troisième génération, celle de Donkey Kong, finira par trouver une forme d’équilibre et finira par se réconcilier avec le Royaume Champignon. C’est une autre histoire, mais ils vont par contre avoir de sacrés emmerdements avec des crocodiles humanoïdes et des masques vaudous. Donkey ne reviendra que plus tard au royaume champignon, à cause d’un incident dans une usine de jouets.
Mario n’a donc rien à voir avec tout ça : c’était encore un bébé, d’ailleurs trouvé et recueilli par les Yoshi (comment expliquer que les Yoshi l’aident au péril de leur vie quand il est grand, sinon ?). Dans son enfance, Mario est traumatisé par les "Shyface". Ce sont les événements racontés dans Yoshi Touch and Go, Yoshi’s Island, Yoshi’s Island DS et Yoshi’s New Island (racontés du point de vue adulte de Mario, ils comportent des incohérences, comme la présence de Luigi, que Mario a rajouté dans ses souvenirs suite à des traumas ultérieurs). Au passage, notez bien qu’à cette époque, c’est Kamek et non Bowser qui règne sur les forces du mal. Aucun jeu ne raconte à ce jour s’il a été renversé et asservi par Bowser où s’il a créé Bowser lui-même -c’est probablement lui qui le ramène plusieurs fois à la vie…-
Durant son adolescence et ses premières années d’adulte, Mario effectue divers métiers (ouvrier dans Mario Cement factory) et effectue son service militaire (Mario’s Bomb Away) et fait même des boulots d’été insolite (Jongleur, ouvrier dans une usine de cookies ou travaillent aussi des Yoshis…). Il semble que "plombier" ne soit qu’un surnom qu’on lui a attribué à cause de sa capacité à voyager à travers les tuyaux, puisqu’on ne le verra jamais réellement faire de la plomberie.

"Oui mais.... QUI FILMAIT LAKITU ?"

"Oui mais…. QUI FILMAIT LAKITU ?"

Mario devient adulte et rentre au service de la Princesse Peach (on peut le voir par exemple nettoyer une tour infestée de monstres dans Mario Clash sur Virtual Boy) : il est occasionnellement "prêté" à Daisy où à "Pauline", descendante de la Pauline originale et sœur des deux autres -la géopolitique locale étant plutôt de type Victorien. C’est à cette période que se déroulent les Mario Land. Grassement payé pour ses services, Mario sera anobli et on lui donnera son propre château, qui sera convoité par Wario (Mario Land 2). Wario -c’est important- devient GENTIL à la fin de Mario Land 3 où il devient enfin propriétaire (et n’a donc plus à s’en prendre à Mario). Il vivra ses propres trucs dans son coin, ne visitant ses amis du royaume champignon que pour faire du sport avec ce qui semble être son factotum, Waluigi. Un jeu de propagande anti Wario, Mario & Wario, a été créé par les services du Royaume Champignon entre Mario Land 2 et 3, puis prestement oublié pour ne pas créer d’incident diplomatique.
J’ai une théorie quand au "destin" de Wario : probablement arrivé là par une faille temporelle (sous-entendu que ça lui arrive de temps à autres dans le crossover avec Bomberman), Wario n’a plus aucune raison de faire le mal une fois riche (il finira par avoir DEUX châteaux à son nom). Il fonde une société de jeux vidéo très prolifique (d’où les Warioware et compagnie, dont c’est le véritable scénario…)

Bourgeois (en français dans le texte)

Bourgeois (en français dans le texte)

Un jour, un Dinosaure immortel (car des sorciers-tortues peuvent sans arrêt le ramener à la vie) du nom de Bowser capture la princesse et fait courir la rumeur que les koopa sont le fruit de son viol (démenti plus tard, mais il est possible que les véritables enfants de Bowser soient issus de cette union monstrueuse). Mario vit une brève aventure où, après avoir cherché la princesse partout, il finira par la délivrer (c’est Super Mario Bros 1, et c’est VRAIMENT arrivé, notez pour la suite). A cette époque, son frère (adoptif, fils biologique de Stanley ? "Partenaire Particulier" ? C’est pas clair) est porté disparu et présumé mort (probablement envoyé avant lui pour sauver la Princesse, il a échoué). C’est pourquoi il arrive à Mario, forcément, de perdre un peu les pédales et de s’habiller en vert.
On peut d’ailleurs considérer (même si c’est juste une THEORIE) que Hotel Mario sur CD-i correspond à une époque de "montée des périls" (Bowser prend d’assaut des hôtels, menace la vie de la Princesse, et Luigi est encore vivant). La VF accrédite cette thèse d’un Bowser pas encore très connu et identifié, Mario l’appelant "Bossouère" comme s’il ne savait pas qui c’était. La théorie a pour principale faille (c’est la SEULE) de montrer les enfants de Bowser, ce qui met à mal ma théorie comme quoi c’est Peach leur mère (mais on peut très bien imaginer que Peach et Bowser ont eu une liaison avant qu’il ne décide de l’enlever.

Retenez bien : les dimensions du Marioverse sont instables...

Retenez bien : les dimensions du Marioverse sont instables…

De retour chez lui, Mario s’effondre, épuisé, et a un rêve bizarre (Super Mario Bros 2) où son frère est soudain de nouveau vivant -une version de lui-même QUI SAUTE PLUS HAUT-, ou les monstres sont étranges et ou les clés ouvrent des portes sur le néant. La fin du jeu confirme d’ailleurs ce fait. Ça ne sera d’ailleurs pas le seul rêve chelou de Mario : New Super Mario Bros 2 sur 3DS appartient très clairement au royaume des rêves : Bowser pilote une voiture de clown, Mario vole, et ils parcourt le monde avec son frère pour "ramasser un million de pièces". Je sais que le royaume champi est wacky, mais là c’est n’importe quoi. Ou alors il s’agit d’une expérience que Mario a faite aux portes de la perception, si vous voyez ce que je veux dire. Les deux épisodes portent le numéro "2". Coïncidence je ne crois pas non.
Lors de péripéties inconnues (mais tout reste possible !), Bowser semble faire la paix avec le Royaume Champignon (c’est très important pour la suite)
Super Mario Bros 3, qui s’ouvre sur un rideau qui monte, serait en fait une pièce de théâtre jouée par Mario, des monstres costumés et Bowser recruté pour l’occasion pour rejouer glorieusement son propre rôle. Le royaume champignon étant très chiant, c’est probablement la meilleure distracation que les Toads aient jamais eu (d’où pas mal d’entorses à la réalité, y compris les bateaux volants, dont l’un d’entre eux s’écrasera accidentellement pendant une des représentations). De la même manière, des acteurs en costume réinterprêteront les aventures des ancêtres de Mario dans Donkey Kong sur Gameboy à diverses occasion (versions enjolivées des aventures de papy Jumpman, ou d’ailleurs il sera renommé Mario par les services de la propagande royale).
J’en entends deux trois au fond de la pièce qui me soufflent que Nintendo a dit plusieurs fois que les Koopalings n’étaient PAS les enfants biologiques de Bowser, mais ses sbires. C’est absolument ridicule, cette version sert juste à masquer le népotisme éhonté de Bowser dans la troupe de théâtre du royaume Champi. La raison d’Etat passant avant tout, ces encombrants enfants squattent le pays en tant que membre du corps diplomatique, c’est tout.

C'était là, sous votre nez !

C’était là, sous votre nez !

Fort de ce succès, et de l’argent accumulé par les recettes, la petite troupe, Bowser compris, commencent à alterner vacances dans des destinations de rêve (Super Mario Sunshine), sport de luxe (Super Mario Kart) et activités de milliardaires excentriques (Super Mario Party). Quand Mario s’ennuie, il lui arrive même de jouer à Picross, au flipper, à des jeux de réflexion.. (programme diffusé sur la télévision nationale -la télévision détenue par Bowser est une chaîne satellitaire-.)
Au passage, c’est dans Super Mario Sunshine qu’on découvre Bowser Jr, traumatisé par son père qui lui a affirmé que Peach était sa mère (mais il semble que ça soit un mensonge de Bowser, d’après moi ce sont ses autres enfants qui sont métis, lui étant le seul "pur dinosaure" de la lignée, et donc héritier légitime. Peut-être que Bowser voulait le "tester", ou lui cacher un secret encore plus profond -sa véritable mère ???-)
Quand des menaces extérieures viennent troubler la paix du royaume, ils sont par ailleurs capable de s’allier (tous les Super Mario RPG s’intègrent bien dans cette théorie, même si on y croise un Bowser aussi bougon qu’un Végéta ayant mal dormi). C’est pour ça que les Mario RPG semblent si différents des autres Mario : ce sont ceux qui se passent VRAIMENT dans la réalité, quelques années après Super Mario Bros 1 (c’est une des occasions rares de vraiment découvrir le Royaume Champignon contemporain autrement que par le biais de la fiction dans la fiction, d’accord ?)
Des déclinaisons de la pièce originale, modernisés et plus pyrotechniques (peut-être des téléfilms) sont réalisés au royaume champignon (New Super Mario Bros U…), et même des long métrages spectaculaires impliquant des Yoshi dressés (amis de Mario depuis l’enfance et sur des générations !), des bateaux fantômes (Super Mario World), etc. Toute une mythologie se greffe autour du personnage héroïque de Mario, qui est même amené à être le héros de logiciels universitaires ou éducatifs (Docteur Mario, Mario is Missing, Mario Typing, Mario Paint, Time Machine…).

Mario World : Aucune démocratie, et tout problème sera réglé par l'envoi d'un commando de la mort de la nomenklatura.

Mario World : Aucune démocratie, et tout problème sera réglé par l’envoi d’un commando de la mort de la nomenklatura. Les étrangers, même si on les aime bien, sont des "singes"

Bien sûr, tout n’est pas rose : par exemple, un des fils de Bowser semble avoir réellement pété un câble et tente d’enlever Peach dans New Super Mario Bros (DS) après avoir assassiné son père (d’où son absence jusqu’à la fin du jeu où il est ramené d’entre les morts) : probablement pour essayer de déterminer s’il s’agit de sa mère biologique. Il est possible que la version Wii soit d’ailleurs une réinterprêtation théâtrale des événements survenus dans l’épisode DS. Ca semble se confirmer avec une "nouvelle version" de cette pièce de théâtre, plus spectaculaire (l’épisode New Super Mario Bros Wii U) : une vieille habitude du royaume Champignon, ces grandes fresques de propagande. Une fois de plus, Bowser accepte de jouer son propre rôle et convainc son fils, revenu à la raison, de faire de même.
Il semble d’ailleurs que Bowser Jr soit l’héritier légitime, les autres fils semblant lui obéir (peut-être est-il donc le seul à ne pas être métissé avec une humaine ?)

"Belle Maman"

"Belle Maman"

Mais, et Luigi, me direz vous ? Il n’était pas supposé être mort ? Aucun problème, une fois que Bowser est redevenu gentil, ses sorciers (Kamek, peut-être d’autres ?) l’ont probablement ramené à la vie, ce qui explique PARFAITEMENT son rapport aux fantômes (on va y revenir) ainsi que son côté un peu inquiétant.

Bon, ceci étant établi, vous me direz qu’il reste encore bien des mystères, entres autres ceux des épisodes 3D ? Aucun problème. Au début de Super Mario 64, on nous explique très clairement, et graphiquement, que tout est filmé par Lakitu et ses frères. Les épisodes en 3D sont en réalité des émissions de téléréalité (il faut vivre avec son temps). Comme deux saisons de Best Ink peuvent se ressembler, il arrive que deux saisons de Mario 3D soient un peu trop ressemblantes (Super Mario 64DS, adaptation sur portable d’une vieille saison). Super Mario Galaxy fait peut-être exception et s’est peut-être vraiment déroulé (il s’agirait d’une quête des origines extraterrestres de Mario), mais il peut aussi s’agir d’un Blockbuster des studios de cinéma locaux. Sinon, il faudrait trouver une raison d’expliquer pourquoi Bowser est à nouveau méchant (peut-être un coup d’état, une manipulation où un sosie…) ? Le dernier épisode, sorti sur Wii U (3D world), est évidemment une sorte de reality show à la Takeshi castle, vous imaginez les gens se mettre à courir partout en costume de chat pour de vrai ?

Et Smash Bros ? Et Yoshi’s Story ? Et Paper Mario ? Super Mario All Stars ? The Lost Levels ?

Pas de panique. Véritables "jeux dans le jeux", All Stars est un jeu vidéo auquel peuvent effectivement jouer les enfants du Royaume Champignon pour revivre les aventures du héros national ainsi qu’une partie de ses rêves hallucinés et des premières pièces de théâtre de la troupe (The Lost levels, au passage, raconte le voyage de retour de Mario chez lui après SMB 1, c’est pour ça qu’il était exténué et tombe dans le coma). C’est comme jouer aux aventures de De Gaule, des Doors et de Guillaume Galienne en même temps ! Même chose, bien sur pour les Super Mario Advance…
Yoshi’s Story, c’est très simple : le livre est ostensiblement un LIVRE POP-UP pour enfants. C’est une histoire que les petits Yoshis se racontent. Le Lore n’a jamais été aussi Deep, c’est comme ça qu’on peut découvrir les tréfonds du folklore local. En parlant des Yoshis, ils vivent leurs propres trucs dans leur coin (Universal Gravitation, par exemple, ou Yoshi’s Safari).
Pour Paper Mario, c’est facile : il s’agit également de livres de jeu, où de livres d’autocollants. C’est pas bien compliqué, vous croyez vraiment que les gens peuvent être en 2D ou en autocollants ? DUH. Il s’agit d’un divertissement prisés par les petits Toads pendant les vacances scolaires qui réinventent les aventures du héros national en imaginant un peu n’importe quoi. Ca se voit que le truc est imaginé par des Toads (= non humains), d’ailleurs : la société Toad y est plutôt détaillée, alors que les autres humanoïdes (comme le comte Niark et ses sbires) semblent réduits à des caricatures étranges et exotiques.
Le cas Smash Bros est plus complexe : pourquoi tout ce beau monde se battrait dans des arènes (dont beaucoup de ruines ?). Une théorie voudrait qu’un événement futur (ou qui se serait passé suite à la DEFAITE de Mario dans un des jeux se déroulant dans la réalité) ait conduit à un événement de type "One King" (cf Suikoden Tierkreis) et que les différents univers Nintendo aient été sauvagement fusionnés, causant fracas et destruction… Les survivants sont logiquement les plus puissants (Zelda, Mario, Kirby…) et luttent à mort pour leur survie dans ces arènes hostiles de lave et de précipices… Il s’agit donc d’une itération post-apocalyptique particulièrement sombre.

... Et il y a des créatures ultra flippantes au fond des décors de Super Mario Galaxy...

… Et il y a des créatures ultra flippantes au fond des décors de Super Mario Galaxy…

Non, mais quand même me direz vous, et Mario Vs Donkey ? Et Yoshi’s Wooly World ? Et Captain Toad ? Et Luigi’s Mansion ?

La question des Mario vs Donkey Kong est simple à résoudre si vous vous souvenez du début de l’article : Mario a plusieurs fois été prêté à Pauline (probablement la petite fille de la Pauline de Jumpman) pour résoudre ses problèmes. Or, il semble que des cambriolages dans des usines de jouet soit de son ressort ? Ces jeux se déroulent à une date indéterminée entre Super Mario Land 1 et Luigi’s Mansion 1. Maintenant, pourquoi Donkey cambriolerait une usine de jouet et recommencerait les conneries de ses ancêtres ? Bah parce que bon, ça reste des délits mineurs, et rien ne prouve que Donkey kong soit si sympa que ça (on en sait rien, en fait, on sait juste qu’il aime porter des cravates, écoute du rap et protège farouchement son stock de bananes). Le passé des deux familles étant compliqué, on peut imaginer que tout n’est pas réglé… On peut le voir dans Pagaille à Mini Land : Mario et Pauline ne sont pas franchement sympas avec lui, même si leurs rapports finissent toujours par retrouver une forme d’équilibre. Notez au passage comment Donkey et son clan vont et viennent dans les activités de "loisir" de la famille royale au gré des tensions (par exemple, ils ne viennent plus aux "Mario Parties")
Yoshi’s Wooly World, annoncé pour 2015, est encore mystérieux, mais on peut imaginer l’insérer dans le canon en considérant qu’il s’agira d’un nouveau livre-jeu, ou d’un livre de conte folklorique comme Yoshi’s Story.
Captain Toad mettra en scène la vie économique du Royaume Champignon, aucun problème non plus : il peut se placer n’importe où entre SMB 1 et Luigi’s Mansion.

Grosse fatigue

Grosse fatigue

Reste donc le cas très particulier de Luigi’s Mansion, jeu qui peut mettre mal à l’aise par son contexte glauque et macabre. Si vous vous souvenez bien, Luigi a donc une connection étrange avec le monde des morts. Luigi semble ne plus vieillir depuis son retour du Styx, aussi, quelques années après les événements de la vie réelle (les mario RPG et les émissions de téléréalité), il "hérite" du fameux manoir hanté ou Mario est retenu prisonnier. Il est vraisemblable que Mario, âgé, ait été exécuté par le Roi Boo et que son âme ait été attachée à un tableau (c’est ce qui explique que Mario, comme Luigi, n’ait pas vieilli. Les théories qui parlent du fait que "les italiens ne vieillissent pas, ils deviennent juste plus gros" sont idiotes et offensantes). Le Roi Boo "résuscite" Bowser avant d’être battu par Luigi. Illogique ? Non, il est probable que Bowser soit mort de cause naturelle ou autre quelque part entre Super Mario World U et Luigi’s Mansion 1, et que le Roi Boo n’ait ramené à la vie que ses mauvais côtés de jeunesse. Le Roi Boo n’apparaissant pas vraiment dans la franchise jusqu’à cet épisode, il a été plusieurs fois suggéré par des cuistres qu’il pourrait s’agir du fantôme de Bowser (n’importe quoi).
Luigi’s Mansion 2, si on oublie les épisodes situés dans notre monde (on y vient juste après) et browl, est le dernier jeu de la Timeline Mario. le fantôme du Roi Boo Détruit la lune, tue "Mario de peinture" (qui était déjà un réceptacle pour l’âme du mario d’origine) et Luigi doit une nouvelle fois l’emprisonner. Mario est sauvé à nouveau, mais que reste-t-il de vivant en lui ? Son âme a été transmutée deux fois, et son corps n’est plus qu’une boîte de troisième main… Une théorie qui se tient : si Luigi échoue lors de Luigi’s Mansion 1 ou 2, le Roi Boo fusionne les univers pour régner sur l’ensemble de la création. Des Clones de Mario et de Sonic d’autres dimensions sont projetés dans notre monde, et il ne reste à la place du royaume Champignon que le monde Super Smash Bros, en ruines.

Théorie alternative : Daisy est un médium et Luigi est toujours un fantôme...

Théorie alternative : Daisy est un médium et Luigi est toujours un fantôme…

L’honnêteté intellectuelle me pousse quand même à citer la théorie "Luigi est toujours Mort / Daisy est un monstre psychopathe". C’est basé sur des trucs assez foireux issus de creepypastas : en effet, dans Luigi’s Mansion, on peut clairement voir une ombre de Luigi pendue, etc. Mais pour moi, c’est surtout du au fait que Luigi a une connexion forte avec l’au-delà…

Heu… Et Le film live ? Et le vieux dessin animé américain ? Et la série télé où ils étaient vraiment plombier ?
Lors de l’événement ayant conduit à l’écroulement des univers Nintendo et ayant mené à Smash Bros, des failles temporelles nées d’ondes magiques semblent avoir envoyé dans notre monde tout un tas d’informations immatérielles qui n’ont été captées que par des gens complètement fous aux USA, qui ont décidé de faire leur propre version de la saga de Mario. Le résultat n’a rien à voir avec le reste de l’Univers, mais soilà, c’est canon aussi. Ces failles temporelles peuvent expliquer les continuités bizarres où Mario et Sonic dérivent dans des mondes proches du notre (Mario & Sonic aux Jeux Olympiques, par exemple)

Peut-être que Mario Party 8 contient une scène hallucinée du futur ou Wario doit lutter seul et en vain contre King Boo ? Horrible, horrible futur...

Peut-être que Mario Party 8 contient une scène hallucinée du futur ou Wario doit lutter seul et en vain contre King Boo ? Horrible, horrible futur…

J’ai l’impression de ne pas avoir été tout à fait clair alors j’ai fait un dessin.

Cliquez pour élargir (ce n'est pas sale)

Cliquez pour élargir (ce n’est pas sale)

J’ai oublié de mettre une image de l’émission de télé avec Donkey Kong sur Antenne 2, je note ça pour la version 1.1

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L’Ordre Chronologique du Canon

En janvier 2014, j’ai décidé de commencer un monument du jeu vidéo qui m’avait toujours échappé, aka Metal Gear Solid 3. Malgré une passion certaine pour les autres épisodes (j’ai par exemple fait QUATRE FOIS MGS 1), je n’avais simplement jamais pris le temps de jouer à celui-ci.

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J’ai bien entendu adoré (faisons fi des polémiques stupides, et veuillons bien admettre que MGS 3 est un des plus réussis de toute la série), mais j’en suis ressorti avec l’impression dérangeante que si on regardait un film retraçant tous les Metal Gear chronologiquement et bout à bout, on obtiendrait une gigantesque boue incohérente. Alors j’ai décidé de vérifier ça par la meilleure des méthode : l’expérience.
J’ai donc commencé à jouer à Metal Gear dans l’ordre chronologique du canon de la série, enchaînant ainsi le méconnu (mais canon !) Portable Ops à MGS 3, et m’apprêtant à me lancer dans la grande aventure Peace Walker.
Je n’avais pas suivi de très près l’actualité de Metal Gear avant de commencer ce projet, aussi ai-je été un peu refroidi en apprenant que MGS 5 (situé chronologiquement entre Peace Walker et Metal Gear) serait coupé en deux jeux, dont une demo technique de 2 heures.
Je décide donc de ralentir le rythme, considérant que statistiquement, il me reste une cinquantaine d’année avant de mourir pour savoir si Kojima avait vraiment une vue d’ensemble ou s’il s’est juste contenté de mettre des rebondissements et des freaks au hasard de ses lubies.

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Quand un cosplay relativement réussi ressemble à ça, c’est que quelque chose se passait mal dès le départ.

 

Néanmoins, la graine est plantée : découvrir (ou redécouvrir) des séries par ordre chronologique de déroulement des événements est devenu plus qu’un hobby : une règle d’or. Bien sûr, le tout pouvant être parfois indigeste (surtout parce que ça implique des sauts technologiques et qualitatifs parfois brutaux, imaginez le moment ou je vais alterner PS4 et émulateur MSX pour découvrir comment Big Boss est devenu méchant), je le pratique avec lenteur, mais méthode. Et bientôt, VOUS AUSSI !
Entrez avec moi dans l’Ordre du Canon.

Le jeu est simple :

1) Une série de jeux vidéos avec AU MOINS TROIS EPISODES
2) Ces Trois épisodes ne se déroulent pas dans un ordre chronologique (l’un d’eux est donc une préquelle ou une interquelle)
3) Tu branches la manette et tu joues dans l’ordre chronologique de l’histoire, même si la série commence en aventure textuelle dans les années 70.
4) ????
5) Profit !

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Les Dix Avantages Incontestables à Jouer selon l’Ordre du Canon

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Bienvenue dans l’Elite !

-> Vous serez probablement le seul de votre entourage à faire ça.

Sérieusement, nous sommes encore moins nombreux avec notre fétiche étrange que les communautés les plus suspectes de doctissimo ou de clip4sale. Jouer à des jeux obscurs de manière obscure, c’est quand même la belle vie.
Si une communauté rassemblait tous les gens qui font ça, cet article aurait été beaucoup moins relou à écrire.

-> Vous prenez les développeurs à leurs propres pièges, et vous êtes parfois bluffé.

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Alors que certaines séries ont très manifestement été conçues dans un grand esprit de nawak (le tout premier Castlevania était supposée être un film où dracula était joué par "Christopher Bee"), d’autres sont farouchement cohérente, même quand les épisodes ont été écrits avec dix ou quinze ans d’écart. L’Univers Fallout est un modèle du genre.
C’est assez rigolo de voir que certaines séries dont les épisodes sont réputés stand alone se chronologiquent -le verbe n’est pas breveté- bien mieux que d’autres qui prétendent avoir une timeline en béton armé. La Timeline des Might and Magic est ainsi beaucoup plus lisible et cohérente que celle des Tomb Raider, par exemple (d’où l’idée de dynamitage/reboot récent, d’ailleurs).

-> C’est parfois passionnant (parfois moins)

wat

wat

Saviez vous que si on inclut certains jeux obscurs dans le canon de l’univers Mario, Wario et Bomberman sont dans le même univers ? Plus sérieusement, cette pratique fait voir certaines séries d’un angle complètement différent. Metal Gear, par exemple, n’est certes pas toujours très cohérent (même à l’intérieur de chaque épisode), mais faire une relecture 1960 – 2020 des événements est assez spectaculaire.
Dans d’autres cas (Langrisser, Ys), la mythologie s’en retrouve assez fortement renforcée. Prenons YS, par exemple : Origins est non seulement une excellente préquelle, mais aussi une des seules façons de trouver un intérêt quelconque à YS I, qui, sans ce background solide, est juste un vieux zelda-like chiant (on a beau replacer dans le contexte, il y a des limites).
D’autres fois, c’est moins convainquant, bien sûr (rejouer à Wasteland avant le premier Fallout ? Pourquoi pas, mais il faut s’accrocher à son slip).

-> C’est une expérience plutôt variée

Trivia : quand j'étais gosse, j'étais persuadé que le nom de Samus était "Metroïd".  J'y ai joué avant de savoir lire, en même temps.

Trivia : quand j’étais gosse, j’étais persuadé que le nom de Samus était "Metroïd". J’y ai joué avant de savoir lire, en même temps.

Certaines franchises ont tellement évolué que certaines chronologies impliquent des expériences de jeu très variées, forcément moins tranchées si on joue par ordre chronologique de sortie (ces variations de gameplay suivent souvent des tendances du moment). C’est très amusant, par exemple, d’enchaîner Metroid sur nes avec les Metroid Prime, puis de passer sur gameboy, etc. Sur certaines séries, ça change complètement de la monotonie de "tel épisode ressemble au précédent". On réalise aussi parfois avec perplexité que certains jeux très anciens proposaient des expériences de gameplay ou de narration bien plus élaborée que leurs ancêtres plus poussés technologiquement (le numéro derrière un Suikoden n’est ainsi pas du tout un indicateur de sa complexité !)

-> Ça dépoussière des vieilleries ou des underdogs méconnus

Ne mentez pas, vous n'avez aucune idée de ce que c'est.

Ne mentez pas : vous n’avez aucune idée de ce que c’est.

Sérieusement, vous avez joué aux vieux Ys ? A Metroid II? A tous les Megaman X ? A Resident Evil Zero ? C’est vraiment l’occasion idéale d’éponger quelques insomnies en revisitant les coins obscurs de la ludothèque mondiale et pouvoir dire sans rire que vous avez vraiment joué à ce Silent Hill où on incarne un camioneur arrivé là complètement par hasard et ou la sorcière des épisodes ultérieurs déblatère des trucs incohérents en jogging.

-> Ça pousse à se documenter sur tout un tas de jeux

Dans un prochain article, je vous expliquerai comment un Bad Ending de Luigi's Mansion a pu causer ça dans notre univers.

Dans un prochain article, je vous expliquerai comment un Bad Ending de Luigi’s Mansion a pu causer ça dans notre univers.

Une fois qu’on a commencé, ça donne grave envie de mettre les mains dans le cambouis et de disséquer le pourquoi du comment d’une série. A quel moment tout a commencé à partir en couille pour Mega Man, par exemple (épisodes 3D à la con, épisodes sur PSP, Megaman X 6 qui manque de faire arrêter totalement la franchise, etc.), comment Mario a eu droit à ses propres RPG bizarres qui ont clairement inspiré le récent South Park, pourquoi Metal Gear Acid (qui n’est qu’un rêve où un bad trip de Snake) ou Ghost Babel, pourquoi tels épisodes ne sont jamais sortis en Europe… Une bonne occasion de s’abonner à Noco et de se refaire l’intégrale Retro & Magic.
Sérieusement, j’ai même commencé à lire le Manga Metroid, parce que c’était une préquelle à la vie de Samus.

-> C’est l’occasion de commencer des séries qui vous avaient échappé

Et amusez vous à essayer de placer Mana Khemia dans la chronologie, tiens.

Et amusez vous à essayer de placer Mana Khemia dans la chronologie, tiens.

Typiquement quand une préquelle sort tardivement, comme dans le cas de YS. Ou si on veut se faire du mal, Suikoden, même enchaîner le IV+Rhapsodia et le V étant l’équivalent de se faire bifler par la Boule de Fort Boyard la nuit sur la banquise avant de se faire masser dans un sauna par six Thaïlandaises pour le nouvel an. Mais pas uniquement : je n’avais pas trop touché à un Megaman depuis que je suis gamin, et j’ai pour projet de me faire tous les épisodes "normaux" et "X" dans quelques temps, une bonne occasion de jouer à tous ceux qui sont sortis entre 2000 et maintenant, quand j’étais trop occuper à jouer à Europa Universalis.

-> C’est une expérience non hachée qui marche bien avec des arcs narratifs "terminés"

Si tu le dis !

Si tu le dis !

Bon, je sais que les Metal Gear sont encore un peu pas finis, mais on peut raisonnablement penser que après The Phantom Pain, l’arc Big Boss sera fini ->insinuant que Kojima ne va pas rebooter Metal Gear 1 et 2-. Après 27 ans de suspense, la révélation finale de Metal Gear sera enfin raccordée avec le passé de la Timeline. Peut-être.
Une fois qu’on sait qu’une série ne bougera plus ou plus beaucoup (Metroid, Resident Evil*, Langrisser, Suikoden…), c’est un moyen parfait d’avoir une vue d’ensemble de la Big Picture, et de réaliser que les développeurs avaient fait n’importe quoi depuis le début (ou décident de complètement se renier, Might and Magic, c’est à toi que je cause). Attendre qu’une série soit totalement bouclée évite aussi le phénomène de "Broad Stroke" : les créateurs qui décident soudain que toute une partie de l’univers n’est plus canon pour coller à un semi-reboot, ce qui arrive assez souvent dans Sonic ou Elder’s Scroll, par exemple.

-> En un ou deux ans à ne faire que ça, vous pouvez probablement faire toutes les séries qui méritent de l’être

Hum, peut-être deux ans, à la réflexion...

Hum, peut-être deux ans, à la réflexion…

Parce qu’au final, ça fait pas tant de séries que ça. Si, si, réfléchissez. Des séries d’au moins trois épisodes, situés même implicitement dans le même univers (ce qui exclut par exemple beaucoup de Final Fantasy ou les sous-franchises sont rarement durables), ne se suivant pas tous chronologiquement (duh, merci les Uncharted tous situés chronologiquement après le précédent), suffisamment scénarisées pour rentrer dans l’expérience (même s’il existe une Timeline Metal Slug, vous m’en voudrez pas de la snobber) et dont le style de jeu se prête bien à l’expérience ("le scénario des Fifa se suit chronologiquement").

Eh ben au final, il n’y en a pas tant que ça : ils sont presque tous cités dans cet article. (ajoutez en commentaire si vous en voyez qui manquent)

Bon, il y a quand même un petit nombre d’inconvénients ou de difficultés facilement surmontables.

-> Certains jeux sont mauvais

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Bon, forcément, l’expérience implique de jouer fair play, et de ne pas sauter les épisodes tout pétés de certaines franchises (ou au moins, on regarde le film des cinématiques sur Youtube). A cet égard, Suikoden IV est probablement pas la meilleure publicité à faire à la franchise, les vieux c-rpg des années 80 sont injouables. Les Megaman sont passés par pertes et profits, et certains Silent Hill auraient mieux fait d’êtres jetés loin du canon de la série et enterrés sous un milliard de tonne de déchets dangereux.

-> Le Gap technologique et la non-localisation font que parfois, certains épisodes sont tout simplement hors de portée.

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A moins d’aimer les visuals novels entièrement en japonais sous émulateur, difficile de jouer à Radical Dreamers ou à Mother 3 de nos jours (oh attendez on me signale qu’il y a des patches qui existent, merci Internet). Bon, d’accord, tout le monde a tout traduit, c’est merveilleux vive le fandom. Il n’en reste pas moins que ce processus implique de passer de The Phantom Pain à de l’émulation MSX. Ou de jouer aux trois Donkey Kong arcade d’affilée (C’est important de connaître les liens entre Stalney et Cranky Kong !!!).
Certes, ça permet aussi parfois de redécouvrir des pépites du passé, mais c’est assez rare qu’une franchise n’ait pas son épisode oubliable.
Oh et puis zut, ne faites pas les gamins capricieux, toute bonne théorie du développement personnel vous enseignera que chaque année, un mois devrait être consacré à l’apprentissage de nouvelles compétences. Patcher une rom ou apprendre le Japonais me semble un compromis acceptable à votre flemme congénitale.

-> Les épisodes non canon passent à la trappe

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Derpest lore

Tant mieux pour Metal Gear Acid (a noter que Portable Ops est seulement semi-canon), mais tant pis pour tout un tas d’autre jeux : pas mal de bons Castlevania, Fallout Tactics, Legend of Mana (si, si), Metroid Other M, Bioshock 2 (si, si), Silent Hill Shattered Memories, etc.

-> La difficulté purement technique à faire fonctionner l’ensemble

Mais c'est important pour comprendre pourquoi Umbrella a du aller se planquer au bout du monde dans les années 2000

"Mais c’est important pour comprendre pourquoi Umbrella a du aller se planquer au bout du monde dans les années 2000"

Vous allez maudire les séries qui ont un épisode sur Saturn ou sur Dreamcast, ou celles qu’il faut patcher comme un porc juste pour obtenir de l’engrish de google trad. C’est franchement devenu assez rare qu’un titre d’avant 2000 soit complètement introuvable/injouable, mais ça arrive encore. Sur les longues séries, vous allez de toutes façons devoir émuler quasiment toutes les machines existantes.
Oh et puis zut, ne faites pas les gamins capricieux, toute bonne théorie du développement personnel vous enseignera que chaque année, un mois devrait être consacré à l’apprentissage de nouvelles compétences. Faire marcher Dolphin sans que votre PC se mette à ramer tout en améliorant les graphismes de la Gamecube me semble un compromis acceptable à votre flemme congénitale.

-> C’est chronophage

Y'a même moyen de faire ça légalement. DE PLUS EN PLUS !

Y’a même moyen de faire ça légalement. DE PLUS EN PLUS !

Alors oui, je sais, votre pile de jeux Steam que vous avez acheté légalement est très très haute, c’est pas pour commencer à émuler des vieux Shining Force et y passer des dizaines d’heures. Sans compter que certaines franchises versent vraiment dans le "Continuity Porn" : trop d’épisodes canon, trop de n’importe quoi, et à la fin, c’est un film non interractif de 20H pour justifier l’ensemble (je ne vise personne en particulier).
Fuck it, c’est une très bonne occasion d’apprécier autrement le passage du temps et de jouer à plein de variations de la même chose jour après jour, si vous voulez suivre la timeline de Bomberman ou de Kirby. Pas mal de ces jeux sont de toutes façons disponibles dans des rééditions diverses (Steam, eShop, etc.), et ils sont tout le temps en solde.

-> Ça peut ruiner votre enfance

MAIS JE

MAIS JE

J’ai fini Metroid, d’une manière ou d’une autre, quand j’avais 5 ans. En y rejouant, j’ai constaté que non seulement il était désormais trop dur pour moi, mais qu’en plus, il possédait une fin cachée consistant à voir Samus à poil. Pour le premier Megaman, mon cerveau se souvenait très bien du pattern des 6 premiers boss… Avant de chier du sang par tous les neurones face au stage final, complètement inhumain. Super Meat Boy, c’est une blague, à côté. Parfois, les souvenirs qu’on a des choses sont infiniment supérieur à l’expérience qu’on en a vraiment tiré.

-> Un nouveau jeu peut sortir et la c’est le drame !

Viande à "ça a l'air nul".

Viande à "ça a l’air nul".

Heureusement que je n’ai pas fait MGS Peace Walker puis Metal Gear 1 trop vite, il aurait fallu tout recommencer (SINON C’EST TRICHER). La pratique est à déconseiller absolument pour tous les titres qui ont encore plein d’épisodes de prévu et dont on est à peu près certains qu’ils vont foutre la Timeline en l’air (Borderlands, ou les Final Fantasy qui se passent tous dans le même univers Fabula bidule, là).
Sinon, quid des reboots ? C’est très bien les reboots, ça permet de s’assurer qu’ils ne vont plus toucher à la première Timeline (bon sauf dans le cas de Tomb Raider, je sais). Recommencez dans dix ans avec les séries rebootées !

-> Les "alternative continuity" peuvent être indigestes.

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Des jeux comme Zelda ou Megaman ou même Pokemon sont bien gentils, mais ont une sale tendance à se diviser en plein de sous-franchises suivant des Timeline différentes, et pas toujours passionnante (RPG Megaman, Link fait du train…). J’ai cru comprendre que les TouHou étaient un joyeux bordel à cet égard -mais je connais trop mal pour en parler-. Mais il faut tout faire quand même, SINON C’EST TRICHER, J’INSISTE. Ou au moins suivre la continuité de base et la plus connue de ses branches (je vais pas faire la fine bouche sur des histoires de Megaman Soccer…)

-> Certaines séries échappent à cette méthode

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Bien sûr, si on ne joue QUE comme ça, on passe à côté de toutes les merveilles qui ne comportent qu’un ou deux épisodes (Vanquish, Red Dead Redemption, No More Heroes…), ou présentent un déroulé parfaitement chronologique (Avadon, The Witcher, Saints Row), où dont chaque itération reboot l’univers (Wild Arms, arrêtez moi si je me trompe mais c’est jamais la même Filgaia). Pour Dragon Quest, la question est débattable, avec ces histoires un peu fumeuses de Trilogies…
Oh, par contre, puisque j’évoquais cette série, n’oubliez pas que "tous les jeux de Volition se situent dans le même univers". Oui, oui, Saints Row est officiellement considéré comme une préquelle de Red Faction.
Farcry lol.

-> Pour le faire "pour de vrai", vous allez devoir respecter une règle parfaitement imbuvable quand deux épisodes se passent en MEME TEMPS.

Motivé ?

Motivé ?

"Gensosuikogaiden 1 se passe EN MÊME TEMPS que Suikoden 2" ? Eh bien alors vous devez y jouer EN MÊME TEMPS, voilà, c’est tout. Une heure de chaque (ou plus sérieusement : dans l’ordre de sortie commerciale). Je crois que ça arrive aussi dans Halo, et j’ai hâte que Darksiders 3 sorte pour qu’il fasse enfin partie de l’Ordre du Canon.

Quelques séries où l’Ordre du Canon marche particulièrement bien

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Resident Evil a été mon premier test, et marche plutôt bien. Les épisodes Outbreak ne sont pas sortis en France, mais sinon, tous les autres sont trouvables où émulables facilement (certains ont connu de nombreux remakes -je suis pas hostile aux remakes-). C’est surtout intéressant pour tous les épisodes 1 à 4, avec leurs nombreux spin-of, vu que depuis RE:4 la série semble de nouveau suivre un cheminement chronologique. Avant ça c’était un joyeux bordel. Rechercher les liens entre les épisodes est quasiment aussi drôle que de trouver les erreurs, les oublis, ainsi que les personnages tout simplement oubliés ou retirés de la chronologie entre deux épisodes.

Castlevania : Vous ne jouerez pas à tout les Castlevania comme ça, le créateur est assez tatillon sur ce qui est canon ou pas dans l’univers (dommage pour cette 3D de la N64 qui a si bien vieilli..), mais vous pourrez quand même jouer à un paquet de trucs et voyager dans le temps (vous commencez au XIè siècle, et vous terminez mille ans plus tard !). En plus, la série vient d’être rebootée : a priori, plus personne ne touchera à la précieuse timeline de Koji Butthurt Igarashi, ce dernier ayant eu le mérite de "ranger" les Castlevania au moment ou il a écrit Symphony of the Night, mais étant assez inflexible sur sa vision "officielle" de l’Univers Castlevania.

Metroid : Même si le côté incohérent de la Timeline est parfois pointé, c’est une série où l’exercice marche bien aussi, et c’est une des séries qui implique le plus de changement de machine et de gameplay. Il vaut mieux retirer "Other M", qui est un peu à Metroid ce que le film Edge of Tomorrow est au roman qu’il adapte : plus une variation sur un même thème qu’une adaptation fidèle.

Suikoden : D’accord, vous allez commencer par Suikoden 4 (en fait, il faudrait même commencer par le flashback de Ted dans le 1, puis jouer au 4…), qui est une légère purge. Mais c’est une série où la chronologie des événements est hyper importante et dense, et où tout s’emboîte si bien qu’y jouer selon le canon chronologique est une expérience tout à fait fascinante. Et même si certains épisodes s’insèrent bizarrement (Suikoden 1 était, de l’avoeu même de Konami, un brouillon du 2), l’ensemble ne s’effondre jamais sur lui-même. C’est parfois un peu forcé, quand même (ah oui en fait il y a des elfes et des nains dans Suikoden : ils viennent des îles du sud. C’est pour ça qu’ils ne jurent pas dans cet univers inspiré par le Japon médiéval OH TA GUEULE)

Might and Magic : Au moins jusqu’au 6 ou 7. Parce que oui, il y a bien un univers commun et cohérent (qui réserve pas mal de surprises). Bon courage à ceux qui sont en train de dépoussiérer leurs vieux ordinateurs à cassette en browsant des sites d’abandonware, je sors le pocorn et je vous regarde programmer ça.

Wasteland & Fallout : Une bonne occasion de redécouvrir Wasteland avant la sortie du 2 qui va out foutre en l’air. Assistez à la vie des USA de la guerre (toujours la guerre) nucléaire et ses conséquences immédiates à la guerre des Californien contre les esclavagistes, des générations plus tard. J’entends un ou deux grincheux qui insinuent que Fallout n’est que le successeur SPIRITUEL de Fallout ? Peut-être, mais les deux titres s’emboîtent assez bien. Mieux que certains DLC de Fallout 3 avec le reste de l’univers, si vous voulez mon avis.

Ultima : Vieux PC, bon courage, abandonware, etc. Lord British approuve ce message.

Front Mission : Attention, certains jeux sont géniaux, et d’autres sont incroyablement mauvais. Franchise dont la qualité est globalement déclinante, mais l’Ordre du Canon transforme ça en jolie montagne russe.

Valkyrie Profile : l’occasion de faire trois excellents jeux complètement à rebours de leur commercialisation : Covenant Of The Plume – Profile 2 puis enfin Profile 1. Ca commence par des gens qui veulent buter Dieu dans une boucle temporelle et ça finit par le Ragnarok. C’est encore plus épioque que d’abord le Ragnarok, puis un flashback pour expliquer qu’il y a longtemps, on était pas passé loin.

Langrisser : Vous allez adorer le moment "Crest of Gaia", essentiel à la compréhension du deep lore. L’occasion de vous faire greffer des yeux en pixel et un manuel de japonais.

La série "Shining" : Vous croyez vraiment pouvoir vivre sans connaître le destin de Baby Darksol ?

Mother : Eh oui, vous allez déjà devoir passer une thèse en Continuité pour comprendre dans quel ordre se déroule l’histoire. (j’aime bien la théorie comme quoi ces trois jeux forment une boucle temporelle infinie, ça rend le tout si PARFAIT)

Silent Hill : c’est relativement pas trop prise de tête (Origins, 1 à 4 puis Homecoming), et c’est une bonne occasion de redécouvrir les premiers épisodes, qui n’ont pas trop vieilli (enfin, graphiquement, un peu quand même). Shattered Memories, c’est vous qui voyez, c’est une réinterprétation du premier, mais il se substitue pas franchement très bien et ne trouve pas sa place dans la chronologie. Traitez le plutôt comme un reboot (ou un chien galleux).

GTA : Un cas intéressant, puisqu’on considère parfois que trois réalités coexistent dans le GTA World. Mais certains affirment sans rire que tous les jeux sont situés dans le même univers, ce qui ferait commencer le cycle par le relativement obscur London 1961 pour finir par GTA V. (au fait, GTA et Manhunt se passent dans le même univers). La théorie la plus officielle (celle des trois univers) à le mérite de ne pas être incohérente. Ceci dit, je pense que les liens entre les épisodes sont trop ténus pour que ça soit vraiment intéressant.

La série Atelier : BON COURAGE. Il vaut mieux, à mon avis, procéder par sous-franchise. Jouer à Atelier Iris dans l’ordre 2 – 3 – 1 est sans doute très intéressant, puisqu’au lieu de faire un épisode sinistre et dramatique expliqué par deux épisodes plus légers on a un épisode situé dans un paradis perdu, puis un épisode rigolo représentant une forme d’âge d’or, puis un épisode beaucoup plus sombre : une sorte de lente descente vers l’âge de plomb, symbolisé par la montagne écrasée dans le lointain, et en plus au lieu de faire : Bon jeu – Mauvais Jeu – Moyen Jeu, vous allez faire Mauvais Jeu – Moyen Jeu – Bon Jeu. C’est mieux pour le circuit de la récompense.

Phoenix Wright : l’occasion de repérer quelques vilaines incohérences :)

Ninja Gaiden : Il y a bien une Timeline Ninja Gaiden, croyez-le ou non. Elle est même connectée à celle de Dead or Alive.

Les moddeurs sont vraiment sympa de nous permettre de jouer le Luxembourg de l’an 800 à 1950 en enchaînant Crusader’s King II, Europa Universalis III, Victoria II, Hearts of Iron III :o

Quelques séries où ça implique de la spéculation, voire de la métaphysique, ou vraiment beaucoup de courage

ZeldaTimeline3

Sonic : On entre dans la SF pure et dure. A moi Looper, Doctor Who, Trunks : distorsion temporelles, continuités alternatives, reboots, univers étendu bordélique sont au programme. Mais ça reste possible, en faisant beaucoup de retours en arrière et en fermant les yeux sur énormément d’incohérences. Mais bon, y’a des gens qui y arrivent

Zelda  : Bon, là c’est carrément Nintendo qui s’y est collé tellement c’était le bazar. La continuité implique beaucoup de sauts de la foi mentale, comme le fait que la fin buggée de Ocarina of Time soit canon et serve à justifier 4 Swords et des trucs comme ça. Mais après tout, c’est la Timeline OFFICIELLE. C’est marrant de penser que le célébressime Link to the Past était en fait "post-apocalyptique" (enfin pas vraiment, on comprend plutôt que la victoire de Link dans Ocarina of Time n’était pas absolument nécessaire, même si ça reste un bad ending.

Final Fantasy : J’en ai déjà parlé, mais la plupart des épisodes dérivés à base de Chocobo Donjon et de Crystal Bidule sont souvent rattachés à un FF en particulier. Après, vous voulez vraiment jouer à des Rogue Like avec des Chocobo ? Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Oh, et bien sûr, depuis FF IV : The Years after, vous savez tous que le grand chausse-pied de Square a fait rentrer tous les "Final Fantasy avec des cristaux" dans la même chaussure. Ne criez pas, j’ai les mêmes objections que vous à ce sujet.
Vous n’avez aucune envie de jouer aux 250 jeux qui se passent avant ou après Final Fantasy VII. On a beau penser que FF est un navire amiral de Square, faut quand même admettre qu’ils traitent parfois leur franchise avec une sacrée brutalité.

Tomb Raider : Pose problème. Pas mal d’épisodes ont été remakés, d’autres sont hors canon, et il existe actuellement un reboot et un dérivé semi-canon de la première série qui semble devenir perrenne. Hum.

Prince of Persia : la série a été scénaristiquement maltraitée au fil des changements de studio. Aujourd’hui, difficile de déterminer l’ordre chronologique des épisodes, et le coté canon ou non de pas mal d’entre eux.

Megaman : Oh, la chronologie est ici assez claire, mais implique au moins QUATRE séries en train de coexister, plus tout un tas d’épisodes bizarres et considérés comme semi-canon comme Megaman Soccer. Et comme on a déjà pu le dire, toutes les franchises ne sont pas géniale, la série ayant aussi servi d’experimentation diverses et foireuses à Capcom, en particulier sur console portable.

Baldur’s Gate et Compagnie : Pour la "Baldur’s Gate trilogy", c’est facile. Mais où situer tous les jeux qui gravitent autour ? Neverwinter Night, Icewind Dale, Dark Alliance etc. Le mieux est sans doute de considérer que ces jeux sont quand même vachement nuls par rapport à BG et de les laisser là où ils sont.

D’après ce que j’ai compris, la série Kingdom Hearts (j’y ai pas joué) est pas des plus simple à comprendre, à tel point que les développeurs ont du apporter plusieurs fois des clarifications sur le déroulé exact des événements. En même temps quelle idée, aussi.

Fire Emblem : On peut dégager une Timeline qui rassemble la plupart des épisodes, mais qui se noie dans une confusion et un n’importe quoi difficile à suivre, à tel point qu’Awakening sur 3DS joue avec le côté incompréhensible de la série (Voyage dans le temps ET dans d’autres dimensions, voilà !) pour faire une sorte de reboot en douceur. Mais pas mal d’épisodes restent sur le carreau avec cette chronologie…

Bomberman :  Plusieurs Timelines coexistent, pas toutes très cohérentes, même entre elles. Dommage, de la part d’une franchise qui essaye désespérément de nous faire croire qu’elle a un autre scénario que "des psychopathes qui envoie des bombes avec leur cul". Au moins, ça a le mérite d’exister.

Kirby :  Ca implique de mettre vraiment beauacoup d’épisodes de côté, y compris ceux sur Wii, ni les plus anecdotiques, ni les moins intéressants. Oui, je veux bien admettre que le scénario des Kirby n’est pas primordial, MAIS QUAND MEME.

Assassin’s Creed : Ça serait rigolo de faire ça comme ça : Assassin’s Creed 1 (sauf les passages dans le futur), Ezio Saga, 4 (sauf les passages dans le futur), 3, Rogue, Unity, puis les passages dans le futur, puis les passages danas le futur de Desmond puis du 4. Ne le faites pas, sérieusement.

Spyro : Croyez le ou non, mais Spyro a été rebooté un certain nombre de fois depuis que vous étiez gamin. Dans un épisode paru au début de l’ère PS3, on a même pu jouer un "Cranky Spyro" bizarre et laid. Mais du coup c’est pas toujours facile à suivre.

Harvest Moon : La encore, plusieurs Timeline "semblent" coexister, certains jeux faisant aléatoirement des références aux précédents. Je suis d’accord : c’est pas très satisfaisant, d’autant plus que les Harvest Moon (et les Rune Factory) n’ont pas tous le même rapport au passage du temps (dans certains épisodes, les personnages sont immortels, dans d’autres, ils vieillissent et meurent au fil du jeu).

Pokémon : la série Pokémon a une chronologie bizarre (à laquelle on peut greffer cent million d’épisodes dérivés). Comme vous le savez, les jeux sortent souvent par vague de 3… Et c’est le TROISIEME qui est généralement considéré comme canon, les détails non cohérents avec les jeux précédents étant considérés à l’avantage du troisième. Et il y a des tas de débats pour savoir exactement quand se déroule chaque jeu, et quels jeux souffrent d’exceptions à cette règle des trois (Pokemon Noir et Blanc, par exemple, qui au lieu d’avoir un troisième jeu a eu une suite…). Je crois que vous pouvez y passer votre vie sans que ça devienne pleinement optimal.

Quelques cas où ça ne fonctionne pas, ou très mal

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On va pas trop détailler, mais par exemple, ça fonctionne pas très bien avec les séries dont les jeux adaptent un autre média, où ne sont qu’un tout petit bout d’univers étendu. Faire Star Wars comme ça n’est sans doute pas impossible (en plus, ça vous fait commencer par le très chouette KOTOR 1, j’imagine…) mais pas franchement intéressant. En plus, ces jeux vous placent parfois soit dans une position de mime du matériau originel (les jeux LEGO, par exemple) soit dans une position de "Cannon Foreigner", qui a assez peu de chances d’avoir six saisons et un film à son nom. Pauvre Starkiller.

Ça fonctionne mal aussi avec les franchises dont l’univers est tellement maltraité qu’il est difficile de déterminer ce qui est canon, ce qui ne l’est pas, ou ce qui est juste du gros bullshit (Alone in The Dark, molesté sans relâche par ses ayants droits actuels au point qu’on considère souvent que SEUL LE TOUT PREMIER EST CANON, Grandia, Landstalker...).

Plot what Plot

Même chose pour des cas ou malgré l’existence d’une chronologie, les auteurs ont l’air de s’en foutre complètement ou de l’improviser au hasard (Ratchet and Clank, Warcraft**). Le cas Borderlands est assez rigolo : le scénariste actuel, un immense troll binoclard bisexuel farceur transformiste au romantisme exacerbé (comment ne pas l’aimer), qui vient d’officier sur "The Pre-Sequel" est du genre à changer la couleur ou l’orientation sexuelle d’un personnage juste parce qu’il trouve le fandom idiot (ou au contraire changer des tas de trucs parce qu’il trouve son premier jet raté). Rien que pour suivre le délire "quasiment en temps réel" et aussi parce que ça représenterait une régression violente dans le gameplay, je conseille d’éviter l’Ordre du Canon pour Borderlands. Même chose pour les Halo, dont le scénario devient rapidement très flagellant si on ne les joue pas dans l’ordre commercial et qu’on ne laisse pas quelques mois passer entre chaque (je vous empêche pas d’essayer…***). Hum, sinon, les Elders Scroll sont assez gratinés aussi, mais c’est entres autres du à des changement d’échelle et des reboots non assumé (j’ai lu plusieurs fois que Morrowind était le "vrai" début de la franchise).

lol Fable.

Dans certains cas, le fait que des jeux partagent un univers commun est une théorie trop faible pour établir la moindre orientation chronologique (Terranigma – Illusion of Saia – Evermore), où ces liens sont ostensiblement amoindris par les scénaristes, chaque jeu n’invalidant la chronologie mais hurlant qu’il est un stand alone (la série des Mana, par exemple). Dès fois, le bordel est assumé et quasiment porté comme une bannière (ou un slip sale, c’est selon) : ainsi les jeux Nipon Ichii semblent tous se passer en même temps dans le même univers, même si c’est parfois complètement incohérent d’un jeu sur l’autre (Disgaea D2 et Prinny Can i really be the Hero, TOUS DEUX CANONS, sont basés sur des fins DIFFERENTES a Disgaea 1). Même chose pour Breath Of Fire, chaque épisode étant plutôt une réinvention du même thème. Idem pour les Armored Core, et il doit y avoir d’autres exemples.

Il y a aussi des cas ou certains épisodes, bien que généralement considérés comme canon, soient tellement détestés voire par les fans, que ça pose presque un problème moral. Parfois, c’est même le scéariste qui se charge de mettre la merde sous le tapis (Devil May Cry 2****). A l’inverse, le phénomène de Continuité forcée où le créateur essaye tellemet de tout rassembler que ça donne un gros n’importe quoi parfaitement incompréhensible. Rayman est le meilleur exemple. D’ailleurs, après Origins, vous remarquerez qu’ils ont renoncé : Rayman Legends n’a presque pas de scénario du tout.

Certaines séries ont été délibérément placées en statut de "Cannon Discontinuity" parce que c’est comme ça et puis c’est tout. Epic Mickey semble suivre ce chemin ainsi que Unreal Tornament, et croyez-le ou pas, les "Contra" de Konami. La série horrifique Fear, dont les épisodes sont de toutes façons chronologique, subit un peu le même traitement (les DLC ont créé une Canon Discontinuity aussi idiote que le setting global du jeu). Les développeurs de Crash Bandicoot ont complètement lâché l’affaire après les multiples reboots et explications foireuses destinées à lier les épisodes entre eux (seuls Crash 1 à 3 sont donc considérés comme Canon, et sont bêtement chronologiques).

De l’avis de plusieurs personnes ayant essayé, les God of War prequels et interquels sont si dissonants et si incohérents avec les épisodes suivants que c’est pas un grand service à rendre à GoD que d’y jouer comme ça (essayez quand même !)

La série des S.T.A.L.K.E.R ne doit pas être jouée comme ça si vous n’avez pas déjà fait les trois jeux : vous n’y comprendriez probablement rien.

Le faire avec Deus Ex serait une très dérangeante descente aux enfers vidéoludique (ah oui parce que vous avez beau avoir un bon souvenir du premier Deus Ex, il a très mal vieilli).

Heu, et bien sûr, on va éviter de parler des jeux de combat pour l’ensemble de leur oeuvre.

Dynasty Warriors lol.

J’ajoute enfin que le phénomène de "Cannon Fodder" (les univers ou un tas de trucs restent en suspens malgré l’absence de suites) a pu parfois générer des itérations non officielles (Star Ocean Zero, anyone ?). A vous de voir si vous les considérez ou pas.

Le cas Mario / Donkey Kong : DEEPEST. LORE. Ce cas très particulier sera traité dans un article ultérieur. Qui se trouve ici.

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Pour aller plus loin : Il n’existe pas de communauté entièrement consacrée à la question de "consommer des œuvres par ordre chronologique du canon" mais, bien entendu, TVtropes a pas mal d’articles consacrés aux questions de continuité. La page "Continuity" répertorie un tas de trucs utiles. La plupart des séries ont une chronologie officielle disponible sur le Wikia de chaque jeu (tout bêtement : c’est parfois sur Wikipedia).

Le challenge Canon

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Si avec ça j’ai réussi à te motiver, eh ben c’est l’occasion de t’y mettre et d’apposer fièrement ce macaron sur ton site idiot.

La prochaine fois, on va essayer d’expliquer pourquoi il est tout à fait possible de le faire avec Mario & Donkey-Kong.

* Je sais qu’il en sort quatre par ans, mais ils se passent tous "dans le futur" par rapport à la chronologie des premiers, située en 1998 à Racoon City

** Dans le cas de Warcraft, je crois qu’ils en sont à considérer que WoW est carrément une continuité alternative au jeu d’origine, voire un UNIVERS alternatif.
*** Dans le Fandom, une règle même pas tacite veut que chaque Halo remplace la "vérité" d’un Halo plus vieux en cas de contradiction. Ca marche aussi avec l’Univers étendu : les jeux les plus récents "écrasent" le matos plus ancien en cas de conflit. C’est une belle conception de la manière dont l’Histoire se fait.
**** Dans son Cameo dans Viewtiful Joe, Dante affierme qu’il ne se "souvient pas" de DMC 2, et Capcom a tout fait pour que ni DMC 3 NI DMC 4 n’ait le moindre lien ou ne contienne la moindre allusion au deuxième épisode.

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Haiktualité #11

Toutes les semaines (sauf les semaines où j’oublie), le Lancer de Galaxie t’offre un Haïku sur l’actualité.

Les Islamistes ont-ils un Dragon-Squelette ?

Vaillant Peshmera
As-tu pris le barrage ?
Cesar, New Vegas.

Ça a l’air Nul #8 : Red, White and Blue (2010)

"An HIV positive woman’s quest to infect as many men as possible has gruesome consequences after she attracts the attention of a psychotic former Army interrogator and an emotionally fragile young man caring for his ailing mother."

Ca a l’air nul.

C’est quoi ?

Un film de type "Rape & Revenge" (en l’occurence, Rape & Rape & Revenge ou quelque chose comme ça, on va y venir) précédé à sa sortie d’une réputation à la fois sulfureuse et artsy. Le film a gagné pas mal de prix, alignait quelques noms vaguement connus dont Amanda Fueller (vue dans Greys Anatomy) et Noah Taylor (vu absolument partout en tant que second rôle). C’est signé par un rosbif du nom de Simon Rumley, tâcheron qui végète toujours entre le B et le Z sur des projets assez variés (du thriller au grand-guignol horrifique).

L’affiche alternative est déjà plus proche de l’ambiance du film.

De Quoi ça parle ?

Donc, il y a une nana, Erica, cas soc’ notoire qui se promène au fin fond de chez les rednecks Texans, et qui, chaque soir, attire un nouveau mec dans ses filets (moins de deux minutes avant le premier plan nichon, Fueller ne fait pas dans la dentelle). A vrai dire, pendant les vingt premières minutes du film, c’est à peu près tout ce qu’on verra : Amanda Fueller se taper des mecs, dont les trois musiciens d’un groupe local en même temps et sur un matelas pourri dans un squatt. Rumley force le trait du glauque à grand coup de filtres dégueux et de bruits d’autoroute, mais il en résulte une petite ambiance pas inintéressante d’angoisse latente dans les premières minutes du film (quasiment sans dialogue, en plus, dommage que cette sobriété langagière ne tienne qu’un petit quart d’heure).
On comprend assez vite (le scénariste ayant sorti ses plus gros sabots) qu’Erica, violée par son beau-père malade du SIDA à 4 ans*, a décidé de consacrer sa vie à infecter le maximum de mecs ("condoms are for homo" en argument massue). Ca semble être une assez mauvaise idée, je ne sais pas ce que vous en pensez. Je ne suis peut-être pas assez pénétré de philosophie texane.

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Amanda Fueller semble avoir eu pour consigne "peux-tu faire une tête d’écureuil triste ?" sur absolument 100% de ses scènes.

Alors qu’elle semble au fond du gouffre, Erika va rencontrer Nate, un type à l’air vraiment vraiment très très très suspect (barbe dégueue, ancien militaire, cache des couteaux plein de sang chez lui, born again). Ils vont se lier d’un genre d’amitié amoureuse qui va petit à petit permettre à Erica de remonter la pente de sa dépression chronique.
Pendant ce temps, le leader du groupe de rock, qui a aussi une maman en phase terminale de cancer, un beau père louche et une sacrée tête de con, se découvre contaminé. Ni une ni deux, avec ses potes, il va décider de retrouver et de séquestrer Erica. Il y a un flottement narratif à peu près absolu sur le pourquoi et sur le comment, mais ils vont finir par lui mettre la main dessus, la capturer, la tuer plus ou moins accidentellement, et ainsi provoquer la colère de Nate.

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Il faut se fier aux apparences.

Ce dernier va s’avérer, OH SURPRISE, être le plus gros psychopathe de tout le film, ancien bourreau en Irak, et va passer les 40 dernières minutes du film à massacrer (après leur avoir fait subir des tas de trucs que je vous épargne bien volontiers) tout les personnages, leur famille et probablement les attentes des spectateurs d’avoir une conclusion satisfaisante. La principale originalité de l’ensemble est de présenter non pas une simple trame "rape and revenge", mais plutôt un rape (le beau-père) & revenge-rape (Erika couche pour donner la mort) & rape (elle est séquestrée par les trois débiles) & rape’n’torture revenge(Nate). La morale du film : tout le monde est méchant, tout le monde mérite bien ce qui lui arrive, et sans doute que le réalisateur se met de l’eye-liner en écoutant Linkin Park parce que la vie elle est nulle et que personne le comprend.

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Hahaha un de tes potes a assassiné quelqu’un, alors JE TUE TOUTE TA FAMILLE ! #joueurdeflute #Hamelin #neutrestrict

Tout ça, outre le glauque le plus complet, fleure bon la bigoterie (ironique ou pas, difficile à dire tant le réalisateur british semble filmer tout ça avec une forme de snobbisme condescendant) : le sexe, c’est la mort, le viol c’est mérité, le repentir c’est jamais sincère et grosso modo, tout condamné à mort aura la tête tranchée (littéralement, dans le cas de cette sale pute d’Erica).
On en ressort avec l’impression un peu cradingue que Rumley (réal, mais aussi scénariste et producteur) non seulement croit dur comme fer à son film, mais en plus signe une fable morale édifiante. Eh ben c’est pas le cas.

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Tavu on fait la redemption alors on enlève les filtres dégueux et on met des enfants.

Sans vouloir faire de la psycho-socio de bazar, il me semble que le genre -certes très très contestable- du rape&revenge consistait en une intention initiale de montrer la femme au cinéma dans une position pas uniquement victimaire, mais de personnage puissant avec une dynamique d’inversion des rapports de domination. C’est contestable dans la complaisance que ça peut induire, dans le fait que l’agression sexuelle soit un moteur de l’action "nécessaire" à la naissance d’un personnage fort, etc. Mais disons qu’au moins, au coeur de tout ça, il y a l’idée qu’une femme peut endosser un rôle de peronnage héroïque.
Bon ben dans Red White & Blue, on a un personnage dont la revanche consiste à contaminer des inconnus avec le VIH, puis à retomber immédiatement dans une posture de princesse à sauver, et dont on nous suggère que l’imprudence (voir le péché originel d’avoir été abusée) est le déclencheur à la crise de psycopathie de son mec qui finira par tuer tout le monde (et qui ne "sauvera" que sa tête emballée dans un sac poubelle).
Si c’est de la maladresse, c’est vraiment tarte, si c’est vraiment un film sur la conception du karma du réal, ça laisse un drôle de goût dans la bouche.

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Mais alors est-ce qu’il y a quelque chose à sauver ?

Malgré des performances assez diverses (Mark Senter en rocker beauf est absolument ridicule), certains acteurs accusent presque une surqualité d’interprétation par rapport à la péloche. Noah Taylor, plutôt habitué à Hollywood -et à Game of Thrones, où il joue à peu près le même rôle avec la même gueule, en mieux-, surnage loin au-dessus de la mêlée. Amanda Fueller, elle, à un peu l’air de s’en foutre mais colle plutôt bien à l’ingratitude crasse de son rôle.
Si vous êtes fanas de la Transnistrie en Novembre, vous aimerez sans doute l’ambiance lente et pesante, la shaky-cam qui filme à hauteur de trous de nez et les filtres marron dégueux qui te montrent que le Texas des underdogs c’est l’enfer baby tavu.

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Le directeur de casting a fait une bonne blague.

Pour être franc, le film ne vire quasiment jamais dans la réalisation nanarde. Techniquement, c’est plutôt un peu laid, mais franchement pas plus que beaucoup de films primés dans des grands festivals mainstream. Le film est desservi par une volonté d’en faire trop comme si les frères Dardenne avaient pris des calmants coupés à la sciure, mais il ne franchit jamais la ligne qui l’emmènerait vers le n’importe quoi technique (pas de litres de sang, pas de cadavres en mousse ou en plâtre, pas de found foutage dégueu, pas de trucs qui explosent alors qu’ils ne devraient pas).

Alors, est-ce que c’est nul ?

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Il y a un genre de sous-texte maladroit sur le fait que le nationalisme et donc la guerre en Irak, ça transforme les gens en monstres, tout ça tout ça. C’est évacué tellement loin dans le scénar que c’en est presque gênant.

C’est délicat. Pour qui cherche du glauque/gore de base, où simplement un thriller dégueu, il n’y a pas de raison particuliè-re de repartir frustré : c’est sale, ça poisse, et la bassine à cadavre déborde quand le générique de fin défile. Techniquement, c’est pas folichon, mais ça tient à peu près la route.

Par contre, le fond m’a retourné l’estomac, mais quelque chose de bien. Si la volonté était de trouver le pitch le plus glauque possible et de le traiter de la manière la plus glauque imaginable, bravo, l’exercice de style est réussi, même si ça manque un peu de handicapés mentaux consanguins et de racisme pour fonctionner à plein régime. Cancer, viol, sida, pédophilie, décapitation, Texas, surtout : ne pas trop en faire, ça pourrait se voir.
Red, White and Plus n’est pas complètement nul, d’accord. Vain et inutile, par contre, je crois qu’on peut en débattre.

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"Oops I did it again, désolé Jaime"

P.S : il n’y a aucun moyen de voir Red White & Blue en France à ma connaissance. Je ne l’ai donc pas vu.
* "By Sapphire"

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The Taint, où l’anticipation d’une réflexion poétique sur l’intelligibilité de la condition sexuée dans les années 10.

Article un peu NSFW, pas de procès si vous scrollez quand même, blablabla, adresse de mon avocat.

Je cherchais récemment une manière légère et pertinente d’aborder la question des demeurés des forums 15-18 et 18-25 Jeux-Vidéo.com qui ont harcelé et menacé de mort des militantes féministes pour prouver qu’ils sont gentils. Néanmoins, c’est devenu difficile d’aborder ce genre de questions sans devoir en répondre devant un tribunal de non-comprenants consanguins. Deux réflexions me vinrent :
1) Une réflexion sur le fameux tag #notallmen qui est devenu une sorte de tic de langage idiot à chaque fois qu’un type répond à un article sur le harcèlement en disant "oui mais pas moi". C’est normal d’être énervé(e) par ça, vu que d’une part, à part deux-trois rad-fem, tout le monde est déjà au courant. Et qu’en plus, quand on a tant que ça la conscience tranquille vis à vis de son comportement, on ne va pas se jeter dans une baston sans fin en hurlant "oui mais moi je suis gentil". Donc, oui, c’est complètement con. Répondre #notallmen n’est sans doute pas beaucoup mieux, déjà parce que tic de langage, ensuite parce que ça serait extrêmement dérangeant appliqué à n’importe quel autre débat. Imaginez Hervé Mariton en train de lancer #notallarabs à un rebeu farouchement opposé à AQMI, où Alain Soral plisser les yeux en marmonnant #notalljew à un rabbin antisioniste. Comme d’habitude, je pense que la meilleure attitude est de ne surtout jamais parler à personne.
2) C’est devenu difficile d’avoir une attitude qui ne soit pas sexuellement interprétée et décomposée a priori. Si on reprend l’exemple du harcèlement de rue, j’ai tellement d’amies et de proches qui subissent ça sans arrêt (et pas uniquement des "bourgeoises blanches de centre-ville") que je crois que les gens qui nient le problème sont de véritables militants affichés de la connerie humaine. Néanmoins, j’en suis à un point où, juste histoire de ne pas être assimilé à un danger imminent, je n’oserais même plus demander mon chemin à quiconque après le coucher du soleil. Cependant, en tant que timide solitaire, je suis étonné de ce simple fait : il y a des gens qui parlent à d’autre gens alors qu’ils ne les connaissent pas (et qui pensent qu’ils vont pécho en stalkant des filles en leur hurlant des horreurs). Que ça soit pour harceler ou non, par bêtise ou manque d’éducation, par misère sexuelle ou complexe de supériorité, je trouve ça effrayant et fascinant. Sérieusement ne faites pas ça. Ne parlez pas à des inconnus sans raisons. C’est sale, et il y a plein d’endroits qui sont faits pour ça, des endroits où tous les participants ont contracté une sorte de contrat tacite où ils acceptent de se parler les uns les autres (sites de rencontre, bars en fin de soirée, prisons, salles de classe).

La seule façon d’aborder la question sans tomber dans un labyrinthe de stérilité argumentative est probablement un long-métrage intellectuel sur la question. Heureusement que j’avais The Taint qui traînait dans mon tas.

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Une sorte de débile peroxydé en short fait gouzi-gouzi à sa copine dans la forêt. Bien entendu, la musique electro-angoissante qui résonne dans l’air laisse largement sous-entendre qu’un drame est sur le point d’arriver. La routine, pour l’amateur de péloche Z dont The Taint (2010) semble un morne et tranquille représentant.
Brutalement, cependant, l’arrivée d’une sorte de Robert Hue en pyjama qui défèque des pénis en agressant ses victimes à la faux change la donne. Le blond peroxydé s’enfuit, et allume tranquillement une clope en courant. Ok, qu’est-ce qui se passe ? Il y a des penis coupés dans l’herbe. Très rapidement, le mec croise une nana nommée "Misandra" qui lui explique que la pollution de l’eau a transformé les mâles en bêtes furieuses dont le seul but est désormais de défoncer la tronche des filles avec des cailloux. Depuis, la société s’est brutalement effondrée, et ne subsistent que des femmes en fuite et des hordes de mâles rendus à l’état de bête. Le héros ne semblant pas assez viril pour être affecté, les deux font équipe, et commencent une sorte de périple approximatif qui les conduira à croiser toutes sortes de gens, comme une bande de gang-rapers dirigés par un gymnaste métrosexuel, un pseudo-wolverine masqué qui parle comme Lemongrab et reste totalement immunisé au chaos (car il ne boit que du vin), et j’en passe.
Le tout est servi par un jeu d’acteur qui explose allègrement les frontières de l’outrance, un montage complètement abrupt, une bande-son survoltée mixée avec des moufles, et bien entendu des montagnes de nichons. Mais là ou le nanar moyen s’arrêterait là, The Taint balance des plans-culs au service de toutes les sexualités et de toutes les déviances : nichons, vagins, penis, nazis, gays, bis, penis, interracial, romance, bdsm, penis, chauve-souris, PENIS PENISPENISPENIS. Le film est, pour le meilleur et pour le pire, un gigantesque défilé de bites, à tel point que j’ai vu des gens le qualifier de "penisxploitation movie".

Défilé de tronches improbable.

Défilé de tronches improbable.

Dat extras.

Dat extras. Ca continue comme ça sur des dizaines de lignes.

Dans The Taint, vous saurez tout sur le zizi, petit, grand, coupé, mangé, mou, en érection, en éjaculation, il y a quasiment une foutue teub par plan.
Vous l’aurez compris, The Taint, à défaut d’avoir quoi que ce soit à dire, est un film qui joue à fond les deux cartes qu’il a en main : une sorte de no-limit extrême dans le mauvais goût, et un vent de folie complètement assumé qui fait rapidement basculer le tout dans une sorte gigantesque farce grand-guignol où tout est permis sans modération : pisser dans un cerveau, boxer un estomac sorti des entrailles d’une victime, faire une fausse pub avec des nazis, faire un défilé de zombies agitant d’immenses godemichés, et oser les retournements de situation les plus éculés avec la bonne humeur la plus complète, au point que les figurants eux-même semblent en permanence sur le point d’éclater de rire comme des cons. De toutes façons, aucune importance, le scénar n’est qu’un prétexte à montrer des trucs aussi idiots qu’un mec en train de se tâter les muscles de manière érotique en prévision de la fin du monde ou à voir un savant fou se scotcher le visage qu’on vient de lui arracher.

Phil O'Ginny, meilleur personnage ou encore meilleur personnage ?

Phil O’Ginny, meilleur personnage ou encore meilleur personnage ?

Je me demande toujours où la Troma trouve ces gens.

Je me demande toujours où la Troma trouve ces gens.

Aux manettes de cet hallucinant OVNI, un duo d’américains distribués par Troma Entertainment, Dan Nelson et Drew Bolduc. Ce dernier, avec son nom de bûcheron Acadien, est également rôle principal (Phil O’Ginny, qu’est-ce qu’on se marre), compositeur de la BO, producteur et ingé son. Entouré d’une bande d’acteurs de série ultra-z plus où moins bons et plus où moins connus, dont l’étrangement juste Colleen Waifu Walsh qui n’a strictement rien fait par la suite, les réals livrent une péloche objectivement effroyable, même pour un projet qui semble semi-amateur, mais qui jouit d’une bonhommie et d’une crétinerie assumée si agréable que j’ai passé un délicieux moment. Le film est court (1h05), sans aucun temps mort, baignant dans une bande son maison contenant des pistes dont le seul nom fleure bon le n’importe quoi généralisé de l’ensemble (We’ll Meet Within the Shadöws öf Löve).

Colleen Walsh s'en sort étrangement bien au milieu de tous ces acteurs niveau SEGPA, mais elle a plus ou moins disparu pour "écrire son livre" et "pratiquer la médecine alternative". Un bref stalking laisse cependant sous-entendre qu'elle sera à l'affiche d'un thriller anglais faauché produit par "Bad Influence Films" en 2015.

Colleen Walsh s’en sort étrangement bien au milieu de tous ces acteurs niveau SEGPA, mais elle a plus ou moins disparu pour "écrire son livre" et "pratiquer la médecine alternative". Un bref stalking laisse cependant sous-entendre qu’elle sera à l’affiche d’un thriller anglais faauché produit par "Bad Influence Films" en 2015.

Homme orchestre, j'irai pas juste là, disons Homme musique de l'ascenceur des enfers.

Homme orchestre, j’irai pas juste là, disons Homme musique de l’ascenceur des enfers.

Je n’irai pas jusqu’à recommencer The Taint (disponible à vil prix en VOD, si vous avez ce genre de pratiques et que vous n’avez pas comme moi un grand-frère qui travaille à Tromaville et qui peut vous envoyer le laserdisc), sauf si vous êtes un amateur hardcore de nanars volontaires extrêmes (imaginez que Captain Orgazmo, c’est du foie-gras et que The Taint est le pâté le plus gras de chez Aldi). Ne serait-ce que parce qu’il me semble qu’un film composé en grande partie d’avortements au cintre et d’arrachage de bites n’est pas nécessairement à même de rassembler tous les publics autour d’un consensuel divertissement de samedi soir.

Que voulez-vous, c'est une des rares images du film ne montrant pas un penis en gros plan.

Que voulez-vous, c’est une des rares images du film ne montrant pas un penis en gros plan.

Mais je peux me tromper.

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La modestie élégante de la littérature blanche…

En deux mots, Hubert Prolongeau, c’est assez savoureux qu’un auteur de polar vienne lâcher sa bouse dans le cradle of filth des mauvais genre.

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Googled Robot vs Unicorn Wasn’t Disapointed

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Keep Calm & STALK

Suite à un papier court et frais de l’indispensable Lionel Davoust, j’ai décidé de parler de la beauté poétique de la recherche documentaire.

Récemment, à la faveur de la torpeur estivale propice aux combats d’infirmes sur Internet, un comportement vertueux que j’aime bien nommer derp stalking a subi les derniers outrages. Si j’ai orienté mes études vers les métiers de l’info doc, c’est plus par amour de l’enquête documentaire que par amour pour les taches bizarres que les usagers laissent sur les pages de BD Soleil ou il y a des femmes toutes nues.

L’été, donc, a été propice à toute sorte d’empoignades virtuelles sur les sujets habituels du bingo des empoignades virtuelles : juifs/arabes, féminisme, "privilégiés" (au choix sncf/intermittents/fonctionaires/auteurs), JV.com, Maïa Mazaurette. Il aura également été propice à toute sorte d’emballements très "années 10" : Les réseaux sociaux étant plus que jamais un espace d’empressement et d’emportement (je dis ça pour ne pas dire "d’immaturité qui feraient passer la plupart des gens pour des attardés s’ils se comportaient pareil IRL"), on a par exemple vu circuler tout un tas de photo truquées où mal sourcées, dont certaines pourtant assez célèbres, pour dénoncer les événements tragique à Gaza. Des photos de cadavres, de réfugiés, etc. supposées être liées à Gaza, mais en fait originaires de vieux reportages sur la Syrie, l’Irak, etc. Étrange, d’autant plus que la stratégie de comm du Hamas consiste ironiquement à laisser les journaleux travailler, et que les vraies photos rotten.com de cadavres de Palestiniens ne manquent pas.
Les journalistes ont pour une fois fait un travail correct, et j’ai vu passer pas mal de papiers pour dire aux gens de faire gaffe : ce n’est pas parce que m.smurf sur Twitter poste une photo d’un truc qu’il n’a pas piqué la photo ailleurs. Bon, personne n’écoutera jamais ces journalistes, et c’est bien triste, mais on va dire que bon, au moins quelqu’un aura signalé l’erreur.

Les images et le texte ne sont pas liées dans ce texte. Là, par exemple, j’ai tapé "Metal Gear Salad".

Il n’en va généralement pas de même pour les "papiers polémiques" issus de blogueurs, de sites divers, de fermes de publications d’opinions à la con, etc. Depuis toujours, un de mes premiers réflexes a été de cliquer sur la page "a propos" d’un blog, quand cette page existe, et, dès qu’un contenu m’a semblé zarbi dans un article, ou que cet article m’a semblé particulièrement derp, de farfouiller un peu partout pour essayer de répondre à une question essentielle : mais au fait, c’est qui ce con/cette conne ? C’est le derp stalking.

J’adore cette époque qui rend le stalking bienveillant si aisé. Comprenez-moi bien : je ne cautionne pas le mauvais stalking, celui qui implique d’avoir des intentions douteuses, de suivre effectivement les gens dans la rue et, d’une manière générale, de lever son gros cul de son fauteuil. Non, moi, j’aime juste vous stalker depuis mon fauteuil en remontant la belle et foisonnante piste de toutes les infos que vous avez déposées partout de manière très imprudente. Je le fais juste parce que c’est intéressant (et pendant ce temps là je suis pas au bistro), et parce que ça flatte mes capacités à savoir que vous aimiez trop Tokio Hotel en 2006 (Webarchive n’oublie jamais). Un conseil : ayez 17 pseudos, et ne les reliez pas entre eux, c’est souvent trop chiant à remonter pour que me motive vraiment. Ou n’ayez pas Internet.

Et là j’ai demandé à Google "Wizard vs Robots". J’ai pas été déçu.

Bref : les gens qui publient des trucs sur des sites polémiques, en général, c’est pas trop le genre à se cacher sous cinquante couches de mystère : ils laissent des infos un peu partout. En général, tu peux chopper le 06 en deux trois clics même pas illégaux. Pourtant, même si je suis ermite de polémiques débiles depuis un an et quelques, j’ai pu constater que, même et surtout en cas d’invasion de hargneux et de polémistes de clavier sur un site, PERSONNE ne clique jamais sur la page "à propos". Au moment de la publication du texte qui a donné lieu à Toto 30 ans, quasiment personne, et surtout pas ceux que le texte a fait chier, n’a cherché à savoir qui j’étais. Au moment de l’histoire des jeux vidéos avec celle-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom-dans-le-miroir, quelques mois plus tôt, c’était encore pire. Pourtant, il me semble que mon propre parcours, dans les deux cas, était une remise en perspective de mes textes.

La c’est en tapant "Cat hunter"

Ces derniers jours, un abruti du nom d’Alexis Koleszar a publié une BD, relayée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux (oui, des dizaines de milliers. Et 34 fois sur Google plus). C’était une sorte de charge faussement naïve contre le féminisme, qui mélangeait un peu tout dans le même sac, et qui faisait semblant de ne surtout pas comprendre le problème. Une partie de mes contacts l’a relayée en ricanant "A SA SES TROP VRAI" (je garde un zoo de mundanes débiles dans mes amis virtuels pour flatter mon concept de supériorité). Passons.
Mais un mec comme Koleszar peut faire illusion : il dessine bien -si on aime le style-, et son article a sa logique interne (qui consiste à hurler des trucs et à dire "j’ai hurlé donc c’est vrai". Et comme la question est extrêmement touchy, il fait son petit effet, c’est normal. Alors j’ai aussi des contacts de bonne foi qui étaient d’accord avec une partie du fond de l’article, et comme l’article mélange absolument n’importe quoi, forcément que tout n’est pas faux dedans. L’amalgame est une méthode que tout bon vieux troll se doit de pratiquer au moins une fois par jour. C’était bien mon problème avec l’article de "fondateur" de la Grande Ancienne Au Nom Ineffable sur le sexisme "chez les geeks".
Mais Koleszar n’est pas un troll, et ça, un peu de derp stalking permet de s’en rendre compte à la vitesse de l’éclair.
Direct à la lecture de l’article, ça saute un peu aux yeux, quand on à l’habitude de faire des safaris pour regarder s’agiter les chimpanzés électroniques dans la complo-facho-dieudosphère : Koleszar a un style qui rappelle quelque chose. Amalgame, hurlements, provoc gratuite, et éléments de langages qu’on a déjà vu plein de fois à droite à gauche combiné à un petit air de "non mais en fait tu vois, l’égalité homme/femme, je la défend quand même à ma manière" : ça sent le troll, mais non, y’a autre chose.
Et y’a pas à stalker bien longtemps le derp : toutes ses anciennes BD sont plus ou moins une version illustrée de l’ABC des arguments et des edl utilisés par l’extrême-droite pour insulter tous les gens qui ne leurs plaisent pas (avec une récurrence particulière pour les femmes à la sexualité libérée qu’il semble tout particulièremet vomir). Et le gars passe l’essentiel de ses planches à linker vers tous les hurluberlus qui gravitent atour. Et comme l’a montré Natas-et-son-site-laid (je l’ai stalké aussi, il lui arrive d’écrire des trucs sympas -LIEN EXTREMEMENT NSFW VENEZ PAS VOUS PLAINDRE APRES-), dans un article inutile (mais dont les commentaires sont priceless), en creusant deux minutes, on voit où on est.
Relire l’argumentaire de la BD après avoir essayé de comprendre qui était le gars remet à mon sens le truc en perspective, et rend totalement inutile tout dialogue avec le gars en question et son noyau de fans, c’est une perte de temps.

"Epic Penguin Stuff"

Mais on s’en fout, de ces cripple fights. J’ai utilisé cet argument particulièrement facile, mais j’aurais pu parler de ceux qui, de bonne foi, relaient un peu tout et n’importe quoi sans avoir la moindre idée de la source. Je connais au moins deux mecs de gauche qui passent leur vie à relayer des articles de http://www.contrepoints.org/ (il est vrai, ils ont l’art de la titraille), site expliquant noir sur blanc qu’ils sont un pure player libertarien.
A chaque fois qu’une info vous interpelle, que vous soyez d’accord ou non, et surtout si l’article concerne une question polémique, veuillez ne jamais la relayer où y réagir sans avoir sauvagement stalké son auteur ou la plates-forme de publication. Déjà, vous rendrez hommage à la plus artistique et noble des discipline de l’esprit : la documentation.
Ensuite, vous saurez qui est en train de vous parler. De la même manière que vous n’avez pas envie de voter pour votre élu local si c’est un proxénète-tête-à-crack-non-repenti, vous voulez probablement savoir si ce type sympa qui est en train de vous convaincre d’un truc dans un texte n’est pas en réalité un dépeceur de bébés-phoques revendiqué (comme moi par exemple).
Je sais : "vous pouvez très bien décider par vous même". Cet argument est merveilleux, et consiste à donner le plus de voix non pas à celui qui a raison, mais à celui qui parle le mieux. Alors ta gueule avec cet argument de même. Si tu ne sais pas qui te parle, tu ne peux pas comprendre ce qu’on te dit, point.

"offending sex offender in our area"

Ce n’est que la première étape. Une fois que tu auras commencé à faire ça dans ton coin (oui au fait on se tutoie maintenant car cet article a passé les 1200 mots, c’est comme si on était intimes), tu vas le faire systématiquement pour tous les trucs que tes amis font tourner en boucle. Tu découvriras ainsi rapidement que tel vidéo virale super cute était en fait sponsorisée par une marque de chewing gum et que tel papier super enthousiaste sur un film ou un livre a été rédigé par un attaché de presse ou un community manager. En fait, tu deviendras étape par étape plus intelligent, et l’étape sera systématiquement de te transformer en petit détective pour chaque sujet dans ta vie. Non seulement tu connaîtras mieux le monde qui t’entoure, mais en plus tu pourras devenir un connard prétentieux capable de remettre à sa place n’importe lequel de tes imbéciles d’amis.

EUX : Eh j’ai trouvé un lien par terre, ça dit que les éléphants de mer sécrètent une bile qui soigne le cancer.
TOI : Ah oui, c’est pas cet article publié par le type qui prétendait que le cassoulet pouvait servir de carburant pour fusée ? Pfff en plus c’est publié sur une plate-forme détenue par une holding qui fait du cassoulet à l’éléphant-de-mer.
EUX :Oh mais tagl, hein.
TOI : *t’éloigne en sifflotant*

Il reste une étape supplémentaire, qui devrait petit à petit arriver naturellement au fur et à mesure de ta transformation en documentaliste, c’est cette étape ou tu finiras par ne plus de tout t’intéresser au sujet en lui-même. Tu réaliseras alors que c’est la manière dont se structure l’information, comment elle circule, d’où elle vient et où elle va qui importe plus que toute autre chose.

"Badass winnie the pooh"

Rien n’a d’intérêt, car chaque sujet est impermanent. Derrière chaque information se cache l’autre pan d’une autre histoire qui aura disparue le temps que tu arrives à démêler la pelote de causalité impliquée là-dedans. Finalement, quel accomplissement l’humain peut-il trouver dans la communication avec ses semblables, quand tant de beauté émane de l’analyse silencieuse et minutieuse de cette communication ? C’est alors que tu commenceras petit à petit à toucher une certaine forme de vérité : la béatitude surgit de la méditation sur le flux du Verbe à l’ère Numérique.

"Sexy Inspector Gadget"

Enfin, nu dans ton appartement, tu te draperas dans la robe safran du technicien documentaire, mendiant ta nourriture contre un travail de détective précis et hautement moral. Hélas, il ne faudra que quelques années avant qu’un le syndicat des détectives et des stalkers ne considère ta sagesse et ton altruisme comme une forme de concurrence déloyale. C’est alors que certains d’entre eux commenceront à publier des papiers polémiques sur Internet, entres autres sur le Réseau Voltaire, Fdesouche, Oumma.org et Les Intransigeants.
Mais alors que, à peine cinq semaines après que la polémique ne se soit tarie et qu’un journaliste de Télérama ne s’intéresse à la question (à l’occasion de la créataion d’une Haute Autorité des Détectives Numériques par Bercy ou whetever) et te demande ton avis, tu seras depuis longtemps devenu un pur esprit qui aura mentalement pénétré la blogosphère pour devenir une entité méditative pensante. Chaque parcelle d’information humaine deviendra une composante de ton ADN, et, au moment ou des enquêteurs défonceront ta porte pour trouver un squelette sur son fauteuil d’ordinateur, tu seras face à Dieu, et tu réaliseras que Dieu est est un étui pénien Papou avec un gros accent Belge fan d’Odeurs. Tu voudras le crier, mais tu n’auras plus de bouche.

"TAOIST WRITER". Je savais bien que tout ceci nous mènerait quelque part.

 

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Avrelle à la Porte de Baldur #14 : Avrelle Dragon-Lich Killer

 

Résumé des épisodes précédents : Avrelle a tué des bandits et se retrouve das une galère bizarre a aider une druidesse de passage.

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Le type qui a créé le Mod "North Tales of the Sword Coast", c’est le genre à avoir une obsession manifeste qui doit confiner ses recherches de Rule 34 à la section hentai alternatif de 4 chan : il est littéralement fasciné par les orcs. Il y a des orcs partout, et les quêtes de Let’Laya, par ailleurs un bon personnage recrutable, sont un véritable dégueulis de peaux-vertes.

La plupart du temps, c’est plutôt simple (et pas très gratifiant en xp). La seule exception, c’est quand il fout quatre ou cinq orc-mages qui lancent des boules de feu en même temps. Je suis obligé de déployer, alors, des trésors d’ingéniosité, comme les laisser dans le brouillard de guerre et lancer des nuages de poison. Qui c’est qu’a pété lol t’es mort, et toutes ces sortes de choses.

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Il semble aussi avoir une certaine fascination pour les revenants et les fantômes. Ainsi, les pérégrinations d’Avrelle l’emmènent sur un ancien champ de bataille ou des gens se frittent pour l’éternité. C’est beau.

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… Et ça donne lieu à des embuscades de Skeleton Lords qui alternent magie et flèches bourrines. Ils tapent fort de loin, mais j’ai un nain qui court très vite pour gérer ça.

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Plus on s’enfonce dans les terres hostiles à la recherche de la soeur (ou je sais plus quoi) de Jet’Laya, plus l’ambiance devient pesante et plus on se fait attaquer par des saloperies mortes-vivantes. On est pas encore dans le caveau de Bodhi de BG2, mais plutôt dans sa version campagnarde et mineure. En tout cas, faire cette partie de nuit apporte une vraie plus-value.

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Alors là je vais pas faire semblant que je m’souviens de tous les détails, parce que ça serait pas tout à fait exact. Je crois que la frangine de Jet’Laya a été possédée par un nécromancien, et blablabla, bref, la négociation tourne court, et après quelques cris magiques et téléportations à la con, Ferium gît à terre. Justice est faite, et pour une raison quelconque, Jet’Laya reste avec moi à baragouiner avec un accent écossais à couper au couteau.

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A peine revenu à la civilisation (si on peut dire ça de Beregost), un type me saute dessus en me disant que c’est trop affreux, que le Dark One est toujours en vie et que grâce à la statuette de gnagnagna enfin bref, on me renvoie sur le champ de bataille des cadavres, j’avoue que j’aurais préféré le savoir avant. Mais c’est tout moi, ça, jamais dans les salons ou l’on cause, du coup je rate sans arrêt les bonnes histoires. Enfin bref, Avrelle n’est pas du genre à poser des questions : on y retourne.

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Voilà qui débouche sur un combat très intéressant : un Nécromancien, qui se téléporte, accélère ses mouvements, lance des glyphes et se régénère. Bref, une demi-liche miniature, qui me fait bien suer 20 minutes avant de succomber.

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J’ai bien fait de garde Jet’Laya, au passage, parce que sur un malentendu, elle inflige plus de mille points de dégâts au Dark One. Un peu comme si je te filais une claque et que tu t’emplâtrais dans l’immeuble d’en face : c’est spectaculaire, mais ça ne devrait arriver que dans Asterix.

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Bon. Le Dark One est mort pour de bon, on va pouvoir passer à autre chose. Sauf qu’à peine entré dans la première auberge qui passe pour me laver de tout cet ectoplasme qui me remplit les bottes, un type nommé Jeremy (et qui ressemble un peu à Jon Glaser du coup dans ma tête il s’appelle "Jérémy Jamm") me saute dessus pour me signaler qu’il est l’heure d’aller botter le cul à un dragon. Une liche, un Dragon, il me manque juste un dieu et un truc pompé sur le bestiaire de Lovecraft pour avoir rempli le Bingo des boss de D&D.
Mais vous connaissez Avrelle depuis le temps : quand on lui dit d’aller faire un truc, elle y va.

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Voilà le premier combat VRAIMENT TRES DIFFICILE depuis plusieurs épisodes. Pour ceux qui connaissent un peu, le seul combat qu’on peut vraiment mener contre un dragon dans BG c’est contre Firkraag dans BG2, et il faut vraiment le chercher, et en général, ça se passe pas très bien pour les joueurs. Le Dragon des Forêts est à peu près aussi bourrin, avec une attaque à la con qui renverse et immobilise tout le monde durant de longues secondes, alors qu’il asperge l’équipe de boules de feu. En plus, son IA est assez bien scriptée : si on l’attaque depuis le brouillard de guerre, il rapplique et se défend.

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J’en viens à bout en déployant tout l’arsenal que j’acumule depuis des dizaines de jours : flèches mortelles, potions de renfort, sorts de soutiens, parchemins de pièges et quickload a gogo. Quand tout s’écroule, je ressens une immense fierté. "J’ô tué patate dragon !" s’écrie Avrelle.

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Mais il n’y a pas de repos pour les braves, comme disent les vieux et les ringards : et alors que les tripes du dragon sont encore fumantes et que s’en écoulent encore des membres de gnolls et de gnomes, un type m’aborde pour me dire que pendant ce temps à Nashkel, le maire s’est fait buter ou je sais pas quoi, et il semble que, comme d’habitude, c’est à Bébête Bibi d’aller régler ça.

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Mais ma réputation est si haute que je pense que personne ne m’en voudra si je passe à Beregost faire une petite sieste et vendre mes dizaines d’objets, gemmes, etc. De toutes façons, j’viens de tuer une liche et un dragon, respecte mah autoritah. Et… C’est l’occasion de croiser Elminster, qui glande dans les rues et me dit des trucs en rapport avec la quête principale, comme si ces histoires de fer et de marchands ripoux étaient si importantes que ça. IL Y A DES DRAGONS ET DES LICHES PARTOUT, GANDALF, tu n’as pas le sens des priorités !

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Bon, et bien sûr, à peine arrivé à Nashkel, ça ne rate pas : une petite fille creepy m’entraîne à l’écart, vers le manoir du maire, qui, d’ailleurs, ne servait absolument à rien dans le jeu vanilla.

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Mais ceci est une autre histoire, que je ne manquerai pas de vous conter dans la prochaine aventure d’Avrelle : Le légendaire embouteillage de Beregost.

 

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Avrelle à la Porte de Baldur 13 : Le Prix du Danger

Intro : j’ai fait une looongue pause dans ce Let’s Play, m’en fait, j’ai fait une longue pause dans Internet tout court Avrelle n’est pas morte, elle était juste dans une école d’été pour les enfants spéciaux, voilà.

Les épisodes précédents sont à retrouver ici.

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D’habitude, le Bois-Manteau est un passage qui m’en fait voir des vertes et des pas mures. C’est loin de tout, ardu, et ça se termine par une mine plus petite que celle de Nashkel, mais beaucoup plus intense. Mais ça, c’était avant que les Avrell rangers débarquent avec leurs rayons laser.

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Bien sur, il y a quelques trucs chelous qui traînent en plus grâce aux mods, comme cet Archi-druide et ses ours savants. Il est fort, mais c’est une bonne occasion de tester mon charme-animal que je sous-exploite un peu. Tel un Vitalis de gran-guignol mangé par ses singes, le druide se fait ouvrir la tronche par un ourson à la recherche de miel de cerveau. Rien à foutre de ta terre sacrée des ancêtres.

2

 

Une fois arrivée au camp retranché des bandits, dont on se demande vraiment beaucoup comment les gens de Baldur arrivent pas à le trouver (on va dire que c’est parce que Sarevok enterre l’enquête…), y’a un de mes combats préférés de toute les Baldur : plein de gros malades qui te sautent dessus à l’entrée avec des objets magiques, des sorts puissants et des tas de red shirts en renfort.

Mais leur puissance n’ayant été augmentée par aucun mod, je rentre là-dedans comme une bombe humaine dans une maternelle. Je suis légèrement importuné par les "Black Talon Elite" dont je vous avais déjà parlé, mais c’est je gère quand même.

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Kagain finit par se foutre de ma gueule. Je sais que c’est un dialogue scripté de BJNPC project, mais le fait qu’il balance ça alors que je suis en train de tout défoncer à coup de nuages mortels et de boules de feu et que mon personnage soit lourdement handicapé mental ne manque pas de piquant.

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L’heure d’aller noyer cette foutue mine, donc. Comme beaucoup de donjons de BG1, celui-ci est à peu près similaire au jeu vanilla. Il y a un nombre anormalement élevé de gardes, et, j’avoue que je me perds toujours un peu dans les couloirs, alors ça me semble anormalement long. Et macabre ; beaucoup d’ennemis = beaucoup de cadavres. Mes personnages crient intérieurement, en repensant aux fantômes de Xvarts qui les hantent chaque nuit en braillant "à l’attaaaaaaëëqqqque".

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Vers la fin, il y a quelques bagarres un peu plus stylées : des horreurs guerrières qui attaquent dans des salles remplies de pièges mortels. Brièvemet, je dois reculer et attaquer ces saletés dans des couloirs étroits pour ne pas avoir à tout gérer en même temps. J’ai appris ça dans Kenshin le Vagabond.

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Même si ma progression se ralentit un peu, je finis par parvenir au big boss local, Davaëorn. Avec un nom pareil, c’est pas étonnant qu’il soit devenu méchant. Je me suis toujours demandé si les gens étaient baptisés Tralaggorf par leurs parents et que ça les rendait méchant, ou si c’était une fois devenu méchants qu’ils changeaient leur "Adalbert" en "Morzug’h" sur leur carte d’identité. Bref : premier combat avec un peu de challenge depuis des lustres : Davaëorn en lui même est assez bidon, mais il est entouré de six Black Talon Elite et d’elfes noirs un peu boostés. Ça court dans tous les sens, et ça passe de justesse. Je dois utiliser des techniques oubliées, comme boire des potions ou lancer des sorts de soutien. En tout cas, c’est extrêmement payant, à 6000xp le garde tué, je pense que chaque perso a du ressortir de la mine avec un niveau en plus sur sa fiche de perso.

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A la sortie : surprise. Je ne m’étais pas spécialement soigné, pensant que je pourrais rentrer à l’auberge les doigts dans le zen. Et voilà une bande de marlous qui me tombe sur le coin du rable. Not cool. Le combat est violent, avec des archers embusqués et des personnages à la vitesse améliorée. Comme je n’ai pas soigné mes gugusses, j’en chie, et, là, il n’y a pas grand-chose à faire pour se planquer. Enfin, vous connaissez le topo, je suis quand même une guerrière très puissante. Je peux survivre même dans Hunger Games Battle Royale Running Man Le Prix du Danger.

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Très puissante, mais très conne. Alors à chaque fois, je pique un sacré fou-rire quand j’imagine Avrelle prononcer toutes ses phrases avec une voix de débile profonde. En plus ça peut servir au combat d’avoir une voix de triso, j’ai lu ça dans une BD de Joe Daly, vous aurez remarqué qu’aujourd’hui, c’est un véritable florilège de littérature.

 

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DUH

Bon, après ces fâcheux événements, il est temps de rentrer au Brasamical pour se laver un peu, je pue le sang d’elfe noir. La sieste la plus proche étant le Bras Amical, je m’y rends en sifflotant… Pour être pris à froid à l’entrée par une furie qui m’attaque sans trop me demander mon avis en m’accusant de je ne sais quoi. C’est pas très sympa, mais c’est un peu kamikaze de sa part.

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La, j’aurais vraiment eu besoin de dormir, quand même. Une guerrière à besoin d’un bain et d’un canard en plastique, de temps en temps. Je peux quand même pas passer ma vie à OH PUTAIN cinq mètres plus loin y’a une meuf qui m’aborde encore. Quel succès, c’est comme si j’étais vraiment la version craignos de Shane dans The L Word. Celle-ci ne veut pas me tuer, d’ailleurs, et c’est tant mieux : elle préfère me demander de l’accompagner parce que sa soeur a disparu et tu comprends vous êtes les premiers aventuriers qui passent et bla et bla et bla.

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Mais, soyons sérieux, est-ce que j’ai vraiment le goût de dire non à une demande d’assistance si aimablement formulée ? Dans la vraie vie, probable que oui. Mais ne sais-tu pas où nous sommes ? Nous sommes dans un RPG, chienne ! C’est pas comme si ça allait lancer une meta-quête de mod de vingt-cinq heures qui… Oh shi-

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Ne manquez pas : Avrelle Dragon-Lich Killer, quatorzième épisode d’Avrelle à la Porte de Baldur.

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